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Marchetti a raison: il faut de toute urgence opérer un virage à 180°
Au sujet du « retour de la classe ouvrière » dans les événements qui viennent de secouer le pays et de notre intervention dans le mouvement actuel, le camarade Marchetti (NPA 13) constate dans « Ceci n’est pas un bilan ! » que « nous ne cessons de courir derrière les événements ». On ne pouvait que s’y attendre. Nous ne sommes par préparés à intervenir en tant que révolutionnaires dans un processus comme celui que l’on vient de connaître. En effet, les principes fondateurs s’abstiennent de définir des aspects clé de notre programme, sur comment en finir avec le capitalisme par exemple. Ils prônent également l’existence d’un parti « large », plus « large » en fait avec les « mouvements sociaux » sans aucune référence de classe qu’en direction des secteurs ouvriers ou des couches les plus populaires de la jeunesse.
S. Joshua, dirigeant de la majorité, est lui-même obligé d’admettre qu’en ce « qui concerne le NPA, il faudrait déjà s’interroger sur les raisons qui ont conduit au départ du parti de militants d’entreprises industrielles ». Mais comment gagner et faire militer des ouvriers dans le parti sans une théorie marxiste claire et une pratique militante quotidienne en direction de la classe ouvrière ? Jusqu’à présent le parti a plutôt opté pour les raccourcis faciles ou électoralistes. Il faut redonner confiance aux ouvriers que la lutte pour la prise du pouvoir n’est possible que si les travailleurs s’autoorganisent afin de dépasser la stratégie réformiste des directions syndicales. Il est possible de se construire dans la classe ouvrière industrielle, à condition de cesser de jouer à cache-cache avec le programme et avec ce qui sera le sujet de la révolution : la classe ouvrière organisée.
Mais malgré la démoralisation et le départ du parti d’un certain nombre de camarades d’expérience, il est encore
temps de réagir. La lutte actuelle a révélé l’existence d’une nouvelle génération ouvrière combative. Gagner cette génération devrait être l’axe central de l’orientation du parti et du prochain Congrès dont les textes et plateformes sont malheureusement pour partie largement dépassés par les événements.
Il faut opérer un virage à 180° : créer tout de suite une Commission Ouvrière avec les quelques camarades ouvriers du parti afin de discuter régulièrement de nos politiques d’intervention dans le prolétariat, de travailler à ce que les étudiants puissent accompagner les ouvriers dans la mise en place de ces orientations (rédactions de tracts, bulletins, etc.).
Mais pour ce faire il faut être conséquent : en finir avec les ambiguïtés stratégiques et l’idée même de « parti-processus ». C’est malheureusement à cause de tels écueils que nous avons affronté les derniers événements en étant aussi mal préparés. Nous avons un besoin urgent de clarté programmatique et politique.