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Arnaque à la mirabelle en Lorraine

lutte-de-classe

Brève publiée le 9 août 2014

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://communismeouvrier.wordpress.com/2014/08/08/arnaque-a-la-mirabelle-en-lorraine/

Arrivés mardi en Meuse pour la cueillette des mirabelles, une quarantaine de Marocains ont été abandonnés par celui qui les avait contactés pour ce travail saisonnier. Sans argent et bientôt sans nourriture, ils ont déposé plainte.

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estrepublicain.fr, 04/08/2014

Depuis hier matin, la gendarmerie de Saint-Mihiel, commune du centre de la Meuse d’un peu moins de 4.500 habitants, est prise d’assaut par des Marocains résidant régulièrement en Espagne. Tous viennent pour la même chose : déposer plainte pour avoir été arnaqué par un homme, lui aussi marocain, un certain Youssef qui les a fait venir de leur pays d’adoption afin de travailler à la cueillette des mirabelles en Lorraine ! En Lorraine comme en Champagne, la saison venue, les producteurs font appel à des saisonniers.

« On est arrivé mardi pour trois à quatre semaines de travail, on a rencontré celui qui nous a proposé de venir, il nous a dit qu’on logerait à la base de plein air de Saint-Mihiel », rapporte l’un d’entre eux. Effectivement, depuis mardi, le gérant des lieux a mis à disposition des saisonniers plusieurs chambres. Et le jeudi, 15 d’entre eux sont allés travailler à la cueillette des mirabelles. « On ne sait pas où, à 60 ou 80 km, à proximité d’une base aérienne militaire », raconte un autre, photo de lui et de plusieurs de ses camarades d’infortune en pleine cueillette à l’appui. « On a travaillé 13 heures ce jour-là. Le soir, quand on a demandé nos contrats de travail, on nous a dit ‘’ vous les aurez vendredi ou samedi’’».

Sauf qu’ils ne verront jamais l’ombre d’un document, pire, le vendredi matin, leur guide ne s’est pas présenté pour les emmener dans un verger.

Recherché par la gendarmerie

En contact depuis le début avec Youssef, tous, à tour de rôle, tentent de le joindre par téléphone. Autant d’appels qui sonneront dans le vide. « Samedi, on a prévenu les gendarmes et lundi on appellera l’inspection du travail », affirment-ils tous déterminés à se faire payer le jour travaillé. « On veut aussi qu’il nous paye les frais de transport pour rentrer, on a fait plus de 2.000 km en voiture. On a laissé nos familles pour venir travailler ici. »

Une situation qui a ému le gérant de la base de plein air qui n’a été payé par Youssef que pour deux jours d’hébergement. « Ces gens-là, je ne peux pas les mettre dehors. » Pour autant, s’il ne veut pas compromettre la saison de son établissement, il sait qu’une solution doit être trouvée rapidement.

« J’ai eu Youssef au téléphone samedi, il m’a dit ‘’fous les dehors’’. Si je n’ai pas de nouvelles de lui aujourd’hui, je vais aussi déposer plainte. » Il ne sera peut-être pas le seul. En effet à quelques kilomètres de là, les gérants du gîte de la Marsoupe ont eux aussi été arnaqués. « Dix-sept Marocains et Youssef sont arrivés ici mercredi. Ils sont allés travailler trois jours. Quand on a demandé à ce que l’hébergement soit payé tous les trois jours, Youssef est parti dans la nuit en laissant ses gars. Samedi soir, nous leur avons demandé de partir. »

Si Youssef est aujourd’hui aux abonnés absents, mais semble avoir de la famille à Saint-Mihiel, il sait malgré tout qu’il est recherché par les gendarmes. « Il nous a appelés pour nous proposer 125 euros par voiture pour le retour, on a refusé. C’était juste pour qu’on retire notre plainte », les Marocains « pris en otage » en sont convaincus.

Alerté par la situation, Xavier Cochet, le maire de Saint-Mihiel, a décidé de prendre l’affaire en main dès ce matin, « je vais essayer de leur trouver à manger. » A les en croire, bientôt sans le sou, les Marocains en sont en effet presque réduits à se partager une pomme en quatre pour se sustenter.