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Aymeric Caron rejoint Jean-Luc Mélenchon
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Pourquoi rejoignez-vous Jean-Luc Mélenchon ?
Depuis une vingtaine d'années, Europe Ecologie-Les Verts s'est embourbé dans d'innombrables compromissions politiques, notamment avec le PS. Les Verts manquent encore de radicalité. Pour contrer cela, nous avions lancé notre parti, la Révolution écologique pour le vivant (REV), il y a quatre ans, pour apporter un contre-discours à EELV. Aujourd'hui, nous constatons de nombreuses convergences avec le programme de L'Avenir en commun. Sur la nécessité d'une écologie antilibérale et sur la rupture avec la Ve République, nous nous retrouvons. Le camp de la gauche et des écologistes est un champ de ruines. La candidature de Jean-Luc Mélenchon est la seule à être porteuse d'espoir. Pour baisser le CO2, pour enrayer la perte de la biodiversité, on ne peut plus tergiverser : l'urgence, c'est maintenant.
EELV fait de l'écologie d'ajustement ; nous, nous appelons à tout repenser
Que reprochez-vous à Yannick Jadot ?
Si on veut vraiment changer le cours des choses, l'écologie est chez Jean-Luc Mélenchon. EELV fait de l'écologie d'ajustement ; nous, nous appelons à tout repenser. La ligne de Jadot consiste à ne pas être trop radical, à aller se faire applaudir devant le Medef en jurant ne pas être antilibéral. Cette écologie molle ne correspond pas à la nécessité du moment : moins produire, moins polluer. EELV manque aussi d'audace sur les droits des animaux. Je milite pour une écologie qui accorde une valeur intrinsèque au vivant et non pas une valeur utilitaire. Il y a un an, la question aurait pu se poser de rejoindre le pôle écolo autour d'EELV. Mais ce parti vit la situation que connaissait le PS voilà une décennie : ne voulant pas trancher, il est empêché d'avancer. Entre un Jadot et une Rousseau, ça ne peut pas fonctionner autrement que par une espèce de consensus dû à une nécessité électorale.
Quid de la candidate du Parti animaliste, Hélène Thouy ?
C'est presque irresponsable de partir dans une démarche solitaire quand on sait qu'elle est vouée à l'échec. L'heure n'est plus aux candidatures de témoignage! L'ambition est de diriger le pays, il n'est pas possible de parler uniquement des droits des animaux.
Auriez-vous aimé que Jean-Luc Mélenchon participe à la primaire populaire?
Non, pas du tout. Le principe est intéressant, mais au final cela se révèle un peu amateur et pas très sérieux. Cette primaire repose sur 10 lignes programmatiques qui sont autant de grandes incantations désincarnées. Mélenchon a beaucoup travaillé, je comprends qu'il n'ait pas envie de se soumettre à un processus avec des gens qui ont à peine un programme.
Le Parti communiste reste ancré dans des vieux modèles idéologiques dépassés
Le candidat communiste, Fabien Roussel , déclarait : "Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, c'est la gastronomie française." Vous défendez, vous, l'interdiction de la consommation de viande?
Le Parti communiste reste ancré dans des vieux modèles idéologiques dépassés. Il n'arrive pas à accrocher le XXIe siècle. La REV prône en effet la fin de l'exploitation animale et donc, à terme, la fin de la consommation de la viande. Mais nous n'arrêterons pas la consommation de viande d'ici un ou cinq ans! Dans un premier temps, la REV soutient toutes les mesures favorisant la diminution de cette consommation, la suppression de l'élevage industriel et les pratiques qui portent préjudice au bien-être animal.
Idem pour la pêche?
Absolument. Nous sommes l'écologie qui propose un modèle de société pour dans cinquante ans. Notre utopie est de créer des points d'horizon, qui peuvent paraître inatteignables, mais qui sont les seuls possibles aujourd'hui à viser. L'utopie aujourd'hui est chez ceux qui nous gouvernent qui pensent que les politiques mises en place sont réalistes par rapport aux enjeux alors qu'elles nous mènent dans le mur.
Sur la réduction du temps de travail, nous avons un horizon à 20 heures par semaine
Y a-t-il des mesures sur lesquelles vous souhaitez aller plus loin que les Insoumis?
Nous participerons aux discussions sur toutes les thématiques où nous pourrons apporter quelque chose. Sur la réduction du temps de travail, nous avons un horizon à 20 heures par semaine, contre 32 heures dans le programme pour le quinquennat à venir. Nous sommes aussi pour l'abolition de la chasse, là où LFI prévoit surtout l'interdiction des pratiques les plus cruelles, comme la chasse à courre. On va discuter. Nous gardons notre indépendance. La REV reste la REV. Nous sommes dans un partenariat.
Envisagez-vous de vous présenter aux législatives?
Oui, je l'envisage. Chacun doit s'engager. On ne peut plus se cacher. Aujourd'hui, une délégation de la REV dont je fais partie entre dans le parlement de l'Union populaire, le parlement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Pour les législatives, nos candidats REV partiront sous la bannière de l'Union populaire. La volonté est celle d'une alliance sur le long terme.
Faut-il voir dans cet engagement une continuité avec votre travail en tant qu'auteur?
C'est la suite logique. Dans mon dernier roman*, je raconte le destin d'une famille dont beaucoup de membres se sont engagés pour la défense du vivant. Ce livre parle de la nécessité de ne pas laisser faire. C'est trop facile d'observer et de se dire que les autres vont s'en charger.
* Nous mourrons de nous être tant haïs (Robert Laffont).




