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Autoroutes du Sud de la France : grève du 31 juillet au 2 août

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Brève publiée le 1 août 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Source Humanité.fr

Les syndicats FO, CGT, Unsa et SUD des Autoroutes du Sud de la France appellent à la grève du 31 juillet au 2 août. Ils exigent des embauches, alors que les effectifs ont fondu de 25% en neuf ans.

25% de pertes d’emploi en neuf ans, soit 1.800 suppressions de postes sur 7.300. C’est le bilan de l’entreprise Autoroutes du Sud de la France depuis sa privatisation en 2006 au profit du groupe Vinci, et plus précisément de Vinci Autoroutes. C’est un véritable plan social larvé, selon les organisations syndicales qui appellent les salariés à la grève tout ce week-end, sur les questions d’emploi.

La fonte des effectifs a des conséquences pour ceux qui restent : déshumanisation des péages, stress accru… mais aussi pour les usagers, car, comme l’explique un délégué FO, « derrière le chiffre du nombre de salariés, il y a le terrain, et beaucoup de clients ont des problèmes ». Par exemple si une voie est bloquée à cause de l’impossibilité pour un client de régler la somme demandée, le temps d’intervention d’un agent est d’autant plus long que la couverture géographique est faible. Or les tronçons couverts par les agents tendent à s’allonger. « Quand c’est la même personne qui intervient de Remoulins à Arles , soit 60 kilomètres d’autoroute, cela ralentit forcément la vitesse d’intervention du personnel », explique ce délégué. La priorité est donnée au télédépannage pour résoudre ce genre de problèmes, au détriment de la présence physique des salariés, mais cela ne suffit pas toujours. L’élu FO cite un cas où « un autre automobiliste a payé avec sa carte à la place d’un usager bloqué » car le temps d’attente était beaucoup trop long.

Emploi et congés

Face à ces difficultés, les syndicats demandent que l’entreprise procède à des embauches en CDI pour faire face « au manque de personnel, et à un état de stress du personnel », précise le délégué FO. Ils réclament aussi un recours accru aux emplois saisonniers pour les remplacements d’été. Actuellement leur nombre diminue, ce qui empêche les salariés permanents de poser plus de deux semaines de congés consécutives. De plus, les contrats saisonniers prévoient des horaires faibles - environ 16 heures par semaine en général - qui ne leur permettent pas d’avoir un revenu satisfaisant.

Les syndicats tirent donc la sonnette d’alarme en appelant à la grève ce week-end. Trois préavis ont été officiellement déposés par FO, la CGT et l’Unsa. Le syndicat SUD s’est aussi joint aussi au mouvement. Mais son préavis a été renvoyé à l’expéditeur, avec lettre « de mise en garde » de la direction, qui accuse le syndicat d’avoir envoyé ce courrier par le service interne d’ASF, et d’avoir ainsi utilisé les moyens de l’entreprise « à titre privé ». Le syndicat dénonce de son côté une « atteinte au droit de grève ».

Des promesses, mais pas encore de concret

Lundi, lors de la dernière réunion de concertation, la direction a proposé un accord de principe reprenant les principales revendications des salariés… mais en posant comme préalable la levée des préavis de grève. La proposition a eu de l’effet sur la CFDT, qui a retiré son préavis. Mais elle a été perçue comme un chantage par les organisations grévistes qui comptent sur le mouvement social pour peser dans la négociation. Et les promesses de la direction sont loin de rassurer tout le monde. Hugues Granier, coordinateur CGT de la branche des sociétés d’autoroute, avoue être perplexe sachant qu’au conseil d’administration des ASF, ce même lundi 27 juillet, « Monsieur Coppey (directeur général délégué, NDLR) a dit que la politique de l’entreprise n’était pas à l’embauche ». Dans un courrier commun, trois organisations syndicales (CGT, FO, UNSA) lui ont même reproché d’avoir déclaré que l’entreprise était encore en « sureffectif ».

Les syndicats appellent à deux rassemblements demain vendredi à 9 heures, sur les aires de repos de Port-Lauragais (Haute-Garonne) et de Montélimar (Drôme).