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Blocage de voies ferrées par les salariés d'ArcelorMittal

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Brève publiée le 2 mars 2012

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

EBANGE (Moselle), 2 mars 2012 (AFP) - Les syndicats d'ArcelorMittal ont maintenu la pression sur la direction en bloquant vendredi à Ebange (Moselle) la ligne ferroviaire France-Luxembourg, leur cinquième action "coup de poing" en moins de deux semaines.

Au même moment, les dirigeants du groupe sidérurgique assuraient au comité d'entreprise un début "rapide" de la maintenance de l'un des hauts-fourneaux de Florange (Moselle) mais sans garantir son redémarrage.

Les métallos ont occupé pendant près de deux heures, les voies ferrées de la liaison internationale de chemin de fer, perturbant la circulation des trains, a constaté un journaliste de l'AFP.

La cinquantaine de militants CFDT et CGT qui avaient pris position sur les rails - FO et la CGC/CFE n'ont pas pris part à ce blocage - en ont été délogés par la gendarmerie mobile après avoir refusé, à trois reprises, de se plier aux injonctions du sous-préfet de Thionville, François Marzorati.

Dans la bousculade qui a duré une quinzaine de minutes, un métallo a fait un malaise vagal et a dû être évacué. En se faisant refouler fermement mais sans brutalité par les forces de l'ordre en tenue anti-émeute, les métallos chantaient "La Marseillaise" et criaient "Merci Sarko".

"Nous ne pouvions pas accepter qu'une ligne ferroviaire de cette importance puisse rester bloquée la journée", a expliqué le directeur départemental de la sécurité publique, Hervé Niel, pour justifier l'intervention.

"Lorsqu'un rat est piégé, il vous saute à la gorge", lui a répondu le leader de la CFDT, Edouard Martin, qui venait de diriger la manoeuvre. Peu après, la SNCF annonçait la reprise de la circulation de ses trains, dont plusieurs avaient été mis à l'arrêt à Thionville (Moselle).

Auparavant, les protestataires avaient occupé sans incident la gare ArcelorMittal voisine par laquelle passent tous les convois approvisionnant en acier l'usine lorraine. "L'objectif est de perturber la production pendant au moins 24 heures", avait expliqué un syndicaliste.

Les salariés, qui demandent le redémarrage des hauts-fourneaux de Florange en sommeil depuis plusieurs mois, occupent une partie du site depuis le 20 février.

Pendant ce temps au siège d'ArcelorMittal France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la direction assurait aux syndicats que les travaux de maintenance de l'un des hauts-fourneaux de Florange débuteraient "très rapidement", mais sans évoquer une reprise de l'activité de la filière chaude du site.

"Le groupe nous dit que les deux millions (d'euros) prévus pour le haut-fourneau P6 (à l'arrêt depuis octobre, ndlr) seraient engagés très rapidement, là, dans les semaines à venir", a dit à la presse Jean-Marc Wecrin (CFDT).

"S'ils enclenchent tout de suite les travaux, ça veut dire qu'il y a l'idée de redémarrer (le P6) mais ça ne sort pas de leur bouche", a-t-il ajouté. Selon lui, ces propos visent à "calmer" les métallos. "Mais ça ne nous calme pas", a-t-il souligné.

"Ils (la direction) ne nous ont absolument pas parlé de date" de redémarrage pour le P6, a poursuivi le syndicaliste. "On reste sur nos positions", a-t-il conclu.

Dans un communiqué, la direction a confirmé "la suspension temporaire d'une partie de ses installations de Florange pour le deuxième trimestre en raison du contexte économique difficile".

"Deux millions d'euros vont être alloués à des travaux supplémentaires de maintenance afin d'assurer que la phase liquide puisse redémarrer au second semestre dans la perspective d'une reprise économique", a-t-elle précisé.

Jeudi, Nicolas Sarkozy avait assuré sur France Inter que le P6 "repartirait au deuxième semestre" après avoir révélé qu'il avait eu la veille une réunion de travail avec Lakshmi Mittal, le PDG du n°1 mondial de la sidérurgie. Mais ArcelorMittal avait conditionné ce redémarrage à une reprise de l'économie.