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Prison avec sursis pour 3 policiers ayant éborgné un homme au flash-ball

Violences-Policières

Brève publiée le 16 décembre 2016

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20161216.OBS2772/bobigny-prison-avec-sursis-pour-3-policiers-ayant-eborgne-un-homme-au-flash-ball.html?xtor=RSS-25

Sept ans après une intervention au flash-ball ayant causé la perte d'un œil, trois policiers ont été condamnés à de la prison avec sursis.

Depuis le 8 juillet 2009, Joachim Gatti ne voit plus que d'un œil. Ce soir-là, il a reçu un tir de flash-ball en plein visage à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Sept ans plus tard, le policier auteur de ce tir vient d'être condamné à 15 mois de prison avec sursis, assortis de 18 mois d'interdiction de port d'armes. 

Mais il ne comparaissait pas seul. Deux de ses collègues ont été appelé à ses côtés à la barre, accusés eux aussi de "violence suivie de mutilation ou infirmité permanente" sur d'autres personnes ce soir-là. Ils prennent 7 et 19 mois de prison avec sursis et 12 mois d'interdiction de port d'armes.

Ce soir-là, les forces de l'ordre sont intervenues à Montreuil pour repousser plusieurs manifestants rassemblés devant un squat, évacué le matin même. Trois policiers ont chacun tiré à deux reprises au flash-ball, blessant six personnes. La justice estime aujourd'hui qu'il n'y avait pas lieu de tirer. 

Légitime défense retoquée

Pour justifier ces tirs, les trois fonctionnaires ont plaidé la légitime défense, expliquant notamment avoir subi une "pluie de projectiles".

Une version balayée par le procureur de la République. Ni les témoignages des riverains, ni les constatations sur place n'accréditent la version des fonctionnaires, a-t-il martelé dans son réquisitoire, démontrant que les conditions pour retenir la légitime défense n'étaient pas réunies.

Après l'audience, la principale victime Joachim Gatti, qui porte à présent une prothèse d'un bleu délavé - la couleur de ses pupilles -, s'est adressé à la presse : 

"Ce jugement admet qu'il s'agit d'un cas typique de violences en réunion de policiers munis de flash-ball."

Au début du procès, il rappelait que chacun de ses amis présents ce soir là "aurait aussi pu être mutilé", via une tribune publiée par le "Collectif du 8 juillet" dans "Libération". "Pour que des flics soient traduits devant les tribunaux, il faut bouger, manifester, parler à la presse...", déplorait-il alors.

Car, - faut-il le rappeler ? -, ce procès qui s'achève àBobigny fait fortement écho à d'autres cas d'usages controversés du flash-ball par les forces de l'ordre, mis en lumière depuis 2009, notamment lors des manifestations contre la loi Travail, au printemps dernier. 

Cela concerne, pour la France, 42 blessés et un décès selon un calcul effectué par l'ACAT, l'association "Action des chrétiens pour l'abolition de la torture". Selon elle, à ce jour, 23 personnes ont été énucléés ou ont perdu l'usage d'un œil à la suite de l'utilisation de flash-ball. Et elle précise, sur son site, qu'une victime sur deux a moins de 25 ans.