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Des virements des enfants Fillon intriguent les enquêteurs

Fillon

Lien publiée le 13 mars 2017

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/affaire-fillon-un-mariage-et-quelques-arrangements-13-03-2017-6759579.php#xtor=AD-1481423553

Marie et Charles Fillon ont effectué des virements bancaires sur le compte joint de leurs parents pendant la période où ils étaient employés par leur père. Les enquêteurs s'interrogent sur la nature de ces virements.

Sur les 46 000 euros nets touchés par Marie Fillon comme attachée parlementaire de son père au Sénat, celle-ci aurait rétrocédé environ 33 000 euros sur le compte joint de ses parents. Soit plus de 70% de ses rémunérations. C’est la fille de François Fillon elle-même, qui lors de son audition du 9 février dernier, a spontanément révélé l’existence de ces virements à la police judiciaire. Depuis, ces derniers suscitent beaucoup d’interrogations chez les enquêteurs et les magistrats. S’agissait-il d’une rétrocession destinée à maintenir le train de vie des Fillon ?


Marie Fillon apporte, elle, une toute autre explication. Pour justifier ces versements à échéance régulière mais de montants différents, elle évoque le remboursement des frais engagés pour son mariage. Le 26 août 2006, elle épousait un avocat au manoir de Beaucé, à Solesmes (Sarthe), la propriété familiale. « Elle ne voyait pas en quoi son père devait lui offrir son mariage alors qu’il ne l’avait pas fait pour ses frères. Ce remboursement qu’elle a elle-même souhaité est à la fois un gage d’indépendance et d’égalité entre enfants», justifie son avocat Kiril Bougartchev.


Lors de son audition à Nanterre au siège de l’Office central de la lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), la fille du candidat de la droite à la présidentielle fournit tous ses relevés bancaires, d’octobre 2005 à décembre 2006, période durant laquelle elle travaille au côté de son père. Agée de 23 ans, elle vient alors de terminer ses études de droit et a réussi le concours d’avocat, prêtant serment deux ans plus tard.

François Fillon aurait retrouvé 14 factures


Selon Me Bougartchev, François Fillon a retrouvé au total quatorze factures (chapiteau, sono, robe de mariée, traiteur, limonadier...) pour un total de 44.000 euros, toutes à disposition de la justice. Outre ses bulletins bancaires, Marie Fillon a notamment fourni son agenda de l’époque ainsi que le badge de la bibliothèque du Sénat. Des éléments qui démontreraient que la jeune femme a effectué douze journées de recherches à la bibliothèque du Palais du Luxembourg entre octobre et décembre 2005. Le sujet de son étude ? L’évolution de la loi sur les droits d’auteur et leur adaptation à la société Internet. Par ailleurs, Marie Fillon a aussi détaillé les analyses réalisées, selon elle, pour le compte de son père dont plusieurs études comparées entre pays européens sur le thème de l’école. Une dizaine de notes, comme celle consacrée à l’absence de neutralité des manuels scolaires, aurait alimenté « La France peut supporter la vérité », l’ouvrage de François Fillon paru en 2006. Depuis son audition, Marie Fillon aurait retrouvé quatre notes de travail de l’époque qu’elle dit tenir à la disposition des juges. « Elle disposait des compétences, son salaire était raisonnable et elle a réellement travaillé sur une quinzaine de thèmes, insiste Me Bougartchev. Elle était libre d’utiliser son argent comme bon lui semble.»


L’audition de Charles Fillon, frère cadet de Marie, qui lui a succédé dès janvier 2007 avec des appointements de 4 846 euros brut mensuels, a apporté également son lot de surprises. Lui aussi effectuait des virements à destination du compte de son père et de sa mère. Entendu le même jour que Marie Fillon, dans un bureau séparé, Charles a évoqué des virements mensuels pour un pourcentage moindre, de l’ordre de 30% environ de son salaire net. Sollicité, son avocat n’a pas donné suite. « François Fillon payait à son fils une partie de son loyer et de son argent de poche, à partir du moment où il a gagné sa vie, il était normal qu’il le rembourse », argumente, pour sa part, Antonin Lévy, l’avocat de François Fillon.