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Décès de Balazs Nagy ("Varga") le 23 août 2015

histoire

Brève publiée le 24 septembre 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Nous n'avions pas relayé cette information. Varga avait été exclu par Lambert et sa clique, qui avaient déversé sur lui les pires saloperies. 

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https://aplutsoc.wordpress.com/2015/09/06/deces-de-balazs-nagy-ce-23-aout-2015/

Le nom de Balazs Nagy ne dit pas grand chose à bien des militants, vieux ou jeunes, mais sa disparition est l’occasion du rappel de plusieurs spectres entrant en résonance avec les temps présents.

Nagy, après avoir participé pleinement à la Révolution hongroise de 1956, fit partie des quelques 200.000 réfugiés qui passèrent à l’Ouest pour fuir la répression stalinienne. C’est dans l’émigration qu’il deviendra un militant trotskiste, au contact notamment de Pierre Broué et de Jean-Jacques Marie. De cette collaboration reste un ouvrage clé « Pologne-Hongrie 1956 ou le printemps en octobre. Textes choisis et traduits sous la direction de Jean-Jacques Marie et Balazs Nagy, présentés par Pierre Broué. EDI 1966 ».

A l’heure où le gouvernement ultra-réactionnaire et nationaliste d’Orban réinvente le Mur abattu en 1989 pour faire obstacle au flot des réfugiés du Moyen-Orient qui fuient guerre et répression, il est bon de rappeler qu’en ce temps là, en 1956 et après, l’accueil de plusieurs centaines de milliers de Hongrois fut réalisé en Europe et ailleurs dans le monde.

Étant devenu sous le pseudonyme de Michel Varga le responsable du travail est-européen de l’OCI, avec des groupes clandestins actifs en Hongrie, en Pologne et en Yougoslavie, Nagy fut aussi en 1973 la victime d’un procès politique au sein de cette organisation, devenant du jour au lendemain, un « agent double payé par la CIA pour le compte du KGB »!!! Ici, calomnies, insultes et coups furent le moyen de verrouiller une discussion politique normale et nécessaire dans une organisation qui se voulait révolutionnaire.

Quelques quatre décennies plus tard, les héritiers du procureur de l’époque (Lambert) se déchirent dans une crise mêlant intérêts d’appareil et questions politiques réelles.

Nagy eut l’honneur de subir le premier le sort que bien d’autres subiront ensuite dans ce courant politique. Il n’en perdit pas ses convictions révolutionnaires et continua sur ce chemin jusqu’à sa mort.

Communiqué des camarades de Balazs Nagy :

Le révolutionnaire hongrois et militant trotskyste Balazs Nagy (Michel Varga) a décédé à 88 ans à Carmaux (France).
par Radoslav Pavlović

Balazs Nagy est né en 1927 sur la terre sablonneuse de la puszta hongroise, autour de Keczkemet, au sud de Budapest. En 1944, il est déjà à 17 ans dans les premiers maquis communistes qui accueillent l’Armée rouge. En 1946, il est volontaire dans les brigades de travail internationalistes en Yougoslavie, sur la reconstruction du chemin de fer Brcko-Banovici, en Bosnie. Faisant partie de la jeunesse communiste d’élite, il est bientôt enseignant à l’école marxiste du parti. Dès 1949 le régime féroce stalinien de Rakozsi, importé de Moscou, jette les communistes d’intérieur, regroupés autour d’Imre Nagy, dans l’opposition. Balazs perd son poste, devient chauffeur camionneur, apprend à réparer le véhicule délabré dans la boue. Intellectuel communiste promis aux plus hautes fonctions du parti, il apprend la vie ouvrière noire sur le tas et le mépris organique des bureaucrates communistes à l’égard de la classe ouvrière. Réintégré en 1955 avec la fraction réformiste d’Imre Nagy dans le parti, il est déjà l’été suivant dans l’aile des intellectuels du « cercle Petöfi » la plus proche des ouvriers. Lorsque, après l’intervention des chars russes, Imre Nagy et son gouvernement se réfugient dans l’ambassade yougoslave, en attendant le résultat des palabres entre Khrouchtchev et Tito, Balazs sert de liaison entre le gouvernement en otage et le comité central de grève des ouvriers de bastion ouvrier de Budapest. Cette expérience directe du dévouement magnifique des ouvriers luttant à mort contre le mépris, la haine, la duplicité et la violence brutale de la bureaucratie l’a marqué pour toujours.

Le recueil des documents essentiels qui démontrent la nature ouvrière de la révolution hongroise est emportée dans l’émigration par Balazs, d’où est sorti le livre édité par EDI en 1966 avec Pierre Broué et Jean-Jacques Marie « Pologne-Hongrie 1956 ». A la demande de l’institut Imre Nagy de Budapest, Balazs a écrit ses souvenirs dans les années 90 (en hongrois), dédiés au dirigeant ouvrier principal du Comité central de grève Sandor Bali. Après 1989 il s’est installé avec sa femme Françoise à Iszak, sa région natale, mais les raisons de maladie grave les ont obligés de retourner après quelques années en France, auprès des médecins français.

Pour lire l’intégrale de ce document :
http://workersinternational.info/wp-content/uploads/27-LdC-25.08.15-Balazs-Nagy.pdf

Sur la Révolution hongroise de 1956, lire de Pierre Brouè :
La révolution hongroise des conseils ouvriers