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Les pilotes d’Air France accentuent la pression en prolongeant la grève

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Brève publiée le 21 septembre 2014

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Les Echos) Le principal syndicat a voté la reconduction du mouvement jusqu’au vendredi 26 septembre. 41 % seulement des vols devraient être assurés lundi. Mais les conséquences dépassent la seule compagnie.

Les passagers ayant réservé sur Air France se préparent à de nouvelles journées difficiles. La grève au sein de la compagnie entrera lundi dans sa deuxième semaine et pourrait devenir le plus long mouvement social depuis 1998, où le conflit avait duré dix jours. Le SNPL AF Alpa, le principal syndicat, a en effet voté samedi, à 80.93 %, la reconduction jusqu’au vendredi 26 septembre du mouvement lié à la filiale low cost Transavia, laissant entendre qu’il n’excluait pas qu’il se poursuive au-delà. Il a aussi réitéré sa demande au Premier ministre Manuel Valls de le rencontrer. Pour sa part, le SPAF, le deuxième syndicat de la compagnie, avait décidé vendredi de prolonger son préavis de grève reconductible jusqu’au 24.

Après 38 % de vols maintenus aujourd’hui – le plus bas taux depuis le début du mouvement –, Air France prévoit d’assurer 41 % de ses vols lundi. Mais la situation varie beaucoup d’un aéroport à l’autre, avec, ce week-end, plus d’impacts à Toulouse ou à Nice qu’à Lyon ou à Nantes.

Un courrier électronique de la direction

Entre la compagnie et les grévistes, le ton est monté. La direction des ressources humaines d’Air France a envoyé aujourd’hui un courrier électronique à ses pilotes, selon l’AFP. Elle y dénonçait les « tentatives d’intimidations » faites sur des non-grévistes et la volonté de certains d’établir puis de publier une liste des salariés assurant leur service. Air France indique aussi qu’il a fait fermer et déposer une plainte contre une page sur Facebook visant à faire un tel recensement.

Et la sortie de crise ne semble pas encore en vue. Les négociations vont se poursuivre la semaine prochaine autour d’un projet pour Transavia qui a déjà évolué, la direction ayant lâché du lest. Mais le SNPL a indiqué samedi qu’à ses yeux, elles étaient dans une « impasse totale ». Le secrétaire d’Etat aux Transports, qui ne s’était pas encore exprimé sur le sujet, est sorti, hier, de sa réserve sur Europe 1 et France Info. Se refusant à prendre parti, Alain Vidalies a appelé à trouver « un accord », « un compromis », estimant que c’était une question de responsabilité. Il a aussi souligné qu’il y « a un risque pour l’avenir, si on n’a pas un modèle économique qui sait s’adapter ».

Un coût de la grève estimé entre 10 et 15 millions d’euros par jour

Pour Air France-KLM, la facture du mouvement va, en outre, continuer à s’alourdir. Le coût d’un jour de grève est estimé entre 10 et 15 millions d’euros (« Les Echos » des 19 et 20 septembre). Mais l’impact économique va bien au-delà de la seule compagnie. La facture pour les congrès qui n’auront pas pu faire le plein, pour les tour-opérateurs qui auront dû annuler certains voyages ou trouver des solutions d’acheminement de dernière minute et pour les commerces des aéroports, comme les conséquences pour l’activité en général restent à chiffrer.

La prolongation de la grève fait cependant des gagnants. EasyJet a annoncé mettre en place plus de 2.000 vols supplémentaires les 23, 24 et 25 septembre sur Paris-Nice, Paris-Toulouse et Lyon-Toulouse. Tandis que les hôtels à proximité des aéroports augmentent leurs prix. Loi de l’offre et de la demande oblige.