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Daesh utilise des armes de fabrication franco-allemande

Lien publiée le 9 décembre 2015

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Figaro) Selon un rapport d'Amnesty international, les très nombreuses armes et munitions utilisées par Daech proviennent principalement des pays qui se battent contre l'organisation terroriste.

L'État islamique est souvent décrit comme l'organisation terroriste la plus organisée et surtout la plus autonome. Pourtant, si son économie est florissante, notamment grâce au pétrole, l'équipement de son armée est loin d'être aussi indépendant. Selon un rapport publié par l'ONG, Amnesty International, Daech possède une grande quantité d'armes fabriquées dans plus de vingt-cinq pays occidentaux différents dont les États-Unis, la Chine ou encore l'Europe.

Il dispose aujourd'hui d'un arsenal impressionnant: fusils d'assauts, M16, missiles antichars et sol-air, mortiers, armes de poing… Des armes destinées à équiper les nombreux soldats de l'EI. Selon le rapport de l'ONG, sur le seul mois de juin 2014, l'organisation a saisi assez d'armes pour équiper trois divisions d'une armée conventionnelle, soit environ 40.000 à 50.000 soldats. Et parmi celles-ci, se trouvent des armes de fabrication franco-allemande. «C'est quelque chose de sûr. On peut savoir de quels types de fabrication sont les armes de l'EI. Mais il est beaucoup plus difficile de chiffrer le nombre d'armes qui proviennent de tel ou tel pays», explique Aymeric Elluin, chargé de campagne Arme et Impunité à Amnesty France.

Une situation contradictoire

Si Daech a réussi, depuis plusieurs années, à rassembler autant d'armes et de munitions, c'est notamment en saisissant, directement sur le terrain, les stocks des autres armées dans les pays où il est implanté. «L'Irak, c'est une caverne d'Ali Baba pour l'État islamique. Ils n'ont qu'à se baisser pour ramasser et c'est cette saisie d'armes qui est leur principale source d'approvisionnement».

C'est donc une situation paradoxale qui s'est mise en place sur le théâtre irako-syrien. Depuis plusieurs semaines, les chefs d'États et responsables gouvernementaux ne cessent de marteler que Daech doit être détruit, alors qu'il mène sa campagne de terreur avec les armes de ceux qui les combattent. «On a plongé dans une situation complétement absurde puisque leur principale force vient de nos propres armement. Et ça se chiffre en millions de dollars», indique Aymeric Elluin.

Pour l'ONG, la situation est alarmante depuis plusieurs années. Mais le véritable tournant intervient en 2003, lorsque l'Irak a été innondé d'armes par les Américains. «Ils ont cru qu'en donnant des milliards de dollars d'armes à l'armée irakienne, la situation allait s'améliorer mais ça a été l'inverse. Aujourd'hui, personne ne peut affirmer que la sécurité a été rétablie dans ce pays. Il y a des pillages, il y a des trafics... Et comme toujours, ce sont les civils qui payent le prix fort de cette situation», reprend le chargé de campagne d'Amnesty International.

Contrer le phénomène

Pour endiguer la prolifération d'armes dans la région, qui risque à tout moment de terminer aux mains des terroristes de Daech, l'ONG demande une coopération judiciaire et pénale entre les pays. «Si l'on veut vraiment détruire l'État islamique, il faut commencer par faire ce qu'il y a de plus simple. C'est-à-dire prendre nos responsabilités et contrôler les marchés d'armes dans cette région». Pour Amnesty International, il faut mettre en place un embargo total sur les armes en Syrie.