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Grève SNCF : d’importantes perturbations à prévoir mercredi

lutte-de-classe SNCF

Brève publiée le 10 juin 2014

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Le Monde) D'« importantes perturbations » sont à prévoir a averti, lundi 9 juin, la SNCF, àpartir de mardi soir et surtout mercredi, sur le réseau ferré, en raison de l'appel à la grève des cheminots.

La SNCF recommande aux voyageurs qui en ont la possibilité de reporter leurs déplacements, car très peu de train circuleront : un train sur deux ou trois pour les TGV, un TER sur trois, et un Transilien sur trois en Ile-de-France.

Dans le détail, un TGV sur deux circulera sur les axes nord et est, et seulement un sur trois sur les axes atlantique et sud-est. Le trafic des Eurostar sera normal, et trois Thalys sur quatre seront en circulation.

LA RÉFORME FERROVIAIRE EN QUESTION

L'appel à la grève a été lancé par la CGT, premier syndicat chez les cheminots, et SUD-Rail, troisième syndicat. Deux autres organisations, FO et la First (Fédération indépendante du rail et des syndicats des transports), se sont jointes au mouvement, qui prendra effet mardi à 19 heures et sera reconductible par période de vingt-quatre heures.

Cette grève a lieu à une semaine de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de réforme ferroviaire (à partir du 17 juin). Destiné à stabiliser la dette du secteur ferroviaire et à préparer son ouverture totale à la concurrence, le texte prévoit deréorganiser la SNCF et le Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau.

Mais pour les syndicats, le projet ne règle en rien le problème de l'endettement et ne va pas assez loin dans la réunification des deux entreprises, séparées en 1997.

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Les cheminots se mettent en grève contre la réforme ferroviaire

Le secrétaire d'Etat aux transports, Frédéric Cuvillier, aura tout fait pourdésamorcer la mobilisation contre la réforme ferroviaire. Mais rien n'y fait. La CGT et SUD, premier et troisième syndicats de la SNCF, qui réprésentent à eux deux 52,5 % des cheminots, ont lancé un mot d'ordre de grève reconductible à partir de mardi 10 juin, 19 heures.

Officiellement, les deux organisations demandent des éclaircissements sur des sujets précis de l'organisation du travail au sein de la SNCF, notamment le transfert de la gestion des prestations familiales des cheminots à la Caisse nationale des allocations familiales… En fait, la CGT et SUD s'invitent dans le débat sur la réforme ferroviaire. Jeudi, M. Cuvillier doit recevoir ces deux syndicats et l'UNSA, tandis que le texte de loi portant la réforme est examiné à l'Assemblée nationale à partir du 17 juin.

Avec près d’un million de malades soignés chaque année, le don de sang est un acte généreux et solidaire.

Pour les deux syndicats de la compagnie nationale, cet appel à la grève doit non seulement permettre de se compter, mais également maintenir le gouvernement sous pression. Jusqu'ici, cette stratégie a plutôt bien fonctionné.

Même s'ils ne veulent pas le reconnaître, la CGT et SUD ont déjà obtenu beaucoup de la part des pouvoirs publics. Le texte de loi, très technique, oublie opportunément de mentionner l'ouverture du système ferroviaire à la concurrence, pourtant prévue pour 2019 ou 2022 en Europe. Tabou pour de nombreux cheminots, ce mot ne fait pas non plus partie du vocabulaire du secrétaire d'Etat.

LA DETTE DU SYSTÈME FERROVIAIRE POURRAIT ATTEINDRE 79 MILLIARDS D'EUROS

De même, alors que les deux syndicats durs du groupe public veulent un retour à l'entreprise unique SNCF, le projet de réunification du gouvernement a déjà été fortement revu et corrigé dans leur sens. Séparés en 1997, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF, qui doit absorber SNCF Infra) seront réunis sous un même toit, grâce à la création d'une holding commune très conséquente.

Initialement, cette structure faîtière devait être légère et réunir quelques centaines de salariés. Désormais, près de 10 000 personnes devraient travailler en son sein pour des services transversaux aux deux sociétés (achats, sécurité ferroviaire, ressources humaines, etc.). Cette holding renforcée rendra compliquée toute nouvelle scission par la prochaine majorité, par exemple.

Reste un sujet qui inquiète non seulement les syndicats, mais aussi tous les observateurs du secteur ferroviaire : quid de la dette du système ferroviaire ? Alors qu'elle pèse 44 milliards d'euros, elle pourrait atteindre 79 milliards d'euros d'ici à 2025 (du fait d'un déficit de 2,8 milliards par an) si rien n'est fait. Avec la réforme, M. Cuvillier assure que l'endettement sera « endigué ». Au mieux, la dette pourraitêtre limitée à 59 milliards d'euros à l'horizon 2025, selon les calculs de la SNCF.

Cependant, la CGT et SUD pressentent que cet endiguement sera réalisé sur le dos des cheminots à travers les efforts de productivité promis par la SNCF et par l'externalisation de certains travaux au privé comme le fait déjà RFF. Pour les deux syndicats, ce sont des perspectives inacceptables.

Dès lors, la CGT demande à l'Etat que « la dette du système soit placée dans une structure de défaisance pour ne plus peser sur les investissements nécessaires à la modernisation du réseau et au renouvellement du matériel qui doivent demeurerun bien public national ». Une perspective inacceptable pour l'Etat qui n'entend pasassumer la dette ferroviaire. Si « l'Etat reprend la main sur le rail », comme le dit M. Cuvillier, il n'entend pas mettre la main au portefeuille.