Agenda militant

    Ailleurs sur le Web [RSS]

    Lire plus...


    [RSS] Compte
	Blue Sky Compte
	Mastodon Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

    Compte-rendu de la manifestation de soutien aux Contis d’Amiens

    Par Correspondant (20 janvier 2010)
    Blue Sky Facebook

    Belle réussite que cette manif de soutien qui a démarré sur le parking Faidherbe, à l’opposé de la gare d’Amiens par rapport au centre ville. Les Contis et les Goodyear ainsi rassemblés (200 à 300 ouvriers pour chaque usine) ont descendu le mail Albert 1er (environ 1 km) accompagnés de nous-mêmes (NPA Somme), quelques représentants du Front de gauche, quelques personnes sans étiquettes, ainsi que toute la clique de Gremetz. Le cortège (d’environ 600 à 800 personnes) était ouvert par l’estafette de la Cégète locale, et force est de constater qu’il ne dépareillait pas des autres manifs précédentes : sono à fond avec une musique techno commerciale des plus abrutissantes (pour une fois que ce n’était pas l’Antisocial de Trust, mais je l’aurais personnellement préféré) au lieu d’un discours rassembleur qu’un Mickaël Wamen (délégué CGT des Goodyear, présent en tête) aurait pu scander ou même de mots d’ordre que le cortège aurait pu reprendre. Sinon, je dois bien avouer que j’ai été énervé par l’attitude de certains ouvriers Goodyear qui ont, tout le long de la route enneigée, balancé des boules de neige dans les véhicules arrêtés de force, vitres ouvertes, par les « distributeurs » de Gremetz ; attitude puérile que les Contis eux-mêmes ont plusieurs fois dénoncée auparavant lors de manifs communes, ce qui a créé quelques tensions entre les deux groupes il y a quelques mois.

    Au bout de l’avenue, le parvis de la gare bondé de monde où s’étaient rassemblés quasiment tout ce que compte le mouvement ouvrier, syndicats, partis et groupuscules (Solidaires, Sud, CGT, FSU, la CNT, NPA avec Besancenot, LO avec Arthaud et Szpirko, Front de gauche avec Mélenchon, PC avec Buffet, Mouvement unitaire progressiste (dissidents droitiers du PCF) avec Hue, les Verts avec Duflot...), grouillait de toutes ces couleurs.

    Le nouveau cortège gonflé à bloc (1400 à 1600 personnes) est ainsi parti en direction du tribunal à quelques centaines de mètres vers le centre-ville, pour arriver sur la place du Logis du Roy, face au tribunal, où le kiosque avait été investi pour y installer la tribune où les différents représentants syndicaux et politiques allaient s’exprimer (du moins essayer car de gros soucis de sono ont pourri la moitié des discours) et deux barbecues géants de la CGT locale.

    Au micro se sont succédé Wamen, Matthieu, le délégué des Contis, qui dénonça la direction de la CGT (car elle ne fit jamais un geste, même ce jour, envers les ouvriers de Continental, et la foule se mit à huer puissamment et instantanément), Szpirko (en tant que syndicaliste pour ses luttes passées au sein de Chausson à Creil) : tous trois furent très applaudis. Vint le tour du secrétaire de SUD, Christian Mahieux, qui en appela à l’organisation auto-gestionnaire... mais dans le cadre des instances paritaires, c’est-à-dire sans remise en cause du capitalisme.

    Puis Arthaud de LO timidement applaudie, puis vint le tour de Besancenot du NPA, très humble malgré la présence des autres représentants politiques autrement plus intéressés et venus pour leurs promotions électorales. Très applaudi, il a commencé son discours par un hommage à Bensaïd, le développant en citant Marx avant de rejoindre l’actualité de ce jour en disant que le combat des Contis nous montrait l’urgence du rassemblement de tous les syndicats et de toute la gauche « anticapitaliste » (de près ou de loin) autour du mot d’ordre d’interdiction... des « licenciements » — mot couvert par une voix venue de l’assemblée qui hurla « du capitalisme »...

    Conti
    Conférence de presse des ouvriers de Continental le 6 janvier, Paris (source : www.npa2009.org)

    Puis ce fut le tour de Buffet, toute en pantomime ouvriériste, moins applaudie mais les yeux mouillants quand même, puis « Méluche », encore moins applaudi, puis Duflot limite huée et insipide comme il se doit et, pour finir, les organisateurs ont annoncé Hamon du PS qui ne vint pas car absent de la manif (mais présent au tribunal) et hué longuement et fortement par une très grande partie de la foule.

    Il faut noter que Gremetz, député-baron PCF du département, bien que figurant parmi les prétendants aux discours devant l’assemblée, ne fut même pas cité parmi les soutiens aux condamnés... Jean-Luc Belpaume, son ancien suppléant et toujours élu au Conseil régional, passé au NPA depuis le début de la campagne, m’a dit de vive voix que la liste « Colère et espoir » de Gremetz était en pleine déliquescence et que les anciens soutiens de Maxime étaient passés de son côté ; en effet, Belpaume a collecté plus de 80 signatures de syndicalistes de tous bords, implantés dans les entreprises comme dans les instances locales CGT, d’ouvriers, jusqu’à un marin-pêcheur, pour soutenir la liste NPA en l’espace de deux jours seulement. La liste NPA sur la Somme est d’ailleurs extrêmement représentative du panel des travailleurs dans cette région avec un représentant au moins par grand secteur d’activité, de l’infirmière à l’ou-vrier logisticien en passant par la prof, le retraité, l’étudiante et l’ouvrier de production. Serait-ce la fin de ce vieil apparatchik de la république bourgeoise qui se produirait sous nos yeux ? En tout cas, c’était très marrant de le voir jouer des coudes avec Marie-George pour passer le premier au micro...

    Bref, on sentait au sein de l’assemblée une volonté d’unité (même de la part de plusieurs membres de la CNT venus spécialement de Metz avec qui j’ai discuté) et une conscience collective presque palpable de la nécessité du renversement du capitalisme. Mais par contre, point de référence à la suite à y apporter : au socialisme !

    Une peine de prison avec sursis a été requise par le procureur allant de 2 à 5 mois... C’est une peine bien moins lourde que celle infligée en première instance et cela s’explique à l’évidence par la mobilisation pour les Contis, qui bénéficient d’un immense soutien depuis le début. Cependant, il faut continuer à se battre pour la relaxe pure et simple, dire jusqu’au bout notre refus que les ouvriers qui se battent pour leur vie soient traînés devant les tribunaux. Le délibéré a été remis au 5 février.

    Télécharger au format pdf

    Ces articles pourraient vous intéresser :

    17 octobre

    Témoignages sur les manifestations du 17 et 24 octobre à Bordeaux

    Je suis arrivé à Bordeaux vers 13h30, par le pont de pierre, pour rejoindre la manifestation dont le départ était prévu à 14h, place de la Bourse.

    Ma première impression, c'est le monde. Depuis le pont, on pouvait voir une foule immense déjà rassemblée, et beaucoup de personnes continuaient d'arriver. Des jeunes, des familles, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap... Une mobilisation importante, avec des gens de tous âges et de tous horizons.
     

    Lire la suite...

    Télécharger en pdf Blue Sky Facebook

    Lutte de classe

    Soutien aux machinistes du dépôt de bus RATP des Lilas !

    Le dépôt de bus RATP des Lilas a été bloqué par les travailleurs mercredi 28, à 22h, jusqu’au lendemain matin. En cause : la privatisation du dépôt et le basculement de plus de 37 lignes de bus de la région dans le secteur privé. Au total, plus de 2500 agent.e.s de la RATP ont ou vont quitter de force le secteur public. Le 1er novembre, le dépôt de bus des Lilas sera à son tour transféré au secteur privé.

      Lire la suite...

    Télécharger en pdf Blue Sky Facebook

    Education

    Décryptage des annonces Geffray-Baptiste : calmer la rue… sans affoler les marchés financiers.

    6 octobre 2026 : le mouvement lycéen prend un caractère de masse, 450 000 jeunes défilent dans les rues, 891 lycées bloqués, fermés ou perturbés. Au terme de la journée, Lecornu annonce un lock-out généralisé de tous les lycées de France, le temps d’organiser un « temps de démocratie lycéenne » pour canaliser la mobilisation. Le lendemain Lecornu annonçait dans une allocution télévisée que les « premières réponses » au mouvement lycéen seraient apportées… fin octobre.

      Lire la suite...

    Télécharger en pdf Blue Sky Facebook

    France

    Congrès du RN à Orléans : retour sur la contre-manifestation du 24 octobre et le "village antifasciste"

    Ce week-end (24-25 octobre) se tenait à Orléans le congrès du RN, qui a réélu (avec 98,9 % des voix !) Jordan Bardella à la tête du parti et lancé officiellement la campagne de Marine Le Pen pour les élections présidentielles. Depuis plus d’un mois, la plupart des partis de gauche, la Marche des Solidarités et les confédérations syndicales préparaient à l’échelle nationale une contre-manifestation à Orléans, assortie d’un « village antifasciste » dans le centre-ville.

      Lire la suite...

    Télécharger en pdf Blue Sky Facebook