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    Congrès de la CGT: polémique sur la police, camouflet pour la direction

    syndicalisme

    Brève publiée le 19 avril 2016

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Le Monde) C’est un camouflet pour la direction de la CGT. Le rapport d’activité – qui sanctionne le bilan de la direction confédérale depuis le précédent congrès de 2013 – a été adopté par les congressistes réunis àMarseille, avec un score relativement bas, ce qui est inédit. Sur 583 943 mandats représentés, il y a eu 501 704 suffrages exprimés, avec 14,1 % d’abstentions, 344 443 votes « pour » (68,7 %) et 157 261 « contre » (31,3 %). Le précédent record de votes « contre » remonte au congrès de 2009 avec 21 %. Mais si l’on réintègre les abstentions dans les suffrages exprimés, la sanction est encore plus rude, puisque le pourcentage de « pour » tombe à 58,9 % avec 26,9 % de « contre ».

    Ce résultat exprime le mécontentement de la base par rapport à ce qu’on a appelé « l’affaire Lepaon », quand Thierry Lepaon, alors secrétaire général de la CGT, a été obligé de démissionner, le 7 janvier 2015, à la suite d’affaires le mettant en cause pour son train de vie. Lundi, ce dernier avait été hué par les délégués.

    « Triste épisode »

    Cette crise a pourtant été peu évoquée par les délégués à la tribune, mardi 20 avril au matin. Une déléguée du syndicat des journalistes SNJ-CGT, Sonia Deputier, a évoqué ce « triste épisode » qui « a fait beaucoup de mal à la CGT et a meurtri les militants ». « Où en sommes-nous aujourd’hui ? », a-t-elle demandé :

    « C’est très facile de diluer les erreurs individuelles et de revenir à des responsabilités collectives. (…) Arrêtons de nous voiler la face. La question que se posent beaucoup de militants est simple : comment a-t-on pu en arriver là ? Comment des camarades en première responsabilité ont pu commettre de tels actes avec l’argent des syndiqués de la CGT ? Et il y a eu une communication désastreuse. »

    Le SNJ-CGT avait été un des premiers syndicats à demander la démission de M. Lepaon. David Lecoq, un délégué des syndicats préfectoraux, a lui aussi parlé d’un « mal considérable » qui s’est traduit, selon lui, par une baisse de 4 % aux élections dans la fonction publique pour le ministère de l’intérieur.

    Une déléguée de l’éducation nationale a évoqué « des collègues qui nous riaient au nez ». Le débat sur le rapport d’activité a été abrégé, ce qui a suscité des protestations, alors que vingt-cinq délégués inscrits n’avaient pas encore pu intervenir. Mardi après-midi, lors du débat sur le rapport financier, un militant de Normandie, la région de l’ancien secrétaire général de la CGT, a directement interpellé M. Lepaon, qui avait quitté le congrès, sur la prime de rupture conventionnelle qu’il avait touchée en partant de la CGT Basse-Normandie pour devenir le premier dirigeant de la centrale syndicale : « Si Thierry veut bien nous donner ses primes de rupture conventionnelle, cela nous aidera à payer les tracts. »

    Imbroglio sur l’affiche contre les violences policières

    La polémique sur l’affiche d’Info’Com-CGT – « la police doit protéger les citoyens et non les frapper », avec en fond une matraque, un écusson de CRS et une tâche de sang – s’est invitée au congrès de Marseille, non à la tribune, mais dans les couloirs.

    Interpellé directement par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a tenu un point presse où il a d’abord botté en touche : « Cette affiche est une affiche d’un syndicat de la CGT et elle n’apparaît pas, vous l’avez noté, sur le site de la confédération. »

    « Ceux que nous montrons du doigt, a-t-il ajouté, ce sont ceux – et nous avons été confrontés dans le cadre de l’état d’urgence à beaucoup de problèmes – qui donnent l’ordre de frapper sur les manifestants, et non pas ceux qui appliquent les ordres. A plusieurs reprises, il y a eu des ordres de frapper des lycéens – on a vu les images à la télévision – ; j’ai moi-même vécu cela en direct le 31 mars. »

    « Il faut que cela s’arrête, a martelé M. Martinez, c’est le message que nous adressons au ministre de l’intérieur. » Le secrétaire général de la CGT a ensuite observé qu’« il y a beaucoup de syndicats qui ont leurs propres moyens d’expression, il n’y a pas de commission de contrôle, de commission de censure sur les syndicats ».

    « Boucs émissaires »

    Peu après, Alexandre Langlois, responsable de la fédération police de la CGT, a improvisé une conférence de presse : « Aujourd’hui nos collègues policiers sont des boucs émissaires, a-t-il lancé. La police a reçu des ordres de ne pas intervenir et de laisser passer » les casseurs, a-t-il ajouté avant qu’une responsable confédérale mette fin à cette rencontre avec les journalistes.

    La CGT-Police a ensuite publié un communiqué alambiqué : « Un syndicat CGT a décidé de publier une affiche choquante et provocante, n’engageant ni la CGT-Police ni la confédération. La CGT-Police, comme tous les collègues qui effectuent leurs missions au service de la population, s’est sentie insultée. »

    Prenant acte de la mise au point d’Info’Com-CGT qui « met fin à la confusion » en dénonçant les donneurs d’ordre, MM. Cazeneuve et Valls, la CGT-Police juge que « la même affiche avec la photo de nos deux ministres, plutôt que le logo CRS, aurait réellement ciblé les responsables, au lieu de faire leur jeu, en creusant une fois de plus le fossé entre la population et sa police. A titre de comparaison, c’est comme s’en prendre au guichetier de la SNCF pour les retards de trains en l’insultant ».

    La CGT-Police évoque des ordres donnés par le gouvernement pour que « les casseurs puissent infiltrer la manifestation en toute impunité » et s’en prend à la déontologie de M. Valls, « qui reprend les dispositions du code de la fonction publique de Vichy ». Elle demande, en conclusion, « d’arrêter d’instrumentaliser la police nationale à des fins de communication, par qui que ce soit ».