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Brève publiée le 1 mai 2016

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.revue-ballast.fr/cartouches-9/

Jouer au foot pour comprendre le monde, un voyage à bord du RER B, du hip-hop, des canettes vides et les Antilles, des scalps de pubis, une fille dans un monde d'hommes, les exilés d'Espagne, Pasolini à la lumière de la psychanalyse, la fermeture des abattoirs, les arnaques de la croissance verte, les lettres de Walter Benjamin et les zadistes face aux gendarmes : nos chroniques du mois d'avril. 


 Comment ils nous ont volé le football — La mondialisation racontée par le ballon, d'Antoine Dumini et François Ruffin

footRaconter la mondialisation à travers l’histoire de ce ballon de foot qui est « comme un monde en plus petit », parler d’Histoire, de stratégies politiques et financières sans être aride ou trop abscons, montrer les mécanismes d’une évolution sombre du populaire vers le règne de l’argent-roi tout en ménageant des lueurs d’espoir et des moments de joie, c’est le pari réussi des auteurs dans ce petit livre de 120 pages. Il fait partie de la collection « Tchio Fakir » (les petits Fakir) qui s’attachent à faire en quelques pages, d’une manière agréable mais résolument militante, le tour d’un sujet réputé complexe (on peut ainsi citer Vive la banqueroute !Faut-il faire sauter BruxellesPauvres actionnaires ! ou encore Remporter la bataille des idées, un pseudo-entretien avec le penseur communiste italien Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de c'est aussi l'envie de revenir ». [T.M.]

Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de 

Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de Chants barbares. Doit-on y voir quelque écho au second roman de Victor Hugo, Bug-Jargal, dans lequel l'auteur conta la rébellion d'un esclave noir et parla de ce vent qui « apportait par lambeaux leurs chants barbares mêlés au son des guitares » ? Nous l'ignorons. Mais D' de Kabal est musicien (rappeur, slameur, beatboxer) et fait de l'esclavage le noyau dur de cet ouvrage qui s'affiche sous les couleurs du théâtre. Deux avertissements avant d'aller plus loin : oublier sa voix à la lecture de ses lignes (une voix de grotte, de fonderie ou de voies ferrées) et se munir d'un crayon pour souligner tout ce qui doit l'être. « Putain, même quand on sourit, sur nos dents y a écrit 9-3, nous, on le vit, ça », lance celui qui grandit à Bobigny. La puanteur du quartier, la BAC, les exilés, les flics et les canettes vides : « Comme un poisson qu'on écaille avant de le remettre à l'eau. / Comme un œil qui s'ouvre pour qu'on puisse mieux le crever, / Comme un cœur abîmé recouvert d'une vieille peau. » Une mère qui frappe faute de savoir aimer, les murs gris, le braquage loupé d'une épicerie et la mémoire des Antilles : « J'écris comme on meurt du sida. » Ses chants tranchent bien plus qu'ils ne charment — quoique. Mais nulles ritournelles ni douces mélopées : les notes craquent et l'auteur interpelle la France, sa génitrice, celle qui en son sein compte « des cocardiers, des ânes bâtés, des révolutionnaires et ses plus fidèles détracteurs », celle qui se fait tour à tour « plaie » et « morsure ». Paul Éluard mit un jour en garde les rimailleurs : « Rien de plus affreux que le langage poétisé, que des mots trop jolis gracieusement liés à d'autres perles. La poésie véritable s'accommode de nudités crues, de planches qui ne sont pas de salut, de larmes qui ne sont pas irisées. Elle sait qu'il y a des déserts de sable et des déserts de boue, des parquets cirés, des chevelures décoiffées, des mains rugueuses, des victimes puantes, des héros misérables, des idiots superbes, toutes les sortes de chiens, des balais, des fleurs dans l'herbe, des fleurs sur les tombes. » Le barbare, qui se décrit comme un « paysan de l'asphalte », fait sans conteste œuvre de poésie. [E.C.]

Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de Gramsci). Si le présent ouvrage donne à saisir les mécanismes du foot-businessainsi que les manœuvres mafieuses de la FIFA, on découvre également des figures comme celles de Zéno Bianu qui nous annonce explorer « les jeux de la langue et du sexe, avec toutes leurs saveurs, du sucré au salé, de l’implicite à l’explicite, […] de l’infrarouge des instincts jusqu’à l’ultraviolet des transfigurations », il n’y a plus qu’à se laisser embarquer dans un tourbillon de sens et de mots. On redécouvre les « blasons » de la Renaissance, ces courts éloges du cul, du con et des tétins ; on s’étonne de trouver . »). Le corps fragile d’une fille, un roseau — mais un roseau pensant, une auteure. [L.V.]

Zéno Bianu qui nous annonce explorer « les jeux de la langue et du sexe, avec toutes leurs saveurs, du sucré au salé, de l’implicite à l’explicite, […] de l’infrarouge des instincts jusqu’à l’ultraviolet des transfigurations », il n’y a plus qu’à se laisser embarquer dans un tourbillon de sens et de mots. On redécouvre les « blasons » de la Renaissance, ces courts éloges du cul, du con et des tétins ; on s’étonne de trouver Zéno Bianu qui nous annonce explorer « les jeux de la langue et du sexe, avec toutes leurs saveurs, du sucré au salé, de l’implicite à l’explicite, […] de l’infrarouge des instincts jusqu’à l’ultraviolet des transfigurations », il n’y a plus qu’à se laisser embarquer dans un tourbillon de sens et de mots. On redécouvre les « blasons » de la Renaissance, ces courts éloges du cul, du con et des tétins ; on s’étonne de trouver Zéno Bianu qui nous annonce explorer « les jeux de la langue et du sexe, avec toutes leurs saveurs, du sucré au salé, de l’implicite à l’explicite, […] de l’infrarouge des instincts jusqu’à l’ultraviolet des transfigurations », il n’y a plus qu’à se laisser embarquer dans un tourbillon de sens et de mots. On redécouvre les « blasons » de la Renaissance, ces courts éloges du cul, du con et des tétins ; on s’étonne de trouver Klapisch ici, mais Luis Bonet, typographe et militant communiste. Son récit, celui d’un combattant de l’armée républicaine qui doit, après trois ans de guerre civile, passer les Pyrénées en février 1939 afin de fuir les forces nationalistes menées par Franco. Hélas, c’est avec des camps d’internement que la France accueille les réfugiés espagnols, oubliant pour l'occasion sa devise nationale et républicaine. Ce sont d’abord ceux qui acceptent de rentrer en Espagne, et donc de se soumettre à Franco, qui ont le droit à une distribution d’eau et de nourriture. Luis Bonet nous livre les souvenirs terribles de cet exil, de cette marche et de ce camp : moments tragiques de violences, de faim, de froid dans ce lieu où les couches sont creusées dans le sable, où il est interdit de sortir (poussant certains au suicide) ; moments de solidarité, aussi, de beauté voire de poésie — comme lorsque le narrateur s’invente un camarade du nom de « Francisco de Goya » afin de recevoir un peu de pain supplémentaire (« Comme nous, voilà un siècle, il connut l’exil. Aujourd’hui, grâce à la magie de son nom porté sur une liste d’affamés, il nous offre un morceau de pain supplémentaire. Goya nous donne sa part. ») Un bijou d’Histoire, de politique et d’humanité ou, comme le dit la préface, un de ces « témoignages extraordinaires de vie ordinaires ». [L.V.]

Éditions Agone, 2016

 Pulsions pasoliniennes, de Fabrice Bourlez

Lorsque l’on pense à Pasolini, nous sommes d’ordinaire marqués par les nombreuses polémiques qu’ont suscité ses œuvres. Radical dans sa critique de la bourgeoisie et du consumérisme italien, Pier Paolo Pasolini fut l’un des combattants les plus armés contre le consensus ambiant de son siècle : armé de la langue, de l’image et du visible. Dans cet ouvrage, Fabrice Bourlez s’est lancé un défi audacieux : saisir la pensée pasolinienne à l’aune de la psychanalyse, amenant ainsi le passé à faire corps avec le présent. Les personnages de cette œuvre sont empreints d’affects, de pulsions, et donc d’humanité. C’est pourquoi l’auteur a souhaité questionner ces personnages-là, se demandant pourquoi et comment nous désirons. Psychanalyste et professeur de philosophie et d’esthétique à l’École Supérieure d’art et de Design de Reims, Bourlez analyse l’échec répétitif des pulsions qui animent les protagonistes du poète, romancier et cinéaste assassiné — mais, et cela contribue à l'intérêt de la lecture, sans jamais tendre vers une psychologisation de Pasolini lui-même. En rapprochant subtilement l’œuvre freudienne et lacanienne de l’écriture pasolinienne, l'auteur nous invite à relire celui qui « remet en question la visibilité de l’image propre au septième art ». Face à l’utilisation de la violence et du sexe contre « le divertissement et tous les fast-foods de la pensée », Bourlez s’interroge : « Pourquoi faire appel à l’intolérable ? Pourquoi lire ça ? Pourquoi regarder ça ? » [M.S.-F.]

Klapisch ici, mais Luis Bonet, typographe et militant communiste. Son récit, celui d’un combattant de l’armée républicaine qui doit, après trois ans de guerre civile, passer les Pyrénées en février 1939 afin de fuir les forces nationalistes menées par Franco. Hélas, c’est avec des camps d’internement que la France accueille les réfugiés espagnols, oubliant pour l'occasion sa devise nationale et républicaine. Ce sont d’abord ceux qui acceptent de rentrer en Espagne, et donc de se soumettre à Franco, qui ont le droit à une distribution d’eau et de nourriture. Luis Bonet nous livre les souvenirs terribles de cet exil, de cette marche et de ce camp : moments tragiques de violences, de faim, de froid dans ce lieu où les couches sont creusées dans le sable, où il est interdit de sortir (poussant certains au suicide) ; moments de solidarité, aussi, de beauté voire de poésie — comme lorsque le narrateur s’invente un camarade du nom de « Francisco de Goya » afin de recevoir un peu de pain supplémentaire (« Comme nous, voilà un siècle, il connut l’exil. Aujourd’hui, grâce à la magie de son nom porté sur une liste d’affamés, il nous offre un morceau de pain supplémentaire. Goya nous donne sa part. ») Un bijou d’Histoire, de politique et d’humanité ou, comme le dit la préface, un de ces « témoignages extraordinaires de vie ordinaires ». [L.V.]

Éditions Agone, 2016

 Pulsions pasoliniennes, de Fabrice Bourlez

Éditions Francicopolis, 2015

Klapisch ici, mais Luis Bonet, typographe et militant communiste. Son récit, celui d’un combattant de l’armée républicaine qui doit, après trois ans de guerre civile, passer les Pyrénées en février 1939 afin de fuir les forces nationalistes menées par Franco. Hélas, c’est avec des camps d’internement que la France accueille les réfugiés espagnols, oubliant pour l'occasion sa devise nationale et républicaine. Ce sont d’abord ceux qui acceptent de rentrer en Espagne, et donc de se soumettre à Franco, qui ont le droit à une distribution d’eau et de nourriture. Luis Bonet nous livre les souvenirs terribles de cet exil, de cette marche et de ce camp : moments tragiques de violences, de faim, de froid dans ce lieu où les couches sont creusées dans le sable, où il est interdit de sortir (poussant certains au suicide) ; moments de solidarité, aussi, de beauté voire de poésie — comme lorsque le narrateur s’invente un camarade du nom de « Francisco de Goya » afin de recevoir un peu de pain supplémentaire (« Comme nous, voilà un siècle, il connut l’exil. Aujourd’hui, grâce à la magie de son nom porté sur une liste d’affamés, il nous offre un morceau de pain supplémentaire. Goya nous donne sa part. ») Un bijou d’Histoire, de politique et d’humanité ou, comme le dit la préface, un de ces « témoignages extraordinaires de vie ordinaires ». [L.V.]

Éditions Agone, 2016

 Pulsions pasoliniennes, de Fabrice Bourlez

☰ Anarchie et cause animale, de Philippe Pelletier

Klapisch ici, mais Luis Bonet, typographe et militant communiste. Son récit, celui d’un combattant de l’armée républicaine qui doit, après trois ans de guerre civile, passer les Pyrénées en février 1939 afin de fuir les forces nationalistes menées par Franco. Hélas, c’est avec des camps d’internement que la France accueille les réfugiés espagnols, oubliant pour l'occasion sa devise nationale et républicaine. Ce sont d’abord ceux qui acceptent de rentrer en Espagne, et donc de se soumettre à Franco, qui ont le droit à une distribution d’eau et de nourriture. Luis Bonet nous livre les souvenirs terribles de cet exil, de cette marche et de ce camp : moments tragiques de violences, de faim, de froid dans ce lieu où les couches sont creusées dans le sable, où il est interdit de sortir (poussant certains au suicide) ; moments de solidarité, aussi, de beauté voire de poésie — comme lorsque le narrateur s’invente un camarade du nom de « Francisco de Goya » afin de recevoir un peu de pain supplémentaire (« Comme nous, voilà un siècle, il connut l’exil. Aujourd’hui, grâce à la magie de son nom porté sur une liste d’affamés, il nous offre un morceau de pain supplémentaire. Goya nous donne sa part. ») Un bijou d’Histoire, de politique et d’humanité ou, comme le dit la préface, un de ces « témoignages extraordinaires de vie ordinaires ». [L.V.]

Éditions Agone, 2016

 Pulsions pasoliniennes, de Fabrice Bourlez

anarchyFreud, après Darwin, se plut à gifler notre narcissisme : si Dieu puis Descartes nous octroyèrent — entendons les Homo sapiens — le privilège d’assujettir et de dominer la Nature comme le monde animal, le psychanalyste rappela pourtant que l'homme « n'est rien d'autre, n'est rien de mieux que l'animal, il en est lui-même issu de la série animale, il est apparenté de plus près à certaines espèces ». La biologie blesse l'ego mais l'inventeur de l'imprimerie, du métier à tisser et du four à micro-ondes appartient bien au règne des chiens, des gorets et des ragondins. Le mouvement antispéciste (rappelons qu'il prône, dans le sillage de l'antiracisme et de l'antisexisme, l'égale dignité des espèces et l'abolition de la domination humaine sur le reste du monde ingénieurs thaumaturges » qui nous vendent des solutions toujours plus techniques : smart grids (réseaux de gestion d'énergie), fermes de panneaux solaires, nano et biotechnologies, etc. Nommez un problème, il y aura toujours un ingénieur pour vous proposer une « haute technologie » révolutionnaire et « éco-responsable ». Dans ce livre, Bihouix s'attaque méthodiquement au concept de technologie verte. Ingénieur lui aussi, il démontre l'absurdité d'un programme de généralisation de ces high tech dont la production demande d'énormes quantités de ressources rares (en particulier des métaux) et dont la complexité croissante empêche la réparation et le recyclage. Au lieu de continuer à croire aveuglément en un progrès technologique insoutenable sous sa forme actuelle – l'auteur compare notre attitude au fou qui s'exclame, à chaque fois qu'il met une pièce dans le distributeur de boisson : « Tant que je gagne, je joue ! » —, il faut se tourner vers les basses technologies (ou low tech). Ce concept ne se limite évidemment pas à une liste de produits verts. Il s'apparente plutôt à une série de principes qui doivent guider la transformation de notre système économique et industriel ; le premier étant le questionnement de nos besoins. Anticipant les cris d'orfraie de rigueur à toute remise en cause du statu quo, Philippe Bihouix explore les questions de l'emploi, de l'échelle de la transformation (régions et États sont préférés à une utopique « gouvernance mondiale »), de la nécessaire mutation du système de valeurs dominantes (utilitarisme et consumérisme en tête). Aux grincheux et aux thuriféraires de la « croissance verte », il répond : « Pas d'alternative, vraiment ? Et bien réfléchissons, tentons, expérimentons, tant pis si ça ne fonctionne pas, au moins nous aurons essayé quelque chose ! Et quel bonheur, entre-temps, d'ouvrir une nouvelle brèche, une perspective différente de celle d'un système à bout de souffle. » [M.H.]

Éditions du Seuil, 2014

 Lettres sur la littérature, de Walter Benjamin

Peut-être que la nature éclectique de la production intellectuelle du philosophe et critique de la culture Walter Benjamin (1892-1940) a représenté l'une des contributions les plus originales de la pensée européenne des premières décennies du XXe siècle. Ses écrits, fragmentaires pour la plupart, résultat d’une série de contingences subjectives et objectives, ont construit une œuvre des plus vastes. La littérature fut l'un de ses objets d’étude. Son contact avec la littérature française remonte à ses années de jeunesse, à travers la traduction d’auteurs tels que Balzac, Proust, Saint-John Perse et Baudelaire. Puis l’exil parisien, de 1933 à 1940 — il lui donnera l’opportunité de devenir un témoin et un observateur lucide de la culture et des réalités politiques hexagonales. Cette édition, établie par Muriel Pic, se compose de sept lettres que Benjamin adressa au philosophe Max Horkheimer, son référent auprès de l’Institut pour la Recherche Sociale (il avait déménagé à New York suite à l’arrivée du nazisme au pouvoir). La période d’échanges entre les deux hommes est aussi brève qu'intense (1937-1940). La lettre, en tant que genre ou « forme » de communication, s’impose et cela nous révèle la versatilité et l'originalité de Benjamin quant à ses choix textuels. Elles abordent une multiplicité de sujets, dans une très large combinaison de matériaux : on y lit biographie et récit du quotidien, réflexion philosophique, critique littéraire et culturelle, stratégies vis-à-vis du marché éditorial et des milieux intellectuels de Paris. Benjamin se montre extrêmement précis dans la narration des faits ; plus que de simples compte-rendus de son activité de chercheur, ce sont des véritables analyses du contexte dans lequel la culture se produit. On saisit ainsi le travail attentif de ce critique sévère, de « l’homme sans attache » qui utilise tous ses outils pour interpréter l’atmosphère et les relations matérielles. Avec la lucidité qui l’a toujours accompagné, Benjamin dénonce le conformisme de certains intellectuels français face au danger fasciste, s’interroge sur le rôle social de l’intelligence par temps de crise ou s’étonne des velléités d’évasion politique plus ou moins ambiguës que certains de ses « confrères » manifestent. Ses jugements ne laissent que peu d’espace à la complaisance. Céline, Gide, Bataille, Petite commune de Loire-Atlantique peuplée de 2 000 habitants, Notre-Dame-des-Landes est devenue le théâtre de la « plus grande bataille écologique française des années 2010 ». Hervé Kempf, auteur et journaliste à