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La Rochelle (Charente-Maritime) : grève illimitée des éboueurs contre Urbaser et la CDA

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Brève publiée le 4 mai 2012

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2283&id=20

Depuis le 17 avril, 52 éboueurs de la CDA (Communauté d'agglomération) de La Rochelle sur 57 sont en grève pour les salaires et pour la sécurité.

En janvier 2011, la CDA avait confié la collecte des ordures à une nouvelle société, Urbaser, filiale d'un grand groupe du BTP espagnol, qui s'est immédiatement attaqué aux salariés.

Les heures supplémentaires (obligatoires) ne sont plus payées mais récupérées, avec perte de la prime de panier et de la prime de salissure ces jours-là. La pause de vingt minutes pourtant prévue dans le contrat de reprise par Urbaser n'est plus payée.

Les éboueurs, qui pouvaient partir s'ils finissaient leur tournée en avance, voient maintenant le temps restant décompté, et on leur ajoute d'autres tournées pour compléter. Les tournées avec un seul rippeur se généralisent. Cela les met en danger : personne ne peut appuyer sur l'arrêt d'urgence si le blouson du ripeur est happé avec la poubelle.

Les grévistes réclament 300 euros d'augmentation, le paiement des pauses, deux rippeurs par camion, et des circuits de tournée sans marches arrière, car ces manœuvres viennent de causer deux morts sur le département en deux mois.

Après avoir tenté de ramasser les poubelles avec la DRH (et fait rire à leurs dépens), le directeur envoie des briseurs de grève depuis d'autres sites Urbaser (Marmande et Charleville-Mézières). Et il tente d'intimider les salariés avec huissiers et menaces de sanctions. S'y ajoute une crapulerie : les salariés avaient accepté de débloquer les camions en échange de la levée des sanctions, mais le patron a maintenu l'assignation de certains au tribunal, sans préciser ce qu'il leur reproche.

Les éboueurs ont aussi pour adversaires les donneurs d'ordre d'Urbaser : les responsables de la Communauté d'agglomération. Le vice-président en charge des ordures, un élu radical de gauche PRG, calomnie leur mouvement en prétendant qu'ils gagnent 1 700 euros pour un rippeur et 2 100 euros pour un chauffeur (la réalité est plutôt 1 400 euros et 1 700 euros, primes comprises, après trente ans d'ancienneté). Et le député-maire PS de La Rochelle, président de la Communauté, refuse de les soutenir, il se dit « neutre ». Les élus quant à eux tentent d'affaiblir le mouvement en demandant aux habitants de garder leurs ordures chez eux, malgré les problèmes sanitaires que cela pose.

Alors, les travailleurs d'Urbaser savent ne pouvoir compter que sur leurs propres forces et sur le soutien des leurs, les travailleurs de la région qui vivent des conditions similaires, et auxquels ils se sont adressé par tracts.

Correspondant LO