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Première Convention nationale des "Insoumis" à Lille

Mélenchon

Lien publiée le 17 octobre 2016

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/election-presidentielle-2017/20161016.OBS9905/melenchon-n-est-pas-melenchoniste.html?xtor=RSS-15

A bas le culte de la personnalité ! Devant ses soutiens réunis à Saint-André-Lez-Lille, pour la première Convention nationale des "Insoumis", l’ex-chef du Front de gauche a donné un premier aperçu de sa démocratie participative.

Jean-Luc Mélenchon ne parlerait pas en son nom propre. Il ne serait que le porte-étendard de son mouvement, "Les insoumis". Tel était, en substance, le message martelé par le candidat à Saint-André-Lez-Lille, près de Lille, ce dimanche 16 octobre, lors de son discours de clôture de la "Convention nationale des insoumis".

Le tribun de l'autre gauche, à qui ses anciens alliés communistes reprochent une candidature "en solo", s'est ainsi défendu de nourrir toute ambition personnelle. «"Vous pensez qu'à 65 ans, on commence une carrière ? Tout cela est absurde ! Je suis au service d'un combat auquel j'ai voué toute ma vie", lance-t-il, juché sur une tribune au beau milieu d'une vaste salle de la Halle de la Filature. Mélenchon, qui n'ignore rien des attaques récurrentes des ses adversaires sur sa "personnalisation" de la politique, insiste :

"Nous ne demandons pas aux gens qui nous écoutent d'adhérer à une personne. Notre programme, c'est 357 mesures. Il procède d'une démarche collective."

Bref, Mélenchon ne se contente pas de parler de démocratie participative, il veut la pratiquer.

Un "processus révolutionnaire"

Ce week-end, un millier de personnes avaient en effet été invitées à Saint-Andre-Lez-Lille pour plancher sur son programme, baptisé "L'avenir en commun". Parmi elles, deux tiers de tirés au sort parmi les 130.000 "soutiens" de Mélenchon qui ont manifesté leur adhésion via son sitejlm2017.fr. Tous ceux-là étaient chargés d'"identifier une dizaine de mesures emblématiques" à porter en priorité dans la campagne présidentielle. Résultat : le refus des traités de libre échange, l'abrogation de la loi El-Khomri et l'inscription de la règle verte dans la Constitution sont arrivés en tête chez les 11.362 votants.

La première "convention nationale des insoumis" ne serait pourtant qu'une étape, parmi d'autres, d'un "processus révolutionnaire" et "totalement inédit", selon les amis de Mélenchon. Dans la foulée de l'annonce de sa candidature, plus de 3.000 contributions d'internautes, doublées d'idées "d'experts et de gens de terrain", ont été récoltées puis synthétisées pour faire évoluer "L'humain d'abord", l’intitulé de son programme de 2012. Le nouveau texte d'une quarantaine de pages a été validé lors des deux premières semaines d'octobre, toujours via le sitejlm2017.fr. Une version définitive, publiée aux éditions du Seuil, est prévue pour décembre.

"Pour les 9 millions de pauvres"

Ce dimanche, Mélenchon a aussi profité de son intervention pour revenir sur le premier débat, jeudi dernier, des candidats à la primaire de la droite. Il en retient surtout les désaccords qu'ont exprimés les différents prétendants, au sujet de l'ISF : "eux, ils sont pour 1% des contribuables. Nous, pour les 9 millions de pauvres". Le thème de l'écologie, grand absent du débat à droite ("quand ils en parlent, ils feraient mieux de se taire"), lui a donné l'occasion de revenir sur ses propres propositions : sortie des protéines carnées, 100% de nourriture bio dans les cantines scolaires et retour à l'agriculture paysanne.

Point d'achoppement avec les communistes en 2012, la sortie du nucléaire figure désormais dans son programme. Tout comme la promesse de la convocation d'une Assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle Constitution, le droit de vote obligatoire et dès 16 ans ou encore l'inscription de la règle verte dans la Constitution. Au cas où il se serait mal fait comprendre, Jean-Luc Mélenchon a conclu en remettant les points sur les i :

"Vous êtes les partisans du programme l'Avenir en commun. Vous n'êtes pas des mélenchonistes, d'ailleurs je ne le suis pas."

A bas le culte de la personnalité !

Audrey Salor

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http://www.liberation.fr/france/2016/10/16/melenchon-veut-ouvrir-les-bras-aux-millions-de-personnes-qui-ne-savent-plus-ou-elles-en-sont_1522327?xtor=rss-450

Mélenchon veut «ouvrir les bras aux millions de personnes qui ne savent plus où elles en sont»

Lors de la première convention de «La France insoumise», dans le Nord, l'eurodéputé s'est posé en leader de l'opposition de gauche.

Le printemps chasse l’automne : à Saint-André-lez-Lille – une petite commune dans le nord de la France – la douceur s’est emparée du week-end. Un temps idéal pour la première convention nationale, genre banquet de famille, de «La France insoumise», le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Dans une grande salle blanche ornée d’écrans muraux, des dizaines de tables sont occupées par les insoumis, les militants de l’eurodéputé. Ils sont près d’un millier, dont les deux tiers ont été tirés au sort parmi les 130 000 citoyens qui soutiennent la candidature de l’eurodéputé, via sa plateforme, JLM 2017. Au milieu de la salle, une petite scène. Les prises de parole s’enchaînent, entre citoyens, syndicalistes et politiques.

En parallèle, un vote s’organise sur la Toile : les insoumis désignent les dix mesures prioritaires parmi les 357 qui figurent dans le programme du candidat, «L’avenir en commun». Après deux jours et 11 362 votants (sur les 130 000), on retrouve, en tête, avec 48 % des voix, le refus du traité de libre-échange en cours de négociations avec les Etats-Unis (Tafta) et celui déjà abouti avec le Canada (Ceta). Puis viennent l’abrogation de la loi travail (43,5 %) et l’instauration de la règle verte, consistant à ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer (38,5 %). Le Smic mensuel à 1 300 euros net ferme la marche des dix priorités. Retour sur le week-end.

«Attila face aux conquêtes sociales des salariés»

Samedi, pour le lancement de la convention, Jean-Luc Mélenchon reste à l’ombre. Selon ses proches, il passe la journée dans sa loge afin de«préparer son discours» du lendemain. Le candidat laisse la voix à ses fidèles : Alexis Corbière, son porte-parole, Manuel Bompard, directeur de campagne, et Charlotte Girard, coordinatrice du projet. Le trio nous convie à un point presse. L’occasion d’insister sur le «mouvement populaire qui pousse», et parler des législatives. «La France insoumise» sera présente dans toutes les circonscriptions. Parmi les candidats, la comédienne Sophie de La Rochefoucauld, le physicien Jean-Marie Brom et le syndicaliste de Florange, Lionel Burriello. «Nous avons deux échéances couplées : c’est la même campagne que nous mènerons à l’élection présidentielle et aux législatives», insiste Manuel Bompard. Comprendre : la même affiche et programme pour tous les candidats à travers le pays. Et celui, ou celle, qui ne respecte pas les règles du jeu ne fera pas partie des investis, dont la liste doit être établie fin décembre.

Dimanche matin, Jean-Luc Mélenchon marque son territoire. Dans la presse d’abord. Le candidat estime, dans le JDD, que François Hollande doit se représenter en 2017, mais que tout candidat du Parti socialiste ayant «gouverné» avec lui devra «assumer la sanction collective». Il ajoute : «Je ne serais pas d’accord avec un tour de bonneteau où viendrait un autre PS pour nous dire : “moi, je ne suis pas impliqué, je ne suis ni responsable ni coupable ! Amnistie générale”.» Il n’oublie pas Emmanuel Macron, qu’il compare à «Attila face aux conquêtes sociales des salariés». «C’est un libéral de droite, [il] donne un coup de jeune à la droite traditionnelle», dit celui qui incarne le mieux les valeurs de gauche, selon les derniers sondages.

«Le vote doit être obligatoire, avec la prise en compte du vote blanc»

11 heures 30, dernier acte de la convention. Mélenchon se présente dans la grande salle. Il monte sur la petite scène sous les applaudissements. «Nous devons ouvrir les bras parce que des millions de personnes ne savent plus où elles en sont. Quand on leur dit la gauche, ils entendent François Hollande et ils n’en ont pas envie. Quand on leur dit la droite, ils entendent les sept de l’autre soir et ils n’en ont plus envie non plus», prévient-il. Au fil des mots, l’eurodéputé se pose en «rempart» face à la droite et égratigne le favori des sondages : «Il paraît que Juppé est devenu modéré. Le modéré en question propose la retraite à 65 ans.»

L’homme se pose en première ligne. Genre «aujourd’hui, l’opposition à gauche, ce n’est pas le gouvernement, c’est moi.» Son porte-parole, Alexis Corbière, confirme à demi-mot. «Oui, mais nous voulons parler à tout le monde, pas seulement à gauche : les déçus et les abstentionnistes, qu’ils soient de droite ou de gauche.» L’orateur multiplie les pas sur scène. Il laisse de côté la droite et pose sur la table quelques mesures : «Le vote doit être obligatoire, avec la prise en compte du vote blanc. Et Je propose de mettre le droit de vote à 16 ans.»Trois mineurs installés au fond de la salle se lèvent et applaudissent.

«Vous ne voyez pas nos rêves s’accomplir ?»

La fin approche. Jean-Luc Mélenchon a un message à faire passer. Il change de ton. La voix est basse, le débit plus lent. «Bien sur qu’il y a des absents qui me manquent. Qu’est-ce vous croyez ? J’ai milité toute ma vie avec les communistes. J’ai milité toute ma vie avec des socialistes. Ils me manquent. Et je pense que c’est pareil pour beaucoup d’entre vous. Il y a déjà beaucoup de communistes ici, il y a aussi des socialistes. Et les autres, je leur dis, vous ne voyez pas la belle histoire qu’on est en train d’écrire. Vous ne voyez pas nos rêves s’accomplir ? Vous ne voyez pas tout ça ? Alors venez prendre votre part de bonheur.» Prochain grand rendez-vous de La France insoumise, dimanche 18 mars, pour un rassemblement sur la place de la Bastille, à Paris. L’occasion de voir si le message est arrivé à destination.