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17 octobre 1961 - 50 ans après, toujours les mêmes combats !

histoire

Brève publiée le 18 octobre 2016

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.vp-partisan.org/article461.html

17 octobre 1961 : le plus grand massacre d’ouvriers à Paris depuis la Commune, une répression policière féroce de la manifestation pacifique appelée par le FLN pour la levée du couvre-feu imposé aux Algériens. Les victimes : leur nombre reste incertain. La police dit alors deux, la presse de gauche dénonce un nombre plus élevé... Aujourd’hui, on sait : probablement plus de deux cents. Mohamed, Aziz, Leila et tant d’autres ont ensuite disparu pour vingt ans de la mémoire ouvrière. Pas de cortège pour eux.

8 février 1962, moins de quatre mois après, la même police aux ordres de Papon massacre huit travailleurs manifestant contre l’OAS. Le 13 février, les cercueils de Daniel, Anne, Jean-pierre, Fanny, Suzanne, Edouard, Raymond, Hippolyte, sont accompagnés au cimetière par 500 000 travailleurs en grève à cette occasion. Longtemps seuls les huit de Charonne sont commémorés, les autres emportés par la Seine où les policiers les ont jeté, sont oubliés. La mémoire ouvrière sépare les morts du 17 octobre de ceux de Charonne, au lieu de les unir !

17 octobre 1981, il y a trente ans, nous sommes fiers de rappeler que l’OCML Voie prolétarienne a été parmi les toutes premières organisations à rappeler ce massacre ouvrier d’Octobre 1961, en organisant avec d’autres un meeting à la Mutualité. Nous y avons dénoncé la responsabilité de l’Etat bourgeois « démocratique », l’impunité de sa police et la passivité complice du PCF, les mesures anti-immigrés de la gauche qui venait d’arriver au gouvernement. Aujourd’hui, beaucoup de communes de la banlieue parisienne ont apposé des plaques commémoratives et organisent des cérémonies. C’est bien ! Mais en est-on quitte pour autant ? Rendre justice aux victimes ouvrières et algériennes du 17 octobre est-ce seulement rappeler leur martyre ?

Non ! En 1961, ce n’est pas par ignorance que les travailleurs n’ont pas réagi. Ils ne pouvaient ignorer le crime. Le 18, à leur atelier, ils ont vu que certains de leurs camarades algériens manquaient. Non, la cause de leur passivité, c’est l’absence de travail internationaliste des organisations comme le PCF et la CGT, leur chauvinisme et leur réformisme.

2011 : La France est encore en guerre. Elle n’envoie plus en masse ses jeunes combattre pour une cause injuste. Mais elle intervient encore en Afghanistan ou en Libye. En 2011, la France impérialiste est en guerre économique avec ses concurrents. Et cette guerre lui impose d’écraser les travailleurs pour en tirer toujours plus de profit en sacrifiant leurs conditions de vie. Comment la bourgeoisie peut-elle nous vaincre, sinon en nous divisant, en maintenant une partie d’entre nous dans la plus grande précarité et en désignant les uns, « étrangers », comme une menace pour tous les autres ?

1961 : le PCF, la CGT s’opposent à la guerre en Algérie, mais pas par internationalisme. Ils sont « pour la Paix ». Mais ils sont contre la désertion des soldats appelés à la guerre. Le PCF exclut les militant(e)s qui soutiennent concrètement la lutte de Libération des Algériens. Ils voient bien l’indépendance comme la seule issue. Mais ne se battent pas pour. Ils la justifient seulement comme la seule solution conforme aux intérêts de la France qui trouverait ainsi de nouveaux débouchés dans une Algérie libre. Et puis l’arrêt de la guerre va, selon eux, permettre l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Alors, si les ouvriers sont en majorité contre la guerre, c’est pour leurs intérêts de Français. Ils ne sont pas solidaires de ceux des Algériens et de leur lutte nationale. Le PCF, loin de combattre cette attitude, l’alimente par ses arguments chauvins et sa passivité.

2011 : ces mêmes organisations défendent la régularisation des Sans papiers avec encore des arguments chauvins : « Il faut les régulariser parce qu’il y va de l’intérêt de l’économie française qui a besoin de ces travailleurs dans des boulots dont les autres ne veulent pas ».

2011 : cette gauche « réaliste », du PS au Front de gauche, rejette la régularisation sans condition de tous les sans papiers. Elle veut leur régularisation, au cas par cas, selon des critères fonction des besoins de l’économie française. Elle propose, comme la droite, la fermeture des frontières. En 2011, les prolétaires ne meurent plus sur le pavé parisien ou noyés dans la Seine. Chassés de leur pays par l’ordre impérialiste, beaucoup meurent en mer, sans susciter plus d’indignation que les noyés du 17 octobre.

En 2011, les prolétaires ne meurent plus sur le pavé parisien ou noyés dans la Seine. Chassés de leur pays par l’ordre impérialiste, beaucoup meurent en mer, sans susciter plus d’indignation que les noyés du 17 octobre.

En 2011 comme en 1961, ce n’est pas l’intérêt de la France que nous devons défendre. C’est l’unité de la classe ouvrière dans la lutte pour ses intérêts de classe. Seule cette unité nous permettra de faire front à la violence des attaques du capitalisme.

En 2011 comme en 1961, nous pouvons nous appeler Raymond, Anne, Manuel, Rosa, Omar, Aminata, Mamadou, Fantou ou Ganesh. Peu importe d’où nous venons. Nous faisons tous et toutes partie de la même classe, multinationale et internationale.
Notre unité se construit à contre courant. Elle se construit en affrontant divisions et préjugés, en s’opposant aux réformistes qui, par « réalisme » et opportunisme électoral, caressent dans le sens du poil ceux qui parmi nous sont sensibles aux arguments chauvins ou racistes.

Pour 2011, la leçon du 17 octobre 1961, c’est que le combat pour l’unité de la classe ouvrière de France contre le capitalisme, s’affronte toujours aux mêmes idées, aux mêmes ennemis bourgeois et réformistes. Nous ne pouvons mener ce combat que de manière organisée dans les luttes de la classe. Pour cela nous avons besoin d’une organisation communiste et internationaliste, pas seulement dans les slogans, mais dans l’action.
Déjà il y a trente ans, pour faire revivre le 17 octobre 1961, c’était le sens de l’intervention de l’OCML-Voie Prolétarienne. Aujourd’hui toujours, c’est ce que nous nous employons à construire.

Pour l’unité de la classe ouvrière, multinationale et internationale
- Non à la fermeture des frontières
- Régularisation de tous les sans papiers
- Egalité de tous les droits politiques et sociaux
- Solidarité des peuples dans la lutte contre l’impérialisme
- Non aux guerres impérialistes de la France

A lire aussi : 
- Il y a 50 ans, le 17 octobre 1961
Et sur le blog ouvalacgt :
- 17 octobre 1961 : mémoire et politique
- 17 octobre 1961 : les réactions de la CGT à l’époque