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Gauche anticapitaliste (Belgique): "Pour une politique unitaire de gauche"

Belgique

Lien publiée le 16 juin 2019

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Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://www.gaucheanticapitaliste.org/pour-une-politique-unitaire-de-gauche/

En Belgique, la campagne électorale européenne a été complètement éclipsée car elle a coïncidé avec les élections fédérales. Et il en fut de même pour les élections régionales des parlements flamand, wallon, germanophone et bruxellois. Pour comprendre ce qui était en jeu et ce qui s’est exactement passé, nous devons considérer les choses d’un point de vue fédéral et belge. De ce point de vue, en fait, deux camps s’opposaient, avec un parasite politique en marge.

PERTE POUR LE ” CENTRE EXTRÊME “

D’un côté de la fracture se trouvaient les partis de ” l’extrême centre ” néolibéral – (comme les définit l’auteur pakistanais-britannique Tariq Ali). Il s’agissait essentiellement de partis qui faisaient partie de la coalition du gouvernement fédéral – du côté flamand, le nationaliste N-VA, le libéral OpenVLD et le chrétien-démocrate CD&V ; du côté français, seul le libéral MR (en Belgique francophone, le gouvernement fédéral sortant n’avait pas de majorité). Tous ces partis ont fortement reculé à tel point qu’il est tout à fait impossible que la coalition sortante se poursuive. En même temps, les partis d’opposition qui, dans le passé, faisaient partie de coalitions au gouvernement fédéral – et qui appliquaient alors aussi les politiques d’austérité néo-libérale ! – ont également régressé de façon significative. Par exemple, le PS social-démocrate obtient le pire résultat depuis l’introduction du droit de vote universel et unique des hommes en 1919. Il en va de même pour leurs homologues flamands du SP.a. Les deux plus grands partis de l'”extrême centre” – la N-VA et le PS – ont chacun perdu pas moins d’un cinquième de leur électorat.

LES MANTRAS DU NÉOLIBÉRALISME

Tous ces partis de l'”extrême centre” ne doivent s’en prendre qu’à eux. Depuis plus de quarante ans, ils n’ont rien fait d’autre qu’introduire et mettre en œuvre les mantras du néolibéralisme. Tantôt avec des accents plus doux, de centre-gauche, tantôt avec des accents plus durs, de centre-droite, mais toujours de manière à ce que la majorité de la population en paye le prix fort, ce qui fut tout profit pour les riches, des grandes entreprises et des intérêts financiers.

ÉLÉMENTS DU PROGRAMME SOCIAL

Face à ces partis de l’extrême centre se trouvaient deux autres partis, un écologiste progressiste et un radical de gauche – Groen/Ecolo et PVDA/PTB. Les deux ont fait un bond spectaculaire. Les écologistes, surtout en Belgique francophone (bien qu’ils aient aussi fait quelques progrès en Flandre). Le PVDA/PTB (le seul parti unitaire belge restant) a fait des progrès significatifs en Belgique francophone et a connu une percée en Flandre. Pour ce faire, les deux partis se sont concentrés sur leur programme social. C’était particulièrement le cas pour le PVDA/PTB, qui a mis en avant un programme radical, mais en même temps social-démocrate – avec un accent sur les victimes de la politique néolibérale (mais seulement pour les électeurs qui pouvaient voter) : les travailleurs et les employés, les retraités, les chômeurs, les malades et les nécessiteux (les victimes non-votantes des politiques néolibérales – comme les demandeurs d’asile et autres migrants sans papiers – restaient hors-jeu). Pour leur part, les écologistes s’étaient surtout concentrés sur les questions liées à la crise climatique, en essayant de les relier aux défis sociaux (ce que le PVDA/PTB a d’ailleurs également fait).

LES VERTS SUR LA DÉFENSIVE

Il faut dire que les écologistes flamands de Groen ont eu moins de succès dans leur tentative de relier l’écologie au social. Ils se sont rapidement sentis obligés de rester sur des positions minimalistes face à leurs adversaires néolibéraux – y compris sur des questions telles que l’abolition des ” voitures d’entreprise ” et l’introduction d’un impôt sur les gains du capital. La raison de cette attitude défensive doit être recherchée dans la volonté exprimée par les Verts flamands de pouvoir rejoindre une nouvelle coalition gouvernementale dès que possible. Mais les électeurs flamands n’ont manifestement pas trop apprécié ; ce qui a eu pour conséquence que la « vague » verte en Flandre est finalement restée très modeste.

UN PARASITE FASCISTE

Comme nous l’avons dit, il y avait aussi un parasite dans le jeu politique. Ce parasite est le fasciste et raciste Vlaams Belang. Parasite parce qu’ils ont picoré puis rafistolé dans leur programme ce qui leur convenait le mieux de part et d’autre de la grande fracture politique : les considérations les plus rancunières contre le « centre extrême » sur les migrants et les revendications sociales les plus lisibles de la gauche radicale. Leur programme consistait donc en un ensemble de déclarations démagogiques de type « national-socialistes ». Autrement dit, dirigées contre les immigrés et l’islam et contre « le système politique du pampers » tout en étant liées à des revendications clairement sociales (mais uniquement au bénéfice de son « propre peuple » !). Par exemple une pension minimale de 1 500 euros par mois, la réduction de l’âge légal de la retraite de 67 à 65 ans, une baisse de la TVA de 21% à 6% sur l’électricité, etc. Avec ces éléments programmatiques « de gauche », le Vlaams Belang se situait directement dans le terrain du PVDA.

DIFFÉRENTS COMPORTEMENTS DE VOTE SELON LES RÉGIONS

L’électorat, qui est plus que fatigué de la politique de dégradation antisociale en cours, a dû faire un choix difficile dans ces circonstances. En français, le terme « une  défaite dans la victoire » a été utilisé. En Flandre, le PVDA a percé dans trois provinces (Anvers, Flandre orientale et Limbourg). En Flandre, cependant, c’est le Vlaams Belang fasciste qui a le plus gagné. La combinaison du racisme, de l’islamophobie et des revendications sociales a clairement fait du bien au parti. La Belgique francophone a quant à elle massivement voté pour les écologistes d’Ecolo et pour le PTB. En Belgique néerlandophone, c’était plus compliqué. Les Verts flamands n’ont que peu progressé (par rapport aux sondages plutôt favorables, on peut parler d’une «  une défaite dans la victoire »).

LE RÔLE DES MÉDIAS

Pourquoi cette différence entre les résultats francophones et néerlandophones ? Nous devons conclure que le nationalisme flamand est et reste un phénomène important. Ce produit de l’histoire (dont il ne faut jamais oublier que l’origine réside dans la non prise en compte de l’oppression flamande par la social-démocratie, qui est ainsi toujours restée minoritaire en Flandre) ne va pas disparaître facilement. Les politiques néolibérales des 40 dernières années n’ont fait que la renforcer et la radicaliser à droite. La tentative de la N-VA en particulier d’utiliser le nationalisme flamand pour approfondir la politique néolibérale du capitalisme et marginaliser le CD&V a été un succès dans une première phase. Mais ce succès – banaliser le racisme (Francken !) d’une part et propager l’insécurité sociale d’autre part – a, dans une deuxième phase, rouvert la porte à l’extrême droite.

DÉMAGOGIE SOCIALE

La démagogie « sociale » du Vlaams Belang a bien fonctionné et lui a permis d’exploiter pleinement cette situation. Son succès auprès des jeunes électeurs en est l’expression. Et ce succès s’explique aussi par la perte de vision historique de nombreux jeunes, conséquence d’une politique éducative flamande qui met de plus en plus l’accent sur les orientations « scientifiques pures » alors que les cours d’histoire deviennent secondaires. Même si sa percée n’est pas plus importante sur le plan quantitatif qu’en 2004 (Chambre des représentants et Parlement flamand), le VB se trouve aujourd’hui dans un rapport de force plus favorable. Le danger pour la gauche est donc plus grand que par le passé.

Néanmoins, nous ne pouvons ignorer l’écrasante responsabilité des médias. Dans les médias francophones, les démagogues qui tentent d’utiliser des positions racistes et/ou poujadistes sont rarement, voire jamais, invités aux débats politiques. Il est ainsi beaucoup plus facile de canaliser l’insatisfaction vers les partis qui critiquent ou attaquent le système existant avec des points de vue plutôt à gauche. Dans les médias flamands, c’est complètement différent. Le cordon médiatique vis-à-vis des racistes fascistes du Vlaams Belang était depuis longtemps caduc. Les dirigeants de ce parti apparaissent à la télévision et se sont également régulièrement exprimés dans la presse populaire.

LA VILLE PAR RAPPORT AUX ZONES RURALES

Un deuxième élément concerne le contraste entre les zones urbaines et les zones rurales. Dans les villes flamandes, le Vlaams Belang obtient de mauvais résultats, conséquence de changements démographiques qui ont modifié le profil de leur électorat. Par exemple, les villes comme Anvers, Bruxelles, Gand et Genk sont de plus en plus habitées par des personnes issues de l’immigration. Il n’est pas surprenant que le PVDA, en particulier, obtienne de bons résultats dans ces villes. Ce n’est pas encore le cas dans les régions plus rurales de Flandre. C’est surtout dans ces zones rurales que le Vlaams Belang atteint de hauts sommets.

CRÉDIBILITÉ ?

Mais pourquoi, dans ces villes flamandes, est-ce surtout le PVDA qui a réalisé de bons scores et non la social-démocratie ? Après tout, le SP.a. s’est aussi présenté avec un programme d’apparence sociale et de gauche, n’est-ce pas ? La raison pour laquelle les électeurs de gauche ont choisi le PVDA est plutôt liée à son manque de crédibilité. Le SP.a a peut-être des revendications de gauche, mais son choix après les dernières élections communales de former une coalition dans une ville comme Anvers, avec les nationalistes de droite de la N-VA de tous bords, a très clairement montré qu’il n’était pas prêt à se battre pour ce programme de gauche. Le PVDA en a tellement profité qu’il est aujourd’hui la plus grande force de gauche dans la ville de l’Escaut.

CANDIDAT D’OUVERTURE

Le fait que le PVDA de la province d’Anvers n’avait qu’un seul candidat d’ouverture sur sa liste n’est pas sans importance : notre camarade Peter Veltmans, qui s’est présenté au nom du SAP. Avec un programme ouvertement anticapitaliste, s’est avéré non seulement être « le candidat de gauche le plus radical sur une liste” (comme l’a décrit la radio libre locale Radio Centraal). Avec ce programme anticapitaliste, il a plus que doublé son score personnel par rapport à 2014, il est passé de 830 à 1691 votes de préférence. Cela renforce notre conviction qu’un véritable déplacement vers la gauche a eu lieu.

PLUS DE PROTECTION SOCIALE ?

Pour la classe dirigeante belge, une période décisive approche. Elle ne peut ignorer le fait qu’une très grande partie des électeurs s’est clairement prononcée en faveur d’une plus grande protection sociale et donc contre la poursuite de la destruction de celle-ci. Il n’y a, bien sûr, pas un seul capitaliste qui pense, qui imagine même, apporter l’ombre d’une réponse aux aspirations sociales des exploités et des opprimés en général ! Mais rappelons que cette aspiration à une plus grande protection sociale est largement dénaturée par le fait qu’une partie de l’électorat flamand veut limiter ce droit à ce que l’on appelle son « propre peuple ». Cela signifie probablement aussi – comme le souligne un journaliste flamand – que cette partie plus rance de l’électorat flamand pourrait en principe « être séduite par un programme socialiste de changement social de gauche ». Mais à une condition : que ce programme de gauche soit explicitement valable non seulement pour « nos gens », mais aussi pour les étrangers en général et les migrants en particulier.

Ce ne sera certainement pas facile. Les défenseurs du Capital – tous les partis de l’« extrême centre », dans une certaine mesure aussi les écologistes et les médias qui relaient servilement les intérêts des dominants – sont déjà prêts à reformuler le message fondamentalement social des électeurs. C’est donc une tâche majeure pour la gauche cohérente et les mouvements sociaux.

LA RESPONSABILITÉ DES DIRIGEANTS SYNDICAUX

Fin 2014, notre pays a connu l’un des mouvements de grève les plus importants de ces dernières décennies contre les plans ultralibéraux d’austérité et de démolition des services public du gouvernement Michel I. Un mouvement avec un programme de revendications et un plan d’actions clair. En outre, il y avait un large soutien autour des syndicats d’autres mouvements sociaux, avec un rôle important pour Hart boven Hard à cet égard. Il y a eu un regain d’espoir et une occasion réelle de renverser le gouvernement fédéral et d’inscrire ses propres revendications sociales en tête des priorités au cours de cette période. Cet espoir a été gaspillé, l’occasion a été perdue, dès lors que les dirigeants syndicaux ont arrêté le mouvement pour tout miser sur le dialogue social. Cette chimère de la concertation sociale qui, pendant des années, n’a pratiquement rien donné et qui continuera à rien donner ! Entre-temps, la peau du gouvernement Michel I avait été sauvée.

Dans les années qui ont suivi, les dirigeants de la FGTB et de la CSC se sont principalement concentrés sur le soutien à leurs « amis politiques » du PS/SP.a et du CdH/CD&V, dans l’espoir qu’ils feraient mieux en 2019. Et pendant ce temps, semaine après semaine, les gouvernements de droite ont lancé de nouvelles attaques contre les acquis sociaux, auxquelles ils n’ont réagi que timidement, voire pas du tout. Aujourd’hui, nous posons le constat amer de ce qui n’était que trop prévisible : la faillite lamentable de cette stratégie.

Un changement radical de cap de la part du mouvement syndical est désespérément nécessaire. Les leçons à tirer du mouvement de grève de 2014 et des années suivantes doivent être tirées après un large débat démocratique dans les syndicats eux-mêmes. Dans l’intervalle, les syndicats doivent développer pleinement leurs propres revendications politiques, demander que leurs affiliés les soutiennent et se mobilisent activement autour d’elles. Pourquoi attendre la formation de nouveaux gouvernements, qui de toute façon ne rompront pas avec la politique d’austérité néolibérale ? Ils ont également tout intérêt à participer activement à la lutte contre l’extrême droite et contre le racisme, sur les lieux de travail et dans les quartiers

Pour l’ACV et beweging.net, la question cruciale de leur relation avec le CD&V se pose également. Se laisseront -ils encore enchaîner à un parti toujours prêt pour aider à faire adopter la politique d’austérité néolibérale ? Ou choisiront-ils enfin de défendre leurs propres revendications politiques et sociales de manière indépendante et d’aider à construire un front syndical commun fort qui va dans le sens d’un véritable changement social ?

DIRECTION DU PVDA/PTB

La direction du PVDA/PTB est maintenant confrontée à une très grande responsabilité. L’orientation qu’elle prendra à partir d’aujourd’hui déterminera dans une large mesure si les couches de population inégales en Flandre et en Belgique francophone pourront, à terme, être effectivement gagnées par un programme socialiste de changement social de gauche. Il n’est pas inévitable qu’il en soit ainsi, mais les racines historiques du PVDA/PTB peuvent leur jouer un mauvais tour. Deux problèmes se posent :

  1. Sa victoire électorale majeure encouragera le PVDA/PTB à poursuivre sur sa voie de construction solitaire et linéaire, indépendamment de la recomposition des mouvements sociaux (à moins qu’il ne les dirige) et, en particulier, de la nécessaire construction d’une gauche syndicale. La construction du parti doit être la solution à tous les problèmes… comme c’était le cas de la social-démocratie avant 1914. Le PVDA/PTB continue d’être le seul parti unitaire belge. En conséquence, il reporte toute solution aux complexe problèmes institutionnels de ce pays jusqu’à ce qu’il obtienne une majorité dans le pays… et donc aussi en Flandre. Au lieu de cela, le PVDA/PTB pourrait chercher les conditions dans lesquelles un véritable fédéralisme démocratique permettrait d’abolir la monarchie (et rendrait possible une république démocratique radicale). Ainsi que les conditions pour briser les blocages institutionnels, en forçant la FGTB wallonne à clarifier son projet de majorité progressive en Wallonie et en forçant le PS-Ecolo à se tourner vers un gouvernement de gauche en Wallonie qui romprait avec les politiques néolibérales.
  2. En même temps, dans un passé récent, le PVDA/PTB a défendu bec et ongles l’héritage de la période du Front populaire dans l’histoire du mouvement communiste. Quiconque connaît cette histoire sait que la stratégie du Front populaire – une coopération entre les dirigeants des partis bourgeois, communistes, socialistes et « antifascistes », basée sur un programme qui ne rompt pas avec le capitalisme – ne s’est jamais avérée être une arme suffisante contre la montée du fascisme, ni pour obtenir une meilleure protection sociale. Les progrès sociaux réalisés par le mouvement ouvrier en France et en Belgique dans les années 1930 ont été obtenus par les mouvements de grève et les luttes ouvrières autonomes, et non par la politique ou les gouvernements du Front populaire.

Il ne s’agit pas d’un débat purement historique. Un certain nombre de faiblesses dans la politique du PVDA/PTB, telles que son attitude actuelle totalement dépourvue de toute critique à l’égard de l’appareil syndical, son contournement des questions « difficiles » telles que la politique d’asile et le racisme dans son matériel électoral et ses campagnes de masse, son refus de remettre en cause radicalement le productivisme capitaliste, son manque de clarté envers l’UE, la suppression de revendications comme la sortie de l’OTAN ou la demande pour une République démocratique, etc. trouvent leurs origines dans une orientation « front populaire ». Cette orientation ne contredit en rien un projet de construction d’un parti linéaire et une vision du « parti leader du front » (des mouvements sociaux ou démocratiques, sans respect pour l’autonomie de ces mouvements ni pour le pluralisme au sein de ces mouvements).

VERS UNE POLITIQUE UNITAIRE DE GAUCHE ?

Il faut donc espérer que le PVDA/PTB s’inspirera plutôt d’un héritage complètement différent : celui de la politique unitaire de l’Internationale communiste des débuts des années 1920. Une politique qui fait appel aux sympathisants des Verts, des socialistes et des démocrates-chrétiens autour d’un programme ouvertement social, assorti d’un plan d’action crédible et soutenu pour y parvenir.

Le PVDA/PTB pourrait peut-être prendre comme exemple les paroles de Marc Leemans, président du syndicat chrétien flamand ACV. Dans un discours de Rerum Novarum, il s’est prononcé en faveur d’un tel programme social : « Nous avons besoin d’un cadastre des fortunes et de la propriété avec un impôt sur les plus-values pour que tous les revenus soient finalement imposés de manière équitable. La Loi salariale doit être réformée pour que les employés reçoivent une juste part du gâteau. Le crédit-temps, les pistes de fin de carrière et les congés thématiques doivent être rétablis afin que les gens puissent garder leur fin de carrière supportable. Il faut mettre un terme à la casse de la sécurité sociale en mettant fin aux réductions d’impôt sur les salaires pour les employeurs et les systèmes tels que les flexi-jobs. Et il y a un besoin urgent d’une action sérieuse pour le climat ».

Le PVDA/PTB pourrait nous faire une proposition concrète pour un plan d’action soutenu, afin que ces revendications puissent enfin être appliquées. Proposer un plan d’action anticapitaliste cohérent serait accueilli avec enthousiasme par des milliers de militants syndicaux. A long terme, cela pourrait aussi ouvrir la porte à une véritable stratégie vers le pouvoir, une stratégie qui fait aujourd’hui défaut au PVDA/PTB.

QU’EN EST-IL DE L’EUROPE ?

Toutes ces réserves sur l’orientation politique, le développement d’une politique unitaire et la création d’une stratégie de prise de pouvoir – aussi importante sont-elles – ne signifient rien par rapport au vrai patron: l’Union européenne et ses règles budgétaires despotiques. En 2013, nous avons vu en Grèce à quel point les marges étaient étroites, en réalité quasi inexistantes, pour forcer une politique qui rompe avec les politiques d’austérité pour ouvrir la porte à plus de solidarité et à une protection sociale accrue. Pour y parvenir, il est essentiel de rompre avec le despotisme de l’Union européenne.

Malheureusement, cette connaissance et prise de conscience qui l’accompagne sont pratiquement inexistantes en Belgique. La perspicacité et la conscience, cependant, ne sont pas seulement des choses qui tombent du ciel. La perspicacité et la conscience doivent être développées. C’est là aussi une tâche à laquelle la gauche en général et le PVDA/PTB en particulier ne peuvent et ne doivent pas échapper. Heureusement, les bons résultats électoraux du PVDA/PTB sont déjà un bon début. Ce début devra être nourri et développé d’avantage. Il n’y a aucune raison de douter de la possibilité que cela se produise. Nous n’avons rien à perdre et un monde à gagner !