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Colère rouge: Petits boulots = grande exploitation. Quand l’humanité s’arrête aux portes de l’entreprise...
Article tiré du vécu d'un travailleur précaire
Depuis de nombreuses années déjà, les travailleurs les plus fragiles ont recours aux dits « petits boulot » ou « Mac Job » de courte durée. Mais ce terme d'apparence sympathique (petit boulot = peu de boulot ?) cache la pire et la plus vile exploitation.
Il y a des secteurs clé et des contrats clé pour les « petits boulots » : les travaux saisonniers, le bâtiment, les contrat intérim dans l'industrie en font partie.
Sous couvert d'être de courte durée, ces contrats abusent de la vulnérabilité des ouvriers pour accentuer de manière ultra violente les cadences
Pour parler franchement : on ne s'appartient plus, on est transformé en esclave des temps modernes, passant de mains en mains. Les conditions de travail y sont souvent extrêmes ; il faut être disponible jours et nuits.
Les travaux de manutentions dignes du moyen âge ont pour résultat d"abîmer les corps, d'épuiser moralement et physiquement.
Lorsque les capacités physiques du travailleur s'amenuisent, son contrat est rompu et il est rejeté du monde du travail… Il aura fait son temps.
Le discours dominant dit : « Mais tu travailles, ne te plains pas, d'autres voudraient bien ta place. » Pas un mot sur les conditions de travail… pour ceux qui ont la « chance » de pouvoir travailler !
Combien de blessés ? Combien de mutilés ? D’hommes et de femmes atteints de maladies liées au travail ? Mais chut ! Ne ternissons pas la valeur travail, la croissance.
L"exploitation des plus précaires est un des méfaits les plus violents et obscènes du capitalisme. Elle n'émeut pas grand-monde et les réformistes de tout poil ne s'en soucient guère : pas rentable d'un point de vue électoral ! Pour eux, le pouvoir du patron dans son entreprise est une donnée qu'il n'est même pas imaginable de remettre en question.
Pour chaque article de consommation produit, il y a de la sueur, des larmes et parfois du sang. Mais la loi du silence règne. La démocratie s'arrête aux portails des entreprises. Circulez, y’a rien a voir !
Par ailleurs, les travailleurs éprouvent les plus grande difficultés à en parler. Cela est lié à leur précarité, à la crainte de perdre le peu qu'ils ont. C' est la jungle capitaliste. Le salaire de la peur. Bon nombre d'entre eux le disent : « Je suis piégé, je n'ai pas le choix ; si je me plains trop bruyamment, c "est la porte. » Il ne reste plus qu’à tenir bon et à serrer les dents.
C’est un drame quotidien qui s'explique par l'abandon de tout un pan du prolétariat. Par l'absence de syndicat sur place. Par l'abandon de la lutte de classe par les directions syndicales, qui ne s' occupent guère de ces travailleurs (souvent jeunes) sacrifiés sur l'autel du capital. Une vie faite de chômage et d’aliénation, que la gauche institutionnelle ignore et donc accepte.








