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    Témoignages sur les manifestations du 17 et 24 octobre à Bordeaux

    Par (31 octobre 2026)
    Blue Sky Facebook

    Témoignage de J. – Manifestation du 17 octobre 2026 à Bordeaux

    Je suis arrivé à Bordeaux vers 13h30, par le pont de pierre, pour rejoindre la manifestation dont le départ était prévu à 14h, place de la Bourse.

    Ma première impression, c'est le monde. Depuis le pont, on pouvait voir une foule immense déjà rassemblée, et beaucoup de personnes continuaient d'arriver. Des jeunes, des familles, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap... Une mobilisation importante, avec des gens de tous âges et de tous horizons.

    Mais ce qui m'a immédiatement marqué, c'est que la police avait déjà commencé à gazer la place de la Bourse, alors que la manifestation n'avait même pas officiellement débuté. Il était à peine 13h30. On pouvait voir les gaz depuis le pont, et plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent également ces premières interventions.

    J'ai finalement réussi à rejoindre le cortège principal pour retrouver des amis. De leur côté, ils ont eu beaucoup plus de difficultés à me rejoindre à cause des interventions policières dans les petites rues autour de la manifestation.

    Une autre amie arrivait par les quais, du côté du miroir d'eau. C'est à ce moment-là qu'on a compris que la police avait séparé les manifestants en deux groupes : le plus gros cortège du côté du pont de pierre, et un second, plus petit, bloqué au niveau du miroir d'eau.

    Mon amie nous a rapidement expliqué qu'ils étaient bloqués par la police, sans possibilité d'avancer librement. Ceux qui tentaient d'avancer étaient repoussés, frappés ou gazés par les forces de l'ordre. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent ces scènes.

    Et c'est ce qui m'a particulièrement révolté pendant cette journée : la police gazait sans distinction. Il y avait des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, des gens qui étaient simplement venus manifester. Pourtant, les forces de l'ordre ont fait usage des gaz lacrymogènes, de coups et du canon à eau sans sembler se soucier des personnes touchées.

    Il faut surtout rappeler une chose : la manifestation était pacifique. Depuis mon arrivée, je n'ai vu aucun débordement, aucune casse, aucune violence de la part des manifestants. Les nombreuses vidéos que j'ai pu consulter montrent également des rassemblements pacifiques confrontés aux interventions policières. C'est un aspect qui me semble largement absent de certains récits médiatiques, où l'on parle davantage des dégradations survenues plus tard que de ce qu'ont subi les manifestants dès le début de l'après-midi.

    Vers 14h30-14h45, le cortège principal a enfin commencé à avancer. Très lentement, tant il y avait du monde. Mais cette lenteur était aussi liée à la pression constante des forces de l'ordre, qui continuaient à pousser et à gazer massivement l'arrière du cortège.

    L'ambiance était tendue. On sentait une véritable oppression, avec cetteimpression de ne jamais pouvoir manifester tranquillement. Pourtant, les gens continuaient à avancer pacifiquement, malgré les gaz et la pression policière.

    Nous sommes arrivés péniblement à la porte de Bourgogne. À cet endroit, le passage se rétrécit et le cortège a naturellement ralenti, jusqu'à presque s'arrêter. Mais derrière nous, la police continuait à pousser et à gazer. 

    Forcément, cela a provoqué des mouvements de foule. Certaines personnes ont préféré quitter la manifestation par les petites rues pour échapper à cette situation. Le gros du cortège a continué en direction du cours Victor-Hugo.

    Sur cette partie du parcours, nous pouvions enfin avancer un peu plus rapidement puisqu'il y avait moins de monde. L'ambiance restait tendue, mais aussi solidaire et plutôt bonne entre les manifestants. Toujours aucune casse, aucune violence constatée sur notre passage.

    Pendant ce temps, notre amie était encore bloquée avec le second cortège au miroir d'eau.

    En approchant de l'hôtel de ville, elle nous a finalement prévenus que les policiers avaient quitté le secteur du miroir d'eau et que les manifestants pouvaient de nouveau avancer.

    On a rapidement compris ce qui risquait de se passer : les forces de l'ordre allaient rejoindre le cortège principal par l'arrière. Nous avons alors craint de nous retrouver nassés entre le cours Victor-Hugo et l'hôtel de ville.

    Et c'est exactement ce que nous avons eu le sentiment de vivre.

    Les gaz ont commencé à arriver en quantité impressionnante. Des palets lacrymogènes volaient partout, jusque sur les balcons des habitants du cours Victor-Hugo. À ce stade, j'avais vraiment le sentiment que la police cherchait à encercler les manifestants et à les disperser par la force, peu importe les conséquences.

    Nous avons réussi à nous extirper du cortège en passant par de petites ruelles, comme beaucoup d'autres personnes.

    Et c'est probablement là que j'ai vu les scènes les plus difficiles de cette journée.

    Des femmes, des hommes, des personnes âgées en pleurs, parfois au sol, complètement dépassés par les gaz. Des gens qui ne comprenaient pas ce qui leur arrivait, qui cherchaient simplement à respirer, à se protéger ou à quitter les lieux.

    Ces personnes n'étaient pas en train de casser quoi que ce soit. Elles essayaient simplement de fuir les gaz lacrymogènes.

    C'est aussi pour cela que je refuse qu'on résume cette manifestation aux seules images de dégradations diffusées ensuite. Parce qu'avant ces images, il y a eu des heures de gazages, de tensions, de manifestants repoussés, frappés ou empêchés de circuler librement.

    Une fois sortis des petites rues, plusieurs groupes de manifestants se sont reformés et sont partis dans différentes directions pour poursuivre la mobilisation de manière spontanée.

    De notre côté, nous avons choisi de rester sur le cours d'Alsace-et-Lorraine, puis de rejoindre les quais et le quartier des Capucins pour nous éloigner et mettre fin à notre participation. 

    J'ai quitté Bordeaux avant les scènes de casse qui ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias. Je ne peux donc pas témoigner de ces événements, puisque je n'étais plus présent.

    En revanche, je peux témoigner de ce que j'ai vu et subi pendant plusieurs heures.

    Une foule immense, pacifique, composée de personnes de tous horizons. Des manifestants venus exercer leur droit de manifester, et qui se sont retrouvés confrontés à des gazages massifs avant même le début officiel du rassemblement.

    J'ai vu des forces de l'ordre pousser des cortèges déjà très denses, gazer des rues entières, provoquer des mouvements de foule et contraindre des personnes à fuir par les petites rues. J'ai vu des gens en pleurs, des personnes âgées au sol, des manifestants qui ne cherchaient qu'à sortir de cette situation.

    Je ne prétends pas avoir assisté à tout ce qui s'est passé à Bordeaux le 17 octobre. Je raconte ce que j'ai vécu, ce que j'ai constaté et ce que les vidéos ainsi que les témoignages de mes proches présents sur d'autres parties du parcours viennent compléter.

    Mais je tiens à être très clair : sur l'ensemble du parcours auquel j'ai participé, je n'ai constaté aucune violence de la part des manifestants qui puisse justifier un tel déploiement de force.

    Ce qui me révolte aujourd'hui, c'est qu'on puisse retenir principalement les dégradations survenues plus tard, sans accorder la même importance aux violences policières qui ont commencé bien avant le départ de la manifestation.

    Je suis venu manifester pacifiquement. Comme beaucoup d'autres, j'ai finalement passé une grande partie de mon après-midi à essayer d'éviter les gaz, à avancer sous la pression policière et, pour finir, à chercher un moyen de quitter le cortège sans me retrouver pris au piège.

    Ce n'est pas normal de devoir fuir les forces de l'ordre lorsqu'on vient simplement exercer son droit de manifester.

    Et c'est précisément pour cela qu'il me semblait important de témoigner.

    Témoignage de mon amie :

    Mon amie et moi sommes arrivées en voiture à Bordeaux, à la Cité du Vin, aux alentours de 13h40. Nous souhaitions rejoindre le centre-ville en tram – ligne B. Premier écueil pour venir manifester : le tram ne circulait pas dans ce sens-là. Nous avons donc choisi de nous rendre au rendez-vous Place de la Bourse à pied, par les quais et avons pu constater que jusqu’au Quinconces, où va le tram B, tout était fluide et calme. Le tram aurait très bien pu circuler. 

    Quand nous avons commencé à nous approcher de la Place de la Bourse, nous avons vu de loin les premiers jets de gaz lacrymo sur les manifestants, je dirais que c’était peu avant 14h00. Nous sommes arrivées vers 14h15 au Miroir d’eau et avons constaté qu’il était difficile d’avancer pour rejoindre le début du cortège, où nous souhaitions rejoindre un groupe. En effet, le cortège était coupé par les forces de l’ordre un peu avant le Miroir d’eau, qui utilisait avec force les jets de gaz lacrymo ainsi que les canons à eau, empêchant une partie des gens de se joindre au cortège. Autour de nous régnait la plus grande confusion, les gens étaient réticents à avancer devant le nuage de lacrymo et la démonstration de force et j’ai vu beaucoup de gens faire demi-tour. Je précise que la foule était très hétéroclite, tout âge, tous types de drapeau, de pancartes…

    Nous-mêmes avons hésité à rebrousser chemin, devant l’impossibilité de dépasser le nuage de gaz. Evidemment, une partie des manifestants présents à continuer à avancer malgré tout, repoussant petit à petit les forces de l’ordre. Nous avons donc avancé doucement et prudemment, en observant attentivement la situation, prêtes à repartir dans l’autre sens si cela dégénérait. Sur le chemin, j’ai pu voir que les commerçants accueillaient gentiment les gens incommodés par les gaz.

    Des manifestants sont montés sur le toit de la maison de la citoyenneté, sans doute dans l’espoir de mieux respirer aussi, l’usage massif du gaz lacrymo entraînant inévitablement un mouvement de panique. J’ai alors puconstater que les forces de l’ordre ont tiré beaucoup de grenades lacrymo sur le toit où s’étaient réfugiés des jeunes, ce qui aurait pu être dramatique si cela avait abouti à une chute. J’étais personnellement très choquée et j’ai passé de longues minutes à regarder pour m’assurer qu’aucun jeune ne tombait.

    Parallèlement j’étais en contact avec mon ami en tête de cortège, qui ne voyait pas que la foule était divisée par les forces de l’ordre et je suivais sa progression sans pouvoir le rejoindre. Nous sommes restées coincées autour du Miroir d’eau jusqu’à environ 15h45, quand les forces de l’ordre ont brutalement quitté les lieux, permettant aux gens d’avancer.

    Nous avons continué un peu mais la possibilité que la police choisisse de nasser sur le Cours  Victor Hugo nous a fait faire demi-tour vers 16h15.

    Nous avons donc choisi de regagner nos domiciles, un peu abasourdies devant la volonté manifeste de forces de l’ordre d’empêcher les gens de manifester en créant la confusion et la panique alors que rien ne nous a semblé le justifier. Je note également le blocage du pont Chaban et des transports, qui me semblent aussi constituer une tentative de freiner la progression des gens vers le lieu de rassemblement. J’ai en effet pu constater tout au long du chemin que rien ne s’opposait à la circulation, que ce soit des transports en commun ou des voitures. Tout était dégagé et fluide.

    Témoignage de J. – Manifestation du 24 octobre 2026 à Bordeaux

    Comme la semaine précédente, je suis arrivé un peu en avance aux abords de la place de la Bourse, où le rassemblement était prévu à 14h.

    Vers 13h30, depuis le pont de pierre, j'avais l'impression qu'il y avait assez peu de monde. Je dois avouer que ça ne me rassurait pas vraiment. La manifestation avait été interdite par la préfecture la veille au soir, et je me demandais si cette interdiction n'avait pas découragé une partie des manifestants. Je craignais surtout une nouvelle journée de répression policière, comme celle que nous avions vécue le 17 octobre. Mais première différence avec la semaine précédente : à 13h30, aucun gaz lacrymogène sur la place de la Bourse. Mieux encore, je ne voyais quasiment aucune présence policière.

    J'ai rejoint la place vers 13h45, accompagné d'un ami qui m'avait retrouvé entre-temps. Et c'est à ce moment-là que les choses ont commencé à changer. En quelques minutes, les manifestants sont arrivés en nombre, remplissant rapidement la place et les rues alentour. C'était assez impressionnant. Comme si tout le monde s'était donné rendez-vous à 14h précises, et surtout pas avant, pour éviter de se retrouver confronté aux forces de l'ordre avant même le début de la manifestation. En très peu de temps, la place s'est retrouvée noire de monde. Le cortège était massif, joyeux, et toujours aucun policier à l'horizon.

    Vers 14h15-14h30, nous avons commencé à avancer en direction de la porte de Bourgogne. Et là encore, quelle différence avec le samedi précédent ! Le cortège avançait normalement, sans être constamment poussé ou gazé par l'arrière. Forcément, c'est tout de suite plus agréable de manifester quand on ne reçoit pas des lacrymogènes dès les premières minutes. L'ambiance était bonne, bien plus détendue que le 17 octobre. Les gens avançaient ensemble, dans le calme, sans cette tension permanente que nous avions connue une semaine auparavant.

    Arrivés à la porte de Bourgogne, nous avons remonté le cours Victor-Hugo. Mais cette fois, pas question de rejoindre l'hôtel de ville. Le parcours nous a conduits vers le palais de justice, ce qui n'avait rien de surprenant puisque les manifestations étaient interdites dans une partie de l'hypercentre.

    Du côté de l'hôtel de ville, un important dispositif policier avait été déployé : cordons de forces de l'ordre, véhicules blindés, canon à eau... Tout était en place pour empêcher les manifestants d'accéder à certains secteurs. Ça m'a d'ailleurs rappelé les manifestations des Gilets jaunes, où l'hôtel de ville était déjà ultra-protégé, avec des moyens policiers impressionnants pour empêcher les cortèges de s'en approcher. Plusieurs années après, retrouver ce même dispositif au mêmeendroit m'a immédiatement ramené à cette période.

    Nous avons poursuivi notre route vers Gambetta. C'est à partir de là que nous avons commencé à croiser davantage de CRS, principalement positionnés pour bloquer l'accès à certaines rues commerçantes, notamment celles où se trouvent les boutiques de luxe, comme le cours du Chapeau-Rouge. C'était assez révélateur de la manière dont les forces de l'ordre étaient déployées ce jour-là. Contrairement au 17 octobre, où les gazages avaient commencé avant même le départ, les CRS semblaient cette fois surtout mobilisés pour empêcher l'accès à certains secteurs et protéger les commerces.

    Pendant ce temps, le cortège continuait d'avancer tranquillement, dans une ambiance toujours aussi pacifique. Pas de casse, pas de débordements constatés sur notre parcours. Simplement une foule nombreuse, soudée et déterminée à manifester malgré l'interdiction préfectorale. Nous avons ensuite pris la direction des quais pour revenir vers la place de la Bourse, où devait se terminer le parcours. C'est d'ailleurs en arrivant sur la place que nous avons vraiment pu mesurer l'ampleur de la mobilisation. Le cortège était particulièrement important, bien plus massif que ce que j'avais imaginé en arrivant à 13h30.

    Mais c'est aussi à ce moment-là que les forces de l'ordre ont commencé à utiliser les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. J'ai eu le sentiment que le message était assez clair : « On vous a laissés manifester, maintenant c'est terminé, rentrez chez vous. »

    Après un parcours qui s'était déroulé dans le calme, la police a donc fini par employer les gaz massivement pour disperser la foule. Avec mon ami, nous avons préféré quitter le cortège à ce moment-là, histoire de ne pas revivre les gazages de la semaine précédente.

    Et c'est probablement ce qui m'a le plus marqué dans cette journée : la différence flagrante entre les deux manifestations, à seulement une semaine d'intervalle. Le 17 octobre, nous avions été gazés avant même le départ officiel. La police avait divisé les cortèges, nassé des manifestants, poussé des foules entières dans des rues étroites et maintenu une pression permanente pendant plusieurs heures. Le 24 octobre, malgré une manifestation interdite, nous avons pu défiler presque normalement. Les forces de l'ordre étaient présentes, mais principalement positionnées pour bloquer certains accès, notamment vers les rues commerçantes et les boutiques de luxe. Et le résultat était là : une manifestation massive, soudée, joyeuse et pacifique.

    Cela montre bien, à mes yeux, à quel point les choix en matière de maintien de l'ordre peuvent changer complètement le déroulement d'une manifestation. Quand les forces de l'ordre ne cherchent pas à disperser les manifestants dès le départ, les gens peuvent simplement défiler, sans cette tension permanente ni ces mouvements de foule provoqués par les gazages.

    Des agressions néonazies en marge du cortège

    Il y a cependant un autre élément de cette journée qu'il me semble indispensable de dénoncer.

    En marge de la manifestation, des groupes néonazis se sont constitués et ont agressé des manifestants, notamment des personnes isolées qui quittaient le rassemblement. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des agressions particulièrement lâches, avec des individus s'en prenant à plusieurs à une seule personne, parfois à quinze contre un.

    Ces groupes prétendaient être présents pour « protéger les commerçants ». Mais s'en prendre physiquement à des manifestants isolés n'a évidemment rien à voir avec la protection des commerces. Se présenter comme des défenseurs des commerçants pour finalement aller frapper des manifestants à plusieurs contre un, voilà une drôle de conception de la protection. Ces violences ne doivent pas être passées sous silence, pas plus que les violences policières subies lors des rassemblements précédents. Ce que je retiens de cette journée Au final, je retiens surtout deux choses.

    D'abord, l'importance de la mobilisation. Malgré une interdiction annoncée la veille au soir, les manifestants ont répondu présents en nombre. Les syndicats évoquent 60 000 personnes mobilisées, un chiffre qui donne une idée de l'ampleur du rassemblement. Le cortège était massif, l'ambiance bonne et les gens déterminés à faire entendre leur voix.

    Ensuite, cette différence de maintien de l'ordre entre le 17 et le 24 octobre. En une semaine, nous avons vécu deux manifestations complètement différentes.

    Le 17, nous avons passé une grande partie de l'après-midi à essayer d'éviter les gaz et les charges policières. Le 24, nous avons pu marcher ensemble, dans le calme, pendant presque tout le parcours. La différence ne venait pas des manifestants, qui étaient pacifiques dans les deux cas, mais bien de la manière dont les forces de l'ordre sont intervenues.

    Cette journée montre qu'une manifestation, même interdite, peut rassembler énormément de monde et se dérouler dans le calme. Encore faut-il que les manifestants puissent exercer leur droit de manifester sans être systématiquement confrontés à une répression disproportionnée. Et elle rappelle aussi qu'il ne faut pas fermer les yeux sur les violences commises en marge des cortèges, notamment lorsque des groupes d'extrême droite profitent de ces rassemblements pour s'en prendre à des manifestants.

    Deux samedis, deux manifestations massives et pacifiques, mais deux façons radicalement différentes de gérer la foule. Et forcément, ça pose des questions sur les choix qui sont faits en matière de maintien de l'ordre.

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