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Résumés des 49è à 51è jours de grève des postiers de Neuilly

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Brève publiée le 20 décembre 2015

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Résumé du 49ème jour de grève des postiers de Neuilly (mercredi 16 décembre 2015)
Dernier jour de préparation de la journée de grève départementale du 17 décembre
 

Après être intervenu la veille dans le 78, les grévistes de Neuilly se sont reconcentrés sur leur département pour préparer la journée de grève départementale du 17.
La journée a été marquée par une prise de parole à Boulogne, le plus gros bureau distribution du centre. Après une réunion du personnel réussie la semaine dernière, la prise de parole a regroupé les collègues et a permis de dénoncer le projet de réorganisation qui vise le bureau… pile poil deux ans après la dernière réorganisation (mai 2014) ! Comme quoi, la seule manière de décourager la direction de faire passer un bureau à la moulinette tous les 24 mois, c’est d’être capable de faire grève en masse.
Une prise de parole a également eu lieu à Asnières pendant le Tri Général, et dans ce bureau qui a une expérience de grève victorieuse en 2010 et qui est toujours resté mobilisé, c’est la question d’une mobilisation simultanée d’un maximum de bureau qui a été discutée. Ce que nous avons appris auprès de nos collègues du 78 en matière de conséquences des réorganisations successives et des délocalisations (Asnières est directement concerné à brève échéance par ce type de projet) nous a également permis de mettre en évidence l'intérêt de se mobiliser. C'est en comparant les situations des différents bureaux et des différents départements qu'on peut toucher du doigt les conséquences des variation du rapport de forces: la direction avance dans ses projets en fonction des mobilisations auxquelles elle fait face.
Une autre prise de parole s’est déroulée à Levallois : le directeur s’était engagé à donner des réponses aux agents en fin de semaine dernière sur à qui appartient le site (la direction de La Poste envisage de délocaliser les facteurs), sur le paiement des heures supplémentaires au forfait jusqu’à la prochaine réorganisation… Ne pas tenir ses engagements, ne pas donner de réponses aux postiers : et La Poste s’étonne encore que de multiples conflits se déclenchent ?
Une réunion du personnel a été organisée à Courbevoie, où une réorganisation a été mise en place récemment et où les tournées sont particulièrement chargées. Les cadres présents ont tenté d’empêcher la tenue de la réunion, en prétendant qu’ils n’avaient pas la clé de la salle de réunion, sans assumer qu’ils appliquaient un ordre de leur hiérarchie. Cela n’a pas suffi à démotiver la quinzaine de participants qui se sont réunis en pleine salle de production. L’un des cadres s’est alors installé au milieu des collègues, pour écouter leurs échanges. Au vu de la réaction que cela a suscité, il a du rapidement déguerpir. Ces gens n’ont vraiment honte de rien ! Les participants à la réunion ont décidé de se mettre en grève le 17, ils et elles ont également décidé d’organiser une prise de parole sur leur centre pour convaincre un maximum de facteurs de la ville à faire grève demain.
 
 
Résumé du 50ème jour de grève des postiers de Neuilly (jeudi 17 décembre)
78-92 : la force du nombre
 
La prise de parole à Courbevoie de ce matin a permis de mettre les points sur les i : cela a été une prise de parole dans un sens réel, la parole a été prise par des collègues de Courbevoie et pas seulement par des représentants départementaux. Le message était clair : vous ne pourrez pas vous permettre de faire ce que vous voudrez de nous. Et dans la continuité de la grève de 2014, les réunions du personnel, les prises de parole et la grève d’aujourd’hui ont permis de construire un collectif de facteurs sur le bureau qui conteste la politique de la direction. Les questions locales soulevées par les grévistes de Courbevoie (un peu plus de 50% en grève aujourd’hui) peuvent sembler à première vue modestes (respect du temps de Tri Général, défense du droit des agents à se réunir sur leur temps de pause…). Mais derrière les petites techniques de vols de temps de travail, les petites humiliations, c’est une grande colère qui s’accumulent dans de nombreux bureaux de poste.

L’AG des postiers du 92 a été rejointe par les grévistes du 78. Une AG massive, avec la participation de plus de 120 postiers. La discussion qui y a eu lieu avait deux volets. Comment s’entraider pour chacun gagner sa propre grève ? Comment préparer une mobilisation d’ensemble à La Poste ? Evidemment, chaque groupe de grévistes (78 et 92) a ses propres objectifs, et négocie avec des directions distinctes. Mais dans la  bagarre, dans l’échange d’arguments et d’expérience, les barrières entre postiers s’estompent, et la force du nombre, l’intérêt d’une convergence entre postiers sont évidents pour toutes les présentes et les présents. Plusieurs décisions ont été prises lors de cette AG, dont l’organisation en commun de la fête de ce samedi… et immédiatement après l’AG, les postiers ont manifesté ensemble à la direction départementale du 92, ils ont effectué un passage dans la cantine où quand les grévistes ont pris la parole pour dénoncer les abus de la direction sortante et l’attitude honteuse de celles et ceux qui avaient appliqué cette politique, c’étaient les cadres qui baissaient les yeux.
La manifestation s’est terminée par un « pot de départ » pour M. Saint-Guilhem organisé par les grévistes en forme de barbecue. En haut, ils ont leurs petits fours, nous on a nos sandwiches merguez !

En soirée, les postiers de Neuilly ont participé au meeting unitaire contre l’état d’urgence, qui a regroupé de nombreuses organisations et 500 participants. Brahim y est intervenu pour expliquer comment ce fameux état d’urgence avait été utilisé par les autorités (comme le maire de Neuilly) pour faire intervenir la police contre les grévistes, et par la direction de La Poste pour trouver un nouveau prétexte pour tenter d’interdire aux grévistes de se rendre dans les centres et y prendre la parole… et que cela n’avait pas empêché la grève de continuer ! Une collecte a été organisée à la sortie du meeting, de nombreuses participantes et participants ont non seulement fait des dons mais aussi chaleureusement encouragé les grévistes dans leur lutte.

Résumé du 51ème jour de grève des postiers de Neuilly (vendredi 18 décembre)

Les réorganisations mise à mal suite à une nouvelle défaite de La Poste dans les tribunaux

Une prise de parole a eu lieu tout d’abord à Gennevilliers, pour annoncer un nouvelle lourde défaite juridique pour La Poste : suite à la suspension de la réorganisation de Gennevilliers et la réinjection de deux tournées, La Poste avait fait appel. Le résultat est encore plus catastrophique pour elle : non seulement la suspension de la réorganisation est confirmée, mais La Poste est de plus condamnée sous peine de payer 10 000 euros par jour ( !) de transmettre tous les documents demandés par le CHSCT, dont tous les éléments concernant le logiciel METOD, qui est censé constituer la base de calcul du temps de travail des facteurs. En clair, le tribunal ordonne à La Poste de faire la transparence sur le vol organisé du temps de travail sur lequel s’appuient toutes les réorganisations à La Poste. C’est M. Saint-Guilhem qui avait décidé de faire appel : il a fait un beau cadeau de départ à ses petits camarades de la direction, avec un jugement qui en faisant jurisprudence constitue un obstacle dont La Poste se serait bien passée.

Licenciement de Thibault : nous ne laisserons pas faire !

Jeudi en fin de journée, nous avons appris que la réintégration de Thibault, que nous avions obtenu en référé suite à son licenciement suite à la grève de 2014, venait d’être remise en cause en appel. Les grévistes sont donc intervenus sur le bureau de Thibault (La Garenne/Bois-Colombes) pour dénoncer ce jugement parfaitement scandaleux : il revient à priver de son emploi un militant parce qu’il a participé à la grève de 2014. De plus, la seule pièce sur laquelle s’appuie l’accusation est une photo d’huissier… sur laquelle figure une autre personne que Thibault ! Nous allons engager tous les recours juridiques en vue de sa réintégration et se donner les moyens de maintenir son salaire afin qu’il puisse s’il le souhaite continuer à militer dans le 92.

De plus, Gaël, secrétaire départemental de SUD Activités Postales 92, vient d’écoper de deux mois de mise à pied… et a reçu en même temps une convocation pour une procédure disciplinaire en vue… d’une mise à pied de 3 mois ! La direction tente d’affamer les militants en les privant de leur emploi ou de leur salaire.

Une intervention a également eu lieu à Courbevoie pour s’assurer que la direction ne tenterait pas d’obliger les grévistes de la veille de distribuer le courrier de la grève sans être payé. Le principe « Courrier pas payé, courrier pas passé » a donc été respecté.

Les grévistes se sont ensuite retrouvés pour faire le point sur la situation et sur la stratégie à adopter. Au niveau financier, l’objectif que s’étaient donnés les grévistes a été tenu : ils s’étaient préparé à des paies à 0 euros, ce qui n’a pas été le cas au final. Grâce à la caisse de grève, sans avoir travaillé un seul jour le mois dernier, les grévistes toucheront un montant qui leur permet de tenir. C’est grâce à la solidarité qui s’est exprimée autour de la grève, et nous remercions toutes celles et ceux qui ont effectué des dons. Il va falloir cependant continuer à donner, car il va être essentiel de maintenir les salaires des camarades mis à pied ou licenciés. Mais aussi parce que la direction continue à jouer le pourrissement et espère que la période des fêtes sera défavorable aux grévistes. Nous comptons bien lui prouver qu’elle se trompe.

Pour aider les grévistes à tenir, continuez à donner à la caisse de grève :

- caisse de grève en ligne https://www.yoongo.com/fr-c-caisse-de-greve-des-postiers-du-92

- ou envoyer vos chèques à SUD Poste 92, 51 rue Jean Bonal 92250 La Garenne-Colombes, mention solidarité grévistes au dos du chèque