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Mouvement étudiant : jonction avec les travailleurs et manque d’une grande organisation nationale de lutte
Les universités sont entrées dans la lutte dès la rentrée: AG, manifs, blocages à partir du 18/10. La mobilisation des
étudiants a renforcé les lycéens, mais elle n’a pas pu en prendre le relais pendant les vacances. Elle a été très inégale: 2000 en AG à Toulouse, Caen ou Rennes II, mais souvent moins de 500, en partie à raison des défaites passées (2007, 2009). En outre, la direction des facs et la droite étudiante ont affiné leurs méthodes, fermant les facs, bourrant les AG d’anti-bloqueurs etc.
Mais les acquis des mouvements antérieurs ont permis au mouvement étudiant d’être malgré tout vite avancé :
L’auto-organisation (via AG et coordinations) est une grande force du mouvement étudiant.
Les étudiants mobilisés ont compris que, dans ce mouvement, il fallait soutenir les grévistes et participer au blocage de l’économie. Presque partout il y a eu participation aux AG respectives, interpro locales et actions en commun, notamment des blocages de rail, de raffineries, de dépôts de carburants...
Enfin, une partie des étudiants a acquis une compréhension de ce que sont les directions syndicales. Dans toutes les facs réellement mobilisées, ce sont les autonomes, la FSE, la TUUD (animée par le NPA), SUD ou des syndicats de lutte locaux qui dirigent, mais pas la majo de l’UNEF. L’éxigence du «retrait de la loi sans conditions» montrent l’absence d’illusion dans les négociations.
La continuité entre les mouvements est maintenue, mais n’est pas cristallisée dans une organisation, ce qui n’est pas sans conséquences. L’interpro est certes un acquis mais il y a souvent une vision étapiste (malheureusement parfois portée par des camarades du NPA) qui consiste à vouloir d’abord construire sur sa fac, puis simplement aller vers l’extérieur. Selon nous, c’est en créant des liens forts avec les travailleurs qu’on pourra aider à la mobilisation sur les facs.
De plus, dans les facs où il n’y a pas de syndicat de lutte, la démonstration de la nature de l’UNEF est lente, ce qui explique que l’UNEF ait pu dominer cette année les coordinations par des manoeuvres et des délégations litigieuses.
Après chaque lutte, les étudiants se dispersent dans des organisations différentes, voire restent seuls, alors que l’avantgarde étudiante serait suffisamment nombreuse pour pouvoir, structurée, mener une politique à l’égard des masses étudiantes et ne pas en laisser le monopole à l’UNEF. Il est urgent de construire une nouvelle organisation étudiante de lutte, unifiant la TUUD, SUD, la FSE et tous les étudiants avancés, fondée sur les principes de la lutte de classe, l’unité avec la classe ouvrière et l’internationalisme. A ce stade du mouvement, cela pourrait être mis à l’ordre du jour des AG et déboucher sur des rencontres nationales ouvrant un processus constituant.






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