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    Portugal : mobilisation contre les coupes dans la santé

    lutte-de-classe santé

    Brève publiée le 10 juillet 2012

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    LISBONNE, 10 juil 2012 (AFP) - Les coupes dans le budget santé du Portugal, volet majeur de la cure de rigueur exigée par ses créanciers internationaux, font monter la colère des patients, des infirmiers et surtout des médecins, qui entameront mercredi une grève de deux jours.

    Aux réductions de salaires et d'effectifs chez les professionnels de santé, s'ajoutent des listes d'attente et de tickets modérateurs en hausse pour les usagers du service public.

    Comme chaque matin, la queue se forme une heure avant l'ouverture du petit centre de santé à Almada, dans la banlieue sud de Lisbonne. "Le docteur ne fait que deux consultations sans rendez-vous, alors je viens très tôt pour m'assurer que ma femme sera reçue aujourd'hui", explique Antonio José, un chauffeur à la retraite dont l'épouse doit être suivie après une opération à la hanche qu'elle a attendu pendant dix ans.

    "La santé est devenu un business, ceux qui ont de l'argent s'en sortent mais pour nous autres c'est des années de galère", peste derrière lui Joao Palma, ancien électricien de 65 ans.

    Soumis à de strictes restrictions budgétaires en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011 par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, le Portugal s'est engagé à couper cette année 800 millions d'euros dans les dépenses de santé.

    Pour y parvenir, le gouvernement de centre-droit, au pouvoir depuis un an, a notamment décidé de réduire les heures supplémentaires et le remboursement de médicaments, fermer certains services et doubler les forfaits modérateurs.

    "Avant j'étais exempté, mais maintenant je dois payer 5 euros pour une consultation en centre de santé et aux urgences de l'hôpital c'est passé à 20 euros !" s'emporte Joao Palma.

    "Indignation généralisée"

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    Pour Carlos Braga, responsable du Mouvement des usagers des services de santé pour la région de Lisbonne, "des milliers de gens se voient désormais privés de soins car ils n'ont pas les moyens de payer les prix en vigueur depuis janvier".

    Jusqu'en mai, le nombre de consultations a reculé de 4,4% dans les centres de santé et de 9,8% dans les urgences hospitalières, selon les chiffres officiels.

    Dans leur préavis de grève, les médecins dénoncent eux aussi une "dégradation inquiétante et dramatique" des soins dans un pays qui apparaissait à la 12e place au classement des systèmes de santé publié en 2000 par l'Organisation mondiale de la santé.

    "Nous constatons une indignation généralisée provoquée par l'accumulation d'atteintes à la dignité des médecins" qui, comme tous les fonctionnaires portugais, ont perdu deux de leurs 14 mois de salaire, affirme à l'AFP le docteur Mario Jorge, président du Syndicat des médecins de la région sud du pays.

    Du côté du gouvernement, le ministre de la Santé Paulo Macedo s'est dit prêt à dialoguer et à faire des concessions pour éviter la grève, mais n'a obtenu qu'une fin de non recevoir des syndicats, qui promettent la plus forte mobilisation des vingt dernières années.

    Les infirmiers aussi sont montés au créneau pour exiger l'annulation d'une décision du gouvernement de recourir à des prestataires de services payés moins de quatre euros de l'heure.

    "Nous manquons d'effectifs et le gouvernement refuse d'embaucher à cause de la troïka" (UE-BCE-FMI), se plaint Célia, une infirmière qui participait vendredi dernier à une veillée devant le ministère de la Santé.

    A bientôt 40 ans, elle cumule deux emplois depuis le début de l'année dernière car "quand on a deux enfants, un seul salaire ne suffit plus à boucler les fins de mois".

    "Avant d'être infirmière, je suis usagère du système public et je suis très inquiète car je vois ce qui s'y passe", poursuit-elle, citant les économies faites à travers l'achat de matériel bon marché, ou franchement obsolète.