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    Le congrès de Limoges de la CGT en 1895

    syndicalisme

    Brève publiée le 24 septembre 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://ouvalacgt.over-blog.com/2015/09/le-congres-de-limoges-de-la-cgt-en-1895.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

    La CGT a 120 ans. Après avoir monté en épingle l’événement toute l’année dernière, c’est bien calme une fois arrivée l’échéance : c’est en effet du 23 au 28 septembre que s’est tenu le congrès de fondation de la CGT à Limoges.

    Force est de constater que la direction confédérale a été carrément discrète à ce propos en cette rentrée sociale, apparemment plus intéressée par le congrès de la CES qui va se tenir à Paris... Une demi phrase de Martinez au meeting de Paris, un peu plus consistant à Toulouse, rien à Marseille, rien à l’assemblée de la Chimie… Maryse Dumas doit se sentir bien seule dans le patio de Montreuil !

    Nous publions ici le compte rendu intégral de ce premier congrès de 1895 : 

    http://serveur2.archive-host.com/membres/up/1451077023/2015bis/Congres_CGT_1895_retouche.pdf

    C’est intéressant à lire, non pas pour imaginer trouver nos solutions pour aujourd’hui, mais pour comprendre quelles étaient les problèmes à l’origine : intéressant de voir que la revendication en matière de retraites était « la retraite à 50 ans, après 25 ans de travail » ; de voir les interrogations sur l’organisation commune ou séparée avec les paysans ; les contradictions sur les prud’hommes, dès l’époque !; de savoir s’il fallait que le siège de la nouvelle CGT se trouve à Paris ou reste à Limoges ; de mesurer la contradiction (pas si simple !) sur l’intégration ou pas du Comité de la Grève générale dans la CGT ; le conflit entre les Bourses du Travail locales et les Fédérations corporatives comme on disait à l’époque. La question de l’indépendance d’avec les partis politiques (à l’époque il s’agissait de savoir si on acceptait l’adhésion de syndicats liés à un parti, ce qui existait alors, la réponse a été non). La question du programme et des revendications…

    Intéressant parce que ce compte rendu est plus que vivant, une vraie démocratie, pas grand-chose à voir avec la grand-messe d’aujourd’hui ! On s’interrompt, on se sépare, on revient en séance, on discute ferme avec une décision finale finalement plutôt assez large…
    Ce texte est un texte d’histoire, à lire comme tel, en mesurant les 120 ans parcourus.

    Comme il faut relire le texte de Pierre Monatte de 1946, au sortir de la guerre qui s’appelait déjà « Où va la CGT ? » (voir ICI) pour comprendre ce qui se passe et quelles sont les évolutions et le chemin parcouru, et que la décadence réformiste de la Confédération ne date pas du tout de Viannet-Thibault, mais de bien avant mai 68 !

    Nous fêtons les 120 ans de la CGT et ce n’est pas rien. Et on ne peut que regretter que la direction confédérale ne s’appuie pas plus sur l’histoire de notre syndicat pour organiser le combat – mais ce n’est sans doute pas un hasard.

    L’an prochain, il y aura le 51ème Congrès, après le tremblement de terre de l’automne dernier. (« les affaires Lepaon et la crise dans la CGT »). Tout semble rentré dans le rang avec l’arrivée de Martinez, son habileté et sa manière de rassembler en masquant les contradictions.

    Le débat sur le fond est escamoté, les repères revendicatifs ont été repris dans le silence total, Martinez agite le chiffon des 32h (voir l'article "Temps de travail : les simulacres et le vrai combat") pour faire croire à sa radicalité, mais on sait qu’il ne jure que par la syndicalisation des cadres… et que l’alliance avec la CFDT fait partie de son programme de route, même s’il reste prudemment silencieux à ce propos.

    Ils sont où tous ceux qui nous présentaient l’arrivée de Martinez comme d’un renouveau de la CGT ?

    Revenir à la CGT de lutte des classes de 1895, cela suppose de rompre avec le dialogue social, les conférences où on nous enfume, les institutions paritaires où on corrompt les représentants syndicaux. Lors du meeting parisien, une femme de ménage du Royal Monceau venue raconter sa grève d’octobre dernier a été claire : « le dialogue social, ça n’existe pas ! Ils ne nous écoutent même pas… La seule chose qu’ils comprennent, c’est le rapport de forces ! ».

    L’heure n’est pas aux discours ronflants, il faut admettre que nous sommes sur la défensive, depuis le mouvement perdu sur les retraites de 2010l’échec du mouvement collectif des sans-papiers en 2008-2010, et les mouvements de l’automobile de 2009-2013 qui n’ont pas réussi à déboucher et à s’unifier. L’heure est à construire, patiemment, sur le terrain, des équipes de combat, comme dans le Commerce, comme dans la Santé, parmi les Sans-papiers ou ailleurs.

    Pour poursuivre le débat de 1895, oui, il faut peut-être avoir la grève générale en perspective, mais en sachant qu’elle n’est pas en ce moment à l’ordre du jour et que l’enjeu aujourd’hui, c’est de résister, de défendre les acquis, de former de nouveaux militant(e)s et de nouvelles équipes !