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Radio france: des syndicats qui lachent, les salariéEs qui résistent

lutte-de-classe

Brève publiée le 17 avril 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.npa2009.org/actualite/radio-france-des-syndicats-qui-lachent-les-salariees-qui-resistent

Compte rendu de l'AG de mardi à Radio France par un camarade du NPA

C’est par une houleuse Assemblée générale que s’est peut être tournée la dernière page de la grève de Radio France. Après 27 jours de grève, et malgré le lâchage de quatre syndicats sur cinq, ce sont pourtant plus de 400 grévistes qui ont voté la poursuite de la grève avec une soixantaine de contre et une trentaine d’abstention.

Des salariéEs mobiliséEs

Déjà, lors de l’Assemblée générale de lundi, le représentant de l’UNSA avait évoqué l’éventualité de l’arrêt de la grève. Mais la vive riposte de l’assemblée générale avait découragé  tous ceux qui avaient l’idée de stopper le mouvement. Ce sont les propositions du médiateur qui avait commencé à semer la division dans l’intersyndicale. Les responsables de la CFDT, de l’UNSA et Sud considèrent dès lors que des avancées significatives ont été actées : refus de fusion des orchestres et des phrases creuses sur la syndication alors qu’est bien confirmée la réduction nette d'effectifs, de 250 à 330 équivalents temps plein, avec 300 à 380 départs « volontaires ». Et du coup, l'après-midi, après consultation des salariéEs des radios locales, la poursuite du mouvement est votée dans la foulée à la quasi unanimité moins douze contre et vingtaine d'abstentions. Certes, on sent des hésitations et des tensions mais la volonté de continuer, de ne pas céder alors que quasiment rien n'a été obtenu, reste forte.

Le gouvernement en première ligne

Répondant à un courrier de l’intersyndicale, la ministre Fleur Pellerin débarque discrètement lundi vers 20h à la Maison de la Radio pour rencontrer l'intersyndicale, espérant peut être ainsi la faire échapper à la pression des grévistes. Quelques dizaines de grévistes encore présents en début de soirée « surveillent », de l'extérieur la rencontre avec la Ministre et Gallet. Une réunion qui ne durera que 44 minutes, vite écourtée, par la Ministre qui est venue dire qu'elle soutenait complètement le plan du médiateur, lui-même écarté de la réunion. Gallet reste muet durant la réunion. Il est vrai qu'il est très prude... Et à la sortie de la réunion, Fleur Pellerin lui fera une démonstration de comportement, serrant soigneusement les mains de tous les grévistes qui attendent à la sortie et leur demandant quel est leur métier pendant que Gallet qui est sorti de la salle en regardant fixement la moquette dans les yeux, maintien la porte de l’ascenseur ouverte.

Mardi à 10 heures, heure habituelle de l'Assemblée générale, il n'y a que quelques dizaines de grévistes qui s'attardent devant la porte et dans les couloirs. Une commission « actions » se réunit pour préparer des initiatives pour les jours suivants. Tout le monde sent bien qu'il est grand temps de faire « sortir » la grève de la « Maison ronde ». Interventions dans les émissions, banderoles, lâcher de ballons, interventions dans des lieux publics (gares, Opéra, grands magasins, etc...) les modalités sont discutées, tâches sont réparties. Ces actions devaient  être proposées à l'Assemblée générale.

Trahisons

Mais le débat de l’AG ne portera que sur la poursuite de la grève. De la plupart des interventions ressort l'idée qu'il est impossible d’arrêter maintenant le mouvement. En même temps tout le monde voit bien qu'il faudrait hausser le niveau de la, mobilisation, la rendre plus visible. Avec l'intervention de Fleur Pellerin, le gouvernement a fini de délégitimer Gallet et de fragiliser le médiateur. Le débat va alors tourner autour de cette question : saisir les propositions du médiateur, ce qui implique de reprendre le travail ou continuer pour obliger le gouvernement à reculer notamment sur les suppressions de postes.

Les représentants de l’UNSA de la CFDT et de Sud vont se relayer longuement, lourdement pour défendre la cessation de la grève évoquant successivement les pseudos avancées et de un prétendu recul de la mobilisation. Ces interventions provoquent de multiples protestations de l’AG même si cela n’est pas unanime. L’intervention de la représentante de FO est plus mitigée, constatant que les avancées sont faibles voir inexistantes pour finalement annoncer également le retrait de la grève. Longtemps discret, les représentantEs de la CGT vont finalement affirmer leur volonté de poursuivre la grève mais aussi que la CGT se rallierait à la position de l’intersyndicale.

Mais l’AG s’emballe lorsqu’une gréviste demande aux représentantEs des organisations syndicales s’ils/elles respecteront les décisions de l’AG. L’ensemble des syndicats, avec des explications plus ou moins embrouillées et plus ou moins mensongères déclarent qu’ils ne respecteront pas la décision de l’AG. Brouhaha, protestations, annonces de rendus de cartes et déclarations de militantes de ces syndicats pour dénoncer cette attitude. CertainEs envisagent même de ne pas voter…

Finalement le vote à lieu. Une large majorité vote pour la poursuite de la grève mercredi : environ 400 avec une soixantaine de contre et une quarantaine d’abstention. Cris, colère, larmes, à la limite d’échanges plus musclés. Les militantEs CGT se regroupent en bas de l’amphi. Discussions tendues entre découragement et colère. Finalement le représentant de la CGT annonce que la CGT maintien le préavis de grève et appelle à la grève pour mercredi. Ceci doit permettre d’intervenir auprès du Conseil d’administration, de suivre les débats au Parlement (questions à l’Assemblée, intervention de Fleur Pellerin au Sénat).

La pression de la grève levée, il sera bien difficile d’obtenir les garanties minimum auprès du PdG ou du médiateur que ce soit sur les orchestres, le regroupement des programmation des locales et surtout l’externalisation des services de nettoyage et de sécurité et les 330 suppressions de postes.

Robert Pelletier