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    Lepaon, dégage ! (toi, ton trésorier, tes amis et tous les bureaucrates)

    syndicalisme

    Brève publiée le 18 décembre 2014

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://ccr4.org/Lepaon-degage-toi-ton-tresorier-tes-amis-et-tous-les-bureaucrates

    Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse

    De grands espaces…

    Chaque jour a son lot de révélations. Le 29 octobre, on nous apprend que le secrétaire général s’est fait retaper son appart de fonction pour plus de 130.000 euros. Lui-même tient à rectifier les chiffres et évoque une facture de 105.000, ce qui fait tout de même cher du bac-douche et du lavabo, on en conviendra. Par ailleurs, comme les goûts changent et que Lepaon est un gars moderne, il a préféré le « design japonais » au style Louis XIV pour son bureau du huitième étage, à Montreuil. Prix de la réfection ? 62.000 euros. Confort personnel ou surfacturation ? En tout état de cause, inutile de dire que l’on connaît tous assez peu de « camarades » qui possèdent des bureaux de 30 m2 et des appartements de 120…

    Une jolie prime…

    Les exploits ne s’arrêtent pas là et le corbeau, désormais, n’a même plus besoin de balancer, puisque Lepaon passe à table tout seul, maintenant. Le 1er décembre, il admet dans L’Express avoir touché une prime de départ lorsqu’il est passé de la direction du comité régional de Normandie au poste de secrétaire général. Pendant que d’autres perdaient leur boulot et que les usines fermaient, laissant dans le meilleur des cas les copains avec quelques dizaines de milliers d’euros d’indemnité en poche pour solde de tout compte après toute une vie à l’usine, Lepaon, lui, touchait plus de 100.000 euros pour continuer à faire le permanent !

    Un beau salaire…

    Dernière confession en date : le 5 décembre, Lepaon dit vouloir jouer « cartes sur table » devant les dix membres du Bureau confédéral. Il avoue ainsi gagner 5.000 euros par an (ou 4.000, il ne sait pas bien). Si c’était la nouvelle revendication de la CGT, « pas de salaire en dessous de 5.000 ! » et qu’une vraie campagne était menée, il y a fort à parier qu’on pourrait drainer du monde. Mais non… Alors que dans les ateliers ou dans les bureaux, on gagne à peine plus que le SMIC après des années passées dans les taules, Lepaon, lui, touche 4.000 balles mensuelles, au bas mot !

    Trop, c’est trop et la bronca contre la direction à Montreuil continue à enfler à la base de la CGT, dans les UL et les UD. Il faut maintenant discuter de ce sur quoi tout ça va déboucher.

    Une bureaucratie qui salit tout sur son passage

    Ce qu’il y a de meilleur, c’est que nos ennemis politiques, ceux qui se financent à Neuilly ou ailleurs, en profitent pour nous canarder. A leur côté, on retrouve la fine fleur des directions syndicales collabos, qui se gaussent de Lepaon, alors qu’elles ne font certainement pas mieux. La responsabilité de tout cela, bien entendu, repose sur la direction actuelle en poste à Montreuil et pas sur les syndiqués à la CGT, ni sur les équipes syndicales militantes qui, tous les jours, font leur boulot.

    Mais maintenant que toutes ces affaires sont sur la place publique, on ne va tout de même pas se laisser salir notre réputation, nous autres les militants et les militantes lutte de classe et révolutionnaires, par les pratiques dégueulasses de types qui ont toujours préféré fréquenter les bureaux des responsables RH plutôt que bosser à côté de leurs collègues et pour leurs collègues. Les ouvrières de Moulinex de Cormeilles-le-Royal en savent quelque chose, elles dont Lepaon a vendu la lutte contre la liquidation du groupe.

    Une question d’orientation qui va au-delà de Lepaon

    Mais la question qui est face à nous, au bout du bout, ce n’est ni une question de personnes, ni de fonctionnement. Ce que pointent ces scandales, c’est une pratique chevillée au corps d’une fraction du syndicat qui, dès qu’elle s’éloigne de sa base, est comme bouffée par les croquettes que lui balance le patronat et les politiciens. C’est cela que l’on appelle la bureaucratie.

    C’est pour cela qu’aucun dirigeant ne devrait rester en place plus de deux ans d’affilée sans retourner à son poste. C’est pour cela aussi qu’il faudrait pouvoir garder un contrôle absolu sur nos dirigeants. Ça leur ferait le plus grand bien, et ce serait la moindre des choses, pour pratiquer un syndicalisme démocratique. C’est pour cela, enfin, qu’il est scandaleux de voir des gars se taper des sinécures grassement payées dès qu’ils sont détachés : un syndicaliste, ça reste un ouvrier ou un salarié du rang et ça doit toucher le même salaire.

    Tous dehors !

    Ne pas défendre un tel programme, cela implique d’accepter que ne s’enkyste, chez nous, le virus mortel de la bureaucratie. C’est ce qui explique pourquoi nous avons des dirigeants qui signent autant d’accords au rabais, voire même qui vont au devant des exigences des patrons, comme pour la question des 90.000 Délégués du Personnel condamnés à mort par la Conf dans les PME en échange de quelques bureaucrates détachés en plus qui auront à leur charge de chapeauter tout un bassin. C’est pour cette raison que le « problème Lepaon » va au-delà de son ami-le-trésorier-qui-visait-ses-factures. Eric Lafont, le trésorier en question, a effectivement été contraint à démissionner le pour temporiser en vue du CCN de janvier.

    Ce n’est en réalité pas simplement le secrétaire général actuel et son trésorier qu’il faut démettre. C’est tous les Lepaon qui gravitent dans le syndicats qu’il faut faire dégager, et pas seulement le Bureau exécutif ou la Commission exécutive comme le demandent les Fédé les plus pressées par leur base.

    A ceux qui veulent nous faire taire : la seule solution, un Congrès extraordinaire

    Dans ce cadre, certains voudraient museler les camarades, les militants ou parfois les syndicats, UL ou UD, qui ont pris la parole et ont dit combien nous étions dégoûtés. On a même vu L’Huma Dimanche du 14 décembre faire l’apologie du brave « camarade Lepaon » et faire passer tous les oppositionnels pour des agents du patronat voulant détruire la CGT. Il y a, parfois, des noms d’oiseau qui se perdent ! Les seuls qui détruisent, en bonne et due forme, la CGT, qui en sapent les fondements mêmes, ce sont ceux qui, non seulement, pratiquent et anticipent même le dialogue social, qui est autant de coups de poignards dans le dos des salariés, mais qui, non contents, réussissent même à faire passer, en raison de leurs pratiques, les cégétistes pour des nantis qui se la coulent douce dans leur confortable appartement de fonction.

    C’est en ce sens que la seule façon pour défendre « notre CGT » de tous ses ennemis et pour permettre que chacun puisse librement s’exprimer, c’est la convocation d’un Congrès extraordinaire, sur la base de la démission généralisée de toutes les instances de la Conf.

    Ce serait, pour nous, le cadre qui permettrait à l’ensemble des équipes syndicales militantes d’entreprise, auxquelles devrait se joindre toute la gauche lutte de classes, de se regrouper et de porter une orientation radicalement alternative à la logique du dialogue social et des reculs sur laquelle prospère la bureaucratie. C’est la revendication minimale sur laquelle doivent s’accorder tous ceux qui exigent le départ immédiat de Lepaon s’ils ne veulent pas qu’il soit remplacé par un autre qui ne vaudrait pas mieux que lui en termes de trahisons et de pratiques bureaucratiques.

    15/12/14