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Afr. sud : les mineurs d'Amplats mobilisés contre la répression patronale

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Lien publiée le 6 octobre 2012

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

RUSTENBURG (Afrique du Sud) (AFP) - Plusieurs centaines de mineurs sud-africains du site de Rustenburg (nord) d'Amplats, numéro un mondial du platine, se rassemblaient dans le calme samedi, au lendemain de l'annonce par l'entreprise du licenciement de 12.000 d'entre eux pour grève sauvage.

Ils souhaitaient rendre hommage à leur collègue tué jeudi soir par la police lors de la dispersion par la force d'une manifestation interdite.

Regroupés dans un stade, protégés du soleil par des parapluies, ils attendaient aussi que leurs meneurs leur indiquent la conduite à tenir après les licenciements massifs.

Des véhicules de police étaient positionnés alentour, et un hélicoptère survolait la zone.

Amplats, filiale d'Anglo American qui emploie 28.000 personnes à Rustenburg et y produit près d'un quart du platine mondial, a mis vendredi à exécution sa menace de licencier tous les mineurs en grève sauvage, depuis le 12 septembre, qui refuseraient de comparaître devant un conseil de discipline.

Plusieurs d'entre eux, totalement déterminés à obtenir les substantielles augmentations de salaire qu'ils réclament depuis le début de la grève le 12 septembre, menaçaient de recourir à la violence.

"S'ils ne veulent pas nous parler, beaucoup de choses vont brûler à partir d'aujourd'hui", a lancé à l'AFP Hendrick Mpondo, 27 ans. "S'ils disent qu'ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie".

Vendredi soir, trois véhicules ont été incendiés juste à côté du puits de Thembelani, l'un des site d'Amplats.

Par ailleurs, un dirigeant local du syndicat national des mines (NUM) a été abattu chez lui vendredi soir dans la ville de Marikana, à quelques kilomètres de là.

Marikana, un site exploité par Lonmin, a été le théâtre en août et septembre du plus violent conflit social en Afrique du Sud depuis la chute de l'apartheid en 1994: 46 personnes au total y ont trouvé la mort, dont 34 mineurs en grève sauvage abattus par la police le 16 août.

Depuis le début des conflits sociaux dans les mines, les grévistes expriment une vive défiance envers le NUM, accusé d'être trop proche du pouvoir et du patronat, et de ne pas défendre les intérêts des travailleurs.

La plupart des grèves sont d'ailleurs des grèves spontanées -- et illégales --, même si une formation dissidente du NUM, l'AMCU, semble y avoir joué un rôle important.

"Le NUM est choqué par ce nouvel assassinat de l'un de ses dirigeants à Marikana", a déploré le syndicat majoritaire dans un communiqué: "Ceci se produit après la mort d'un autre syndiqué du NUM le week-end dernier, et après une attaque contre un autre de nos dirigeants locaux qui a pu s'échapper, mais dont la femme a été tuée".

Ces incidents, rapportés par le NUM, n'ont pas fait l'objet de communiqués de police, et n'étaient pas connus des médias sud-africains. Ils porteraient à au moins sept le nombre de personnes tuées en marge du conflit social d'Amplats en une semaine.

Près de 100.000 personnes, mineurs de plusieurs secteurs, mais également transporteurs routiers, sont en grève actuellement en Afrique du Sud pour réclamer de meilleurs salaires.

Le président Jacob Zuma, assez peu présent depuis le début de la crise, a répété cette semaine que ces conflits sociaux à répétition étaient dangereux pour l'économie, et risquaient de faire fuir les investisseurs.

"Nous ne devrions pas chercher à nous montrer nous-mêmes comme une nation perpétuellement en train de se battre", a lancé le chef de l'Etat jeudi devant des chefs d'entreprise.

Les investisseurs redoutent que le durcissement des fronts à Amplats ne fasse qu'aggraver une crise qui paralyse le secteur minier, poumon économique du pays qui contribue à presque 20% du PIB sud-africain.

"Le gouvernement ne fait rien", constatait vendredi Peter Attard Montalto, analyste stratégique à la banque japonaise Nomura, affirmant que les grèves avaient déjà coûté entre 0,2 et 0,3% de croissance au troisième trimestre.