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Quand la CGT défend la langue française

syndicalisme

Brève publiée le 17 novembre 2014

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.lefigaro.fr/culture/2014/11/14/03004-20141114ARTFIG00355-quand-la-cgt-defend-la-langue-francaise.php

Il y a vingt ans, le Parlement votait la loi Toubon qui stipule que le français est la langue du travail et des échanges. La CGT d'un Carrefour interpelle la direction du groupe sur son utilisation systématique de mots anglais.

La défense de la langue française, même si elle n'a jamais été l'apanage d'un clan ou d'un bord politique, est souvent considérée comme un combat conservateur incarné par l'Académie française. Les temps changent. Le syndicat CGT du magasin Carrefour Nîmes-Sud lance une campagne contre la politique marketing de Carrefour qui privilégie les mots anglais pour nommer ses produits: First line, Blue Sky, Top Bike, Bootstore, Ooshop, Powder Flash, Carrefour Discount, Tex Baby, Energy Drink, Ananas Juice, Carrefour Light, Carrefour on line, etc.

Le syndicat fait circuler une pétition qui demande à M. Georges Plassat, président-directeur général du groupe Carrefour,  «de faire le nécessaire pour que le caractère anglicisant de Carrefour cesse, afin de ne plus polluer l'environnement francophone de notre pays».

Il réclame pour cela «que les produits Carrefour soient nommés en français, que les noms “drive”, “market”, “city”, “property”... soient changés par des appellations respectueuses de notre langue, que la musique d'ambiance des magasins ne soient pas majoritairement en anglais, que les annonces de sécurité qui y sont données, si elles sont traduites en anglais, le soient également dans, au moins, une autre langue étrangère, que les slogans publicitaires ne soient pas en anglais comme le fameux et humiliant Monday, happy day, etc.»

Il demande aussi «qu'une commission de terminologie soit créée à Carrefour, afin d'éviter l'emploi abusif et systématique de termes anglais chaque fois qu'apparaît un nouveau concept (le cross-marchandising, le remodeling, la supply chain, le e-learning, le self-scanning, par exemple)».

Et rappelle enfin, non sans humour, «que la langue du commerce, c'est celle du client et pas forcément en priorité et systématiquement, celle de Mickey».

Le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) et le Mouvement politique d'émancipation populaire (M'Pep) ont apporté leur soutien à l'initiative du syndicat CGT. D'autre part, à l'occasion des vingt ans de la loi Toubon qui définit «le français comme un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France» et pose que le «français est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics», un collectif des associations de défense et de promotion de la langue française et des langues nationales en Europe a écrit une lettre ouverte aux parlementaires. Ces associations s'inquiètent de la façon dont la langue française est marginalisée dans l'espace public en France.

Elles proposent notamment aux députés et aux sénateurs de refuser le projet de substituer l'anglais au français dans l'enseignement supérieur, projet avalisé par la loi Fioraso en 2013. Elles mettent également en garde contre le projet de ratification par le Parlement de la Charte européenne des langues minoritaires et régionales: «Avec la langue nationale, c'est l'unité de la Nation elle-même qui est menacée».

Pour accéder à la pétition de la CGT: «Non à l'anglicisation de Carrefour, de la France et de l'Europe!»