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Entretien avec Mickaël Wamen, délégué CGT Goodyear

syndicalisme

Brève publiée le 5 février 2016

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.anti-k.org/2016/02/04/entretien-avec-mickael-wamen-delegue-cgt-goodyear-et-claude-pennetier-historien/

Moins de trois semaines après la condamnation de huit anciens salariés Goodyear à deux ans de prison dont neuf mois ferme, la CGT appelle à la mobilisation ce jeudi 4 février. Mediapart consacre son émission sociale Espace de travail à ce jugement inédit. Invités : l’un des condamnés, Mickaël Wamen, délégué CGT Goodyear, et Claude Pennetier, historien des mouvements sociaux.

ESPACE DE TRAVAIL-GOODYEAR © Mediapart

La CGT appelle ce jeudi 4 février à une journée nationale de grève et de mobilisation à travers la France en défense des libertés syndicales et en solidarité avec les huit anciens salariés de Goodyear condamnés à vingt-quatre mois de prison, dont neuf mois ferme (un rassemblement se tiendra à Paris, à 11 heures, place de la Nation). Neuf mois ferme, voilà donc le tribut que devront payer ces ouvriers, dont cinq sont syndicalistes à la CGT, si la peine est confirmée en appel pour avoir retenu sans violences physiques en janvier 2014 durant trente heures deux cadres de l’usine de pneumatiques d’Amiens Nord dans la Somme, aujourd’hui fermée.

Le jugement est tombé le 12 janvier dernier. Il est extrêmement lourd, inédit dans les annales du droit français sous la Ve République, légèrement en deçà des réquisitions particulièrement sévères du parquet, de deux ans de prison dont un an ferme. On n’a jamais vu en effet des salariés qui se battent pour leur emploi et leur outil de travail condamnés à une peine de prison ferme, tout au plus du sursis ou des amendes. Ce jugement est d’autant plus surprenant qu’il intervient alors même que le procès s’est déroulé, le 24 novembre dernier, sans plaignant : Goodyear a en effet retiré sa plainte en application de l’accord de fin de conflit signé avec les syndicats, fin janvier 2014, tout comme les deux cadres concernés, qui se sont désistés après avoir déposé plainte à titre individuel.

Pour mesurer l’impact de cette décision judiciaire, la replacer dans l’histoire de la répression des luttes sociales et cerner la vraie violence sociale, celle de la perte d’emploi qui va jusqu’à provoquer des suicides, Mediapart reçoit dans Espace de travail, son rendez-vous long format vidéo consacré aux questions sociales, deux invités : Mickaël Wamen, l’un des huit Goodyear condamnés, la figure médiatique et volcanique de CGT Goodyear, et Claude Pennetier, chercheur au CNRS, historien des mouvements sociaux, directeur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, appelé communément Le Maitron.

« À d’autres époques, une telle décision judiciaire aurait soulevé les foules et entraîné de gigantesques manifestations », pointe Claude Pennetier. Mickaël Wamen aurait voulu que son syndicat, qui selon lui est la cible de cette condamnation, appelle dès l’énoncé du jugement à une grande mobilisation interprofessionnelle, une grève générale. Mais ce n’était pas l’avis de Philippe Martinez, le patron de la centrale de Montreuil. « Il m’a expliqué qu’il fallait laisser du temps au temps, explique le syndicaliste. Mais en agissant de la sorte, la CGT n’est pas à la hauteur de la problématique. Il y a partout en France des mouvements sporadiques. Mais quand allons-nous rassembler toute cette colère au même moment au même endroit ? C’est la cohésion des luttes, pas la division des luttes, qui fera peur au gouvernement. » Entretien vidéo.

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