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Montlignon : la maison de retraite évacuée à cause d’une grève

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Brève publiée le 30 septembre 2013

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Parisien) Un défilé d’ambulances, des allers venues de brancards transportant des personnes âgées au regard éberlué, et des proches de résidents furieux ou impuissants. C’est l’incroyable scène qui s’est déroulée hier en fin d’après-midi à la maison de retraite Moulin Larive à Montlignon (Val-d’Oise).

Les 21 résidents ont été dirigés vers d’autres établissements en Ile-de-France. La raison de cette évacuation express? Une grève du personnel. Le matin même, les 25 salariés de l’établissement ont décidé à l’unanimité de cesser le travail. Et la direction a choisi d’évacuer. « C’est la seule solution que nous ayons trouvée à court terme », explique Nadine Vinel, la directrice. Une situation que dénonce le personnel. « La direction ne veut pas discuter de nos conditions de travail qui sont déplorables, résume Stéphanie, déléguée du personnel de cet établissement du groupe Mapad Santé et qui réclame notamment une hausse des salaires. Au lieu de négocier, elle préfère s’en prendre aux résidents, pour nous faire culpabiliser. »

« Nous sommes fortement déficitaires, et les salariés ont déjà reçu une prime en février » répond Nadine Vinel. Enfermée dans son bureau, la directrice enchaîne les coups de téléphone. Il faut trouver des places et organiser les transports. C’est également elle qui a distribué, chambre après chambre, le repas du midi.

Jacques et Janine déboulent dans le hall. « On vient d’être prévenu, explique le retraité qui rend visite deux fois par semaine à sa mère, Bruna, âgée de 102 ans. Je n’ai jamais vu un tel cirque! Ça serait quand même plus simple de se mettre autour d’une table et de discuter ». Colette, elle, est venue chercher le dossier médical de sa mère, transportée à Andilly. « Elle est très troublée par tout ce bazar, soupire-t-elle. Je me suis demandé si ça n’allait pas l’achever ».

Il est un peu plus de 19 heures, samedi. Le repas du soir, servi d’ordinaire à 18h30 n’a toujours pas été distribué. « Les personnes mangeront à leur arrivée dans leur résidence d’accueil », assure la direction.

Albertine, 85 ans, arrive dans le hall, appuyée sur sa canne. « Que se passe-t-il? » Personne n’a pris la peine de lui expliquer la situation.

Assise sur son lit, sa valise posée à côté d’elle dans sa petite chambre joliment décorée, Germaine attend, le regard inquiet. « Je veux rester ici! J’y ai toute ma vie. Je m’entends bien avec tout le monde. Ils n’ont pas le droit de m’emmener! » souffle-t-elle, les larmes aux yeux. Comme les autres, elle sera finalement embarquée à bord d’une ambulance.

Peu avant 21 heures, la grande bâtisse plantée au milieu d’un parc est déserte. Pour combien de temps? « Nous verrons comment évolue la situation dans les prochains jours », glisse Nadine Vinel.