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Non à l’expulsion de la CGT de la Bourse du travail par la Mairie de Toulouse !

lutte-de-classe syndicalisme

Brève publiée le 16 mars 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.marxiste.org/actualite-francaise/luttes-mouvement-syndical/946-non-a-l-expulsion-de-la-cgt-de-la-bourse-du-travail-par-la-mairie-de-toulouse

Dans un courrier en date du 16 février, la mairie de Toulouse (UMP) a mis en demeure l’Union Départementale de la CGT de Haute-Garonne de quitter la Bourse du travail, place Saint-Sernin, avant le 30 juin 2015. Elle avance le prétexte qu’elle doit réduire son budget à cause de la baisse des dotations de l’Etat. Elle demande à la CGT de quitter les lieux – ou de payer un loyer exorbitant. Ce faisant, elle remet en cause une vieille conquête du mouvement ouvrier : l’hébergement gratuit des syndicats par les mairies. La mairie a envoyé des courriers similaires à tous les syndicats toulousains, pour les différents locaux qu’ils occupent.

Lieu emblématique de la lutte des classes depuis plus d’un siècle, la Bourse du travail de Toulouse est occupée par la CGT depuis plus de 120 ans. Depuis 1931, les clés du bâtiment ont été remises au secrétaire de l’UD CGT par le maire de Toulouse de l’époque.

Tout au long de son histoire, la Bourse du travail – située en plein centre-ville – a joué un rôle déterminant dans la défense des intérêts des travailleurs. Par exemple, c’est là que furent organisées, aux niveaux inter-professionnel et inter-syndical, les luttes contre le CPE (2006) ou la contre-réforme des retraites de 2010.

Cette obligation faite par la Mairie à la CGT de quitter les lieux est une attaque contre ce syndicat et, à travers lui, contre les intérêts de tous les salariés. Cette attaque fait suite à celles engagées contre les syndicats – de la même manière – au Blanc-Mesnil et à Nice.

Révolution est solidaire de la lutte pour défendre le droit des syndicats à demeurer gratuitement dans les locaux de la place Saint-Sernin et d’ailleurs. Nous appelons la jeunesse et les travailleurs à apporter leur soutien à cette lutte et à participer aux actions qui sont programmées par les syndicats. Révolution y participera et diffusera notamment un tract pour informer et mobiliser les étudiants de Toulouse le Mirail.

Nous publions ci-dessous la lettre ouverte de l’UD CGT de Haute-Garonne adressée au maire de Toulouse.


Lettre ouverte au Maire de Toulouse

Monsieur le Maire,

La Bourse du Travail de Toulouse est indissociable de la glorieuse histoire du mouvement ouvrier et de son unification dans le combat pour sa dignité, pour l’accès aux droits, pour une vie meilleure. Avec la CGT, elle est également indissociable de l’essor économique du département de par son rôle majeur dans l’éducation et la formation. S’y ajoutent la lutte pour la paix et l’engagement dans la résistance au fascisme, ainsi que son rôle dans l’accueil des républicains espagnols à Toulouse et de tous les réfugiés.

La Bourse du Travail de Toulouse résonne encore des discours de Charles de Fitte, Jean-Jaurès, Etienne Billières, Albert Bedouce et tant d’autres dont les avenues et rues de notre ville portent le nom. Après son agrandissement les clés ont été remises au secrétaire Général de la CGT le 10 mai 1931 par le Maire.

Elle n’est donc pas un bâtiment parmi d’autres qui pourrait être livré à toutes sortes de projets, voire à la spéculation immobilière.

Non, Monsieur le Maire, tant que le monde de la finance continuera de semer l’exploitation humaine, la souffrance, la violence et le rejet de l’autre, que ce soit en Haute-Garonne comme partout en France, en Europe et dans le monde, la Bourse du Travail de Toulouse n’entrera pas dans l’histoire comme le vestige d’un temps révolu. Bien au contraire, elle continuera d’écrire l’Histoire au présent, dans la perspective d’un Avenir meilleur pour tous les Toulousains et Haut-Garonnais.

Vous venez de nous envoyer un courrier affichant clairement votre volonté de ne plus assurer le fonctionnement de ce bâtiment, au prétexte « de la baisse historique des dotations de l’Etat qui mettrait la municipalité dans l’incapacité de supporter seule cette charge ».

Nous sommes une Organisation syndicale qui combat sans réserve le démantèlement de l’Etat et son désengagement sur les collectivités locales. Sachant que depuis 2002, il sert à financer l’accumulation vertigineuse de cadeaux fiscaux en tout genre (220 milliards par an) principalement aux grands groupes du CAC 40 et aux richissimes actionnaires, Il est donc pour le moins paradoxal que ce soit la CGT qui indirectement, en soit désignée comme responsable.

Mais nous ne sommes pas naïfs au point de ne pas voir dans ce courrier, la volonté de s’inscrire dans la démarche nationale du réseau des municipalités qui ont décidé de porter un coup aux organisations syndicales, en particulier la CGT et les forces de transformation sociale.

Nous ne sommes pas naïfs au point de ne pas voir se dessiner le discours qui suivra ce courrier et qui est inspiré par le Front national. Ce discours qui consiste à stigmatiser le monde syndical, associatif et culturel « qui vivrait aux crochets des contribuables ».

Pour vous éviter cette fâcheuse posture qui peut conduire au ridicule, nous anticipons donc un peu en vous invitant à la raison et à prendre mieux connaissance de ce qu’est la réalité des organisations qui occupent la Bourse du Travail et principalement, L’Union Départementale des syndicats CGT de la Haute-Garonne.

L’UD CGT 31, ce n’est pas qu’un sigle, ce sont dix Unions locales et plus de 700 syndicats et bases organisées sur tout le département. Si l’ensemble regroupe plus de 15 000 syndiqués l’audience et le contact qu’ont les salariés, les précaires et sans emplois de Toulouse et du département, vont bien au-delà.

Pour ne s’en tenir qu’à la seule défense juridique et l’assistance individuelle et collective, se sont 6500 toulousains et Haut –garonnais par an qui viennent rencontrer nos militant(e)s dans les locaux syndicaux dont 2700 pour la seule bourse du Travail. Sans oublier tous les contacts et toutes les aides diversifiées qu’ils y trouvent soit plus de 4000 salariés par an qui passent dans les locaux de la Bourse. S’y ajoutent nos étudiants qui viennent en nombre, de tous les établissements pour alimenter leur travail de recherche avec les archives de l’histoire sociale ainsi que l’activité culturelle de diverses associations.

Il est peut être utile de vous rappeler que les militant(e)s exercent cette fonction bénévolement, en dehors des heures de travail pour la plus grande partie, bien souvent tard le soir et toujours au détriment de leur vie personnelle et de famille.

Ils agissent pour que des salariés Toulousains et Hauts-garonnais se défendent face à des patrons qui eux, s’assurent le soutien d’avocats rémunérés avec la trésorerie de l’entreprise.

Cette activité est d’ailleurs reconnue d’utilité publique, les pouvoirs publics nous sollicitent régulièrement et parmi eux, des municipalités et les services de l’État.

Concernant les Bourses du travail, le devoir d’usage pointé dans la jurisprudence prend donc tout son sens lorsqu’on le confronte à la réalité de ce qu’est la vie et l’activité syndicale sur Toulouse et plus largement le département. Alors oui, nous l’affirmons ! Il est normal et surtout légitime, que le logement et la logistique des Unions Départementales et Unions Locales syndicales dont celles de la CGT, soit assurés par la puissance et les budgets publics.

Non, le Front national comme toutes celles et ceux qui relaient son discours de haine du syndicalisme, de la culture et du monde associatif n’arriveront pas à gommer cette réalité qui veut que le MEDEF s’auto finance sur le dos de l’entreprise et donc des salariés, pour mieux les faire plier à ses exigences alors que les syndicats dont la CGT, vivent et agissent à leurs côtés, avec des cotisations librement consenties.

En conclusion, un conflit majeur et dur entre la CGT et Le Maire de Toulouse ne fait pas partie de nos souhaits et de nos priorités. Ce n’est donc pas nous qui en déciderons mais vous l’aurez compris, nous le mènerons avec tous les moyens importants dont nous disposons, si besoin en était.

Même dans les heures les plus sombres de l’histoire de notre pays et de notre département, aucun pouvoir n’a jamais pu sortir la CGT, le monde du travail et les classes populaires de la place Saint Sernin, des locaux de la Bourse du Travail. En ce sens, il s’agit bien de 120 ans d’histoires indissociables au service des Toulousains et des Haut-Garonnais. Personne n’ayant le pouvoir de faire tourner en arrière la roue de l’histoire, elle continuera à se conjuguer au présent et au futur !

L’Union départementale CGT 31
Toulouse le 02 Mars 2015