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Document : appel de la FSE Paris-VII « Restons groupés : construisons un grand syndicat étudiant de lutte »

Nous publions ici l’appel lancé par la section FSE (Fédération Syndicale Étudiante) de l’Université Paris-VII à la création d’un grand syndicat étudiant de lutte, fusionnant les actuels petits syndicats de lutte et les étudiants qui se sont mobilisés.

Ces dernières années, les étudiants se sont battus à plusieurs reprises contre les « réformes » gouvernementales : contre le CPE au printemps 2006, contre la loi LRU fin 2007, contre les décrets Pécresse et la LRU depuis le 2 février 2009… Au-delà de leur force inégale, ces mouvements ont des points communs qui ont forgé une véritable génération militante à l’Université :

  • Forte auto-organisation, reposant sur des AG souveraines et les Coordinations nationales hebdomadaires de leurs délégués élus, mandatés et révocables ; cela a conduit systématiquement au retrait, voire à la marginalisation de l’UNEF, organisation conciliatrice, voire collaboratrice ;
  • Plate-forme revendicative large, intégrant la dimension interprofessionnelle, due à la conscience du caractère cohérent des différentes réformes gouvernementales dictées par le patronat ;
  • Grève reconductible et blocage des universités, s’accompagnant de manifestations, d’occupations et d’un foisonnement d’actions inventives et radicales ;
  • Tentatives de jonction avec les travailleurs en lutte, en vue de la convergence, voire de la grève générale ;
  • Appropriation collective des questions politiques, réflexion sur des projets alternatifs au système capitaliste déshumanisant, apprentissage de la solidarité active et de nouvelles formes de vie en commun au cœur de la lutte.

Quel que soit le résultat revendicatif immédiat du mouvement en cours, il est crucial pour l’avenir que ces acquis ne se perdent pas, qu’ils ne soient pas dévorés par la routine et la logique atomisante du système. C’est pourquoi nous appelons toutes et tous les étudiants qui ont participé à la lutte à rester groupés, en construisant maintenant une organisation nationale vivante et démocratique, un grand syndicat étudiant de lutte.

Celui-ci serait utile aux prochains mouvements dans les universités comme aux besoins et aux combats quotidiens des étudiants, il apporterait un soutien actif aux luttes en cours et à venir des travailleurs et il aiderait plus généralement à l’émergence d’une alternative à la logique capitaliste. Sa première base pourrait aisément être les revendications des Coordinations nationales, le soutien intégral à la méthode de la grève reconductible et du blocage, la convergence des luttes, ainsi que tous autres revendications et projets qui naîtraient de la discussion au sein de la nouvelle organisation.

Il existe certes déjà des organisations qui ont joué (quelles que soient par ailleurs leurs différences et leurs limites) un rôle particulièrement utile au cours de la lutte actuelle comme des précédentes — prouvant à leur petite échelle l’importance de syndicats étudiants de lutte : SUD-Étudiant, FSE, CNT, structures locales de lutte, ainsi que certains militants combatifs de l’UNEF… Mais leur incapacité à se construire de façon significative à l’issue des mouvements précédents prouve qu’elles manquent toutes d’attractivité, en raison même de leur faiblesse : après un mouvement (et cela risque d’être encore plus vrai si nous subissons aujourd’hui une seconde défaite, après celle de fin 2007), la plupart des étudiants mobilisés se découragent en constatant qu’il n’y a que de petites organisations divisées, voire sectaires, en tout cas globalement impuissantes.

C’est d’ailleurs pour cela que SUD-Étudiant et la FSE ont eux-mêmes ressenti à plusieurs reprises le besoin d’ouvrir des discussions en vue de leur fusion, même si cela n’a pas abouti jusqu’à présent, car chacune a exagéré les différences et cru pouvoir se construire toute seule — en vain. Le projet d’une grande organisation nationale de lutte qui naîtrait du mouvement inclurait de façon décisive la fusion entre tous les actuels syndicats de lutte (et avec les militants combatifs qui décideraient de rompre avec l’UNEF). Nous les appelons à s’engager résolument dans cette voie en repoussant toute logique de chapelle et en dépassant leurs différences, qui ne sont certes pas négligeables, mais secondaires eu égard aux besoins de notre avenir commun dans la lutte.

Concrètement, nous proposons immédiatement :

  • La discussion et la reprise de la présente motion dans les AG (dans des réunions d’étudiants mobilisés là où il n’y a plus d’AG) et dans les syndicats de lutte, de la base au sommet ;
  • L’adoption de ces propositions par une Coordination nationale réunissant les délégués mandatés par les AG ; selon l’évolution du mouvement et le rythme des discussions en AG, il pourra s’agir d’un point particulier de l’ordre du jour d’une Coordination nationale étudiante habituelle, d’une Coordination nationale étudiante organisée à la fin d’une Coordination nationale universitaire ou d’une CNE spéciale ;
  • Des rencontres rapides à tous les niveaux entre les syndicats étudiants de lutte, à commencer par SUD-Étudiant et la FSE, pour reprendre et faire aboutir la discussion sur les conditions de la fusion. La meilleure méthode semble être de recenser l’ensemble des points qui font réellement divergence (notamment la discussion sur l’état actuel du mouvement syndical des salariés et la façon de se lier à lui) et de reporter leur discussion au premier congrès ordinaire de la future organisation, qui sera préparé de façon intégralement démocratique et pourra trancher.

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