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Grève inédite d’ouvrières chinoises sans papiers à Paris

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Brève publiée le 6 mars 2014

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Monde) Soutenues par la CGT, sept Chinoises sans papiers occupent depuis le 3 février l'onglerie parisienne qui les emploie, un conflit social inédit dans cette communauté. Elles exigent le versement de deux mois de salaire impayés.

« C'était toujours 'attends demain' et jamais payée », témoigne dans un français hésitant Feng Zhen Zhai, 51 ans, employée depuis quatre ans dans cette onglerie.

Quelques jours après avoir déposé vernis et ciseaux, les grévistes ont contacté la CGT, qui soutient régulièrement des actions de travailleurs sans papiers. Depuis le 10 février, des militants de la centrale occupent avec elles leur petit local de travail, dans le quartier cosmopolite de la gare de l'Est. « C'est le premier conflit collectif que nous soutenons dans la communauté chinoise », souligne Raymond Chauveau de la CGT.

Elles ont même convaincu deux Ivoiriennes sans papiers, coiffeuses à l'étage supérieur, de se joindre à leur action. « Nous étions toutes en colère, mais on ne savait pas quoi faire, les Chinoises ont pris l'initiative », commente Adja, 33 ans, en faisant un brushing.

L'EMPLOYEUR EN FUITE

Depuis le 15 février, ces femmes ont repris le travail, mais les recettes alimentent une caisse de solidarité qui « leur permettra de durer encore longtemps », selon M. Chauveau.

Leur employeur, gérant des lieux, a disparu. Fortes d'un rapport de l'inspection du travail, les neuf femmes demandent désormais au préfet de police de lesrégulariser au titre de leur travail, comme le permet une circulaire de 2012.

Ce n'est pas la première fois que les travailleurs chinois en situation irrégulière enFrance manifestent leur besoin de faire reconnaître leurs droits. Pour M. Chauveau, ce conflit illustre particulièrement le militantisme croissant des travailleurs sans papiers qui, selon lui, « n'en peuvent plus des conditions de surexploitation dans lesquelles ils sont maintenus ».