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« On va plus pédaler, sans être payés ! Deliveroo, tu vas manger ! »

Entre 100 et 150 personnes se sont regroupées place de la République afin d'exprimer leur colère suite à la réduction consécutive des salaires chez Deliveroo. Depuis 1 an, le travail n'a de cesse d'être sous-payé : s'il y avait encore un salaire horaire en 2016, les livreurs/euses sont désormais rémunéré.e.s à la course, et le montant n'a de cesse baissé pour tomber à 5,75 a partir le 28 août. De plus, les primes de pénibilité (travail sous la pluie) sont supprimées - même lorsqu'il s'agit de travailler dans des conditions terribles comme ce fût le cas lors des très fortes pluies parisiennes du début de l'été – ainsi que les primes de travail les jours fériés.
Ajoutons à cela une nouvelle condition : l'astreinte non rémunérée. En clair, les livreurs/euses doivent être disponibles à tout moment pour livrer des commandes lors d'une plage horaire spécifique. Cependant, certains créneaux sont désespérément vides de commandes (entre 15 et 17 heures par exemple), et les livreurs/euses sont donc d'astreinte, sans percevoir de salaire.
Selon certains livreurs présents, ce « modèle » préfigurerait les attaques contre le monde travail à venir : des emplois sans contrats, sans salaires fixes, sans protections en cas d'accident du travail.
Organisé.e.s au sein du CLAP (Collectif des Livreurs Autonomes de Paris) et pour certain.e.s dans les sections CGT ou Sud Commerce, des revendications émergent déjà, ce qui est très bon signe pour un si jeune secteur d'activité. Pour l'heure, les livreurs/euses exigent un montant de 7,50 euros par courses et la garantie d'un minimum de deux livraisons par heures. Mais ils/elles précisent : ce n'est que le début.
Créer un rapport de force reste cependant difficile : la plate forme Deliveroo ne fonctionne pas comme une entreprise traditionnelle : les livreurs/euses ne voient presque jamais leur supérieurs hiérarchiques, avec qui ils et elles n'ont des liens que par internet ou téléphone. De plus, une certaine dématérialisation et dispersion des locaux empêche d'intervenir concrètement sur des lieux stratégiques. Pourtant, lors de la manifestation sauvage qui a suivi le rassemblement, les livreurs/euses se sont rendus devant deux restaurants (parmi les premiers à avoir eu recours à Déliveroo) afin d'expliquer aux client.e.s présent.e.s leur conditions de travail et leurs revendications. Cette première démarche de sensibilisation des personnes ayant recours a ce type de service doit être saluée.
La mobilisation des livreurs/euses à domicile est un très bon signe dans la période. Non seulement ces travailleurs/euses sont les premier.e.s à subir le modèle de société tant vanté par les ultralibéraux comme Macron mais aussi car il s'agit en majorité de jeunes. Nous pouvons voir dans les actions militantes (manifestation sauvage, occupation de place) une sorte « d'héritage » des mobilisations contre la loi travail, ce qui est rejouissant et témoigne d'une certaine radicalité.
Les révolutionnaires doivent soutenir ces travailleurs/euses dont la plupart semblent s'organiser de cette façon pour la première fois. Une journée d'action aura sûrement lieu le 28 août, date à laquelle nous seronts présent.e.s !