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    La CGT Ports et Docks et la libre circulation

    syndicalisme

    Brève publiée le 12 mai 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://ouvalacgt.over-blog.com/2015/05/la-cgt-ports-et-docks-et-la-libre-circulation.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

    La CGT des Ports et Docks a publié récemment une déclaration sur le sort des naufrages d’immigrants en méditerranée et les milliers de morts qui en ont découlé. Nous avons trouvé cette déclaration sur le site de l’Union Locale de Tourcoing (ICI) et nous la reproduisons également ci-dessous. On trouvera également ci-contre une déclaration intersyndicale internationale (datant du 22 avril, donc une semaine avant) sur le sort des réfugiés en Méditerranée.

    Nous nous félicitons qu’un syndicat prenne position sur ces drames épouvantables, conséquences de la fuite éperdue de la misère et des guerres qui s’étendent dans les pays dominés d’Afrique et du Proche Orient, et également de l’industrialisation mafieuse des filières d’immigration clandestines, sans foi ni loi, sans aucun souci de la vie ou de la mort de ces prolétaires déracinés.

    La déclaration des Ports et Docks contient des formules radicales : contre les puissances impérialistes, pour la paix, pour la solidarité internationale, pour le droit de vivre dignement dans son pays.
    Qui pourrait être contre une telle déclaration ?

    Mais quelles perspectives offre-t-elle pour l’immédiat ? Et en quoi ces formules se démarquent-elles des politiques des bourgeoisies européennes ?

    Fermer les frontières, réprimer les passeurs c’est ce que fait l’Europe de Schengen. Avec quel résultat, sinon celui de mettre tous les candidats à l’émigration encore plus sous la coupe des passeurs de plus en plus organisés, de plus en plus impitoyables ? La misère n’est que le résultat plus ou moins direct de la guerre économique ou militaire des puissances impérialistes. Pourquoi voit-on affluer les réfugiés syriens par milliers ? Pourquoi les immigrés africains risquent-ils la mort en toute connaissance de cause, fuyant la misère de leur pays détruits par le pillage économique ou les rivalités géostratégiques ? Alors sur quelles revendications concrètes se battre aujourd’hui à l’heure de l’Europe forteresse et meurtrière, si ce n’est la libre circulation ?

    Les dockers sont les premiers représentants historiques de la classe ouvrière liés à la libre circulation des marchandises à l’échelle mondiale, dès l’antiquité… Charger et décharger les bateaux, pour le commerce mondial, au profit des armateurs et négociants, dans le cadre même du capitalisme en formation, ils devraient être aujourd’hui en première ligne pour se battre pour la libre circulation des individus à l’échelle de la planète ! Pourtant le tract n’en dit pas un mot.
    Or si la revendication paraît radicale, elle se répand peu à peu, face aux méfaits de l’impérialisme, on a encore le constater au forum social mondial de Tunis (voir ICI) . Même la déclaration intersyndicale internationale remet en cause le respect des frontières.

    La déclaration des Ports et Docks (comme la déclaration intersyndicale internationale) en appelle aussi aux gouvernements, à l’Europe ou à l’ONU… Qui ne voit pas qu’aujourd’hui les tensions mondiales s’accentuent, que c’est le risque de guerre qui est au premier plan, que les puissances impérialistes, grandes ou moins grandes, s’affrontent de manière de plus en plus brutale, ouverte et partout, en Afrique, en Ukraine, en Syrie et au Proche Orient… Les Rafale se vendent comme des petits pains, à votre avis, pour quelle raison, alors que pendant vingt ans ils sont restés en stock ?
    Les institutions internationales (Europe, ONU et autres) sont impuissantes, car traversées par leurs contradictions, par le nationalisme croissant qui gangrène toutes les sociétés. Impuissantes car elles ne sont que le reflet de ce qu’elles sont réellement : des institutions impérialistes dont la seule fonction est de tenter de réguler les contradictions entre elles, tant qu’elles ne sont pas trop fortes. N’oublions pas que la Société des Nations (ancêtre de l’ONU) a sombré dans les conflits qui ont précédé la Deuxième Guerre Mondiale… (voir Wikipedia)

    Le discours des Ports et Docks paraît radical, mais il ne prend pas position sur le problème concret du moment et sur les politiques mises en œuvre par l’Europe et le gouvernement français : les clandestins qui bravent la mort en Méditerranée, on en fait quoi ? On les met dans des camps de rétention ? On les renvoie chez eux ? Au nom de quelle logique, de quelles propositions ? Va-t-on les emprisonner, fermer les frontières au nom du « droit de vivre dignement dans son pays » ? Au moins la déclaration internationale demande la fermeture des camps de rétention…

    En appeler à la “Paix”, comme ça, alors que la réalité est à la guerre ? La guerre impérialiste, la guerre de classe ? Cela a-t-il vraiment un sens ? En appeler à l’ennemi pour protéger les prolétaires, cela a-t-il vraiment un sens ?

    Le tract des Ports et Docks se revendique de l’internationalisme ouvrier, c’est bien. Au-delà du slogan et de l’intention de principe généreuse, il faut lui donner un contenu concret, combattre le nationalisme sous toutes ses formes, pour l’unité de la classe ouvrière internationale et multinationale, former le camp de classe qui nous manque.
    Cela passe par les revendications de base concernant l’immigration (voir ICI)

    • Libre circulation et d’installation des hommes et des femmes
    • Régularisation globale de tous les sans-papiers et demandeurs d’asile.
    • Carte de séjour de 10 ans.
    • Fermeture des centres de rétention administratifs (CRA), prisons pour étrangers.
    • La libération des sans-papiers des CRA.
    • L’arrêt des contrôles au faciès.
    • A bas les politiques impérialistes criminelles.

    Faute de ces délimitations précises, politiques et revendicatives (à introduire d’ailleurs d’urgence dans les repères revendicatifs de la CGT au 51ème Congrès confédéral) on en reste au mieux à des vœux pieux, au pire on fait le lit de versions nationalistes plus ou moins diverses, qui savent tenir des discours radicaux en apparence pour mieux masquer leurs projets réactionnaires…