Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Est-ce la fin du socialisme à Cuba ? (24/08)
- Noël Godin, le comique belge et célèbre "entarteur", est mort à l’âge de 80 ans (24/08)
- Débat autour du livre "L’État et la révolution citoyenne" aux Amfis (23/08)
- Meeting de Mélenchon aux Amfis (23/08)
- La forêt de Fontainebleau : une construction millénaire de la Nature (21/08)
- Découvrir Althusser, par Panagiotis Sotiris (21/08)
- La France insoumise peut gagner, avec Manuel Cervera-Marzal (21/08)
- Grand entretien avec Frédéric Lordon | Amfis2026 (21/08)
- Dans les coulisses de la présidentielle - Le chemin de la victoire (20/08)
- Manuel Bompard, invité de BFM TV (18/08)
- Comment mener une politique écosocialiste en régime capitaliste (17/08)
- À Ceuta, les Marocain·es crient « Viva España » (16/08)
- Intelligence artificielle : un ogre énergétique à l’empreinte environnementale désastreuse (16/08)
- Rester humain dans un monde de mensonges et de perversité : notre société en 2026 (16/08)
- Bonne nouvelle : malgré le bourrage de crâne militariste européen, le service militaire fait flop (14/08)
- Tout le monde déteste l’algorithme (14/08)
- L’étrange disparition de l’extrême gauche française (14/08)
- Les spécificités du capitalisme français avec le collectif "Réalité" (14/08)
- Circulation monétaire communiste (12/08)
- Lordon : Mathieu Pigasse porte beau (11/08)
- Alain Lipietz : Pour une théorie marxiste du salaire des footballeurs (11/08)
- Dérèglement climatique, incendies, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" d’Alma Dufour (11/08)
- Les leçons stratégiques de la non-affaire Barbara Butch (10/08)
- La climatisation, une solution court-termiste et inégalitaire face à l’urgence climatique (09/08)
- Concert interrompu de Barbara Butch : un emballement médiatique hors norme (07/08)
Liens
Les réponses des États à la crise économique : sauver les capitalistes « quoi qu’il en coûte »
.jpg)
Article initialement publié sur le site du NPA.
Gaston Lefranc est membre du groupe de travail économique du NPA.
Partout dans le monde, les États mettent le paquet pour venir en aide aux capitalistes.
L’argent public est ainsi mobilisé pour couvrir les dépenses des entreprises. Le déficit public n’est soudainement plus le problème. Il va exploser partout en 2020, autour de 10 % du PIB. Cet argent n’est pas « gratuit » : il aura une contrepartie, et il se traduira par une baisse du niveau de vie des travailleurE. D’une certaine façon, une « économie de guerre » se prépare contre les salariéEs, pour restaurer le taux de profit au détriment de la consommation des masses.
Une politique budgétaire expansive pour limiter les faillites des entreprises
L’homogénéité des plans de soutien à l’économie est frappante. Quand la grande crise éclate, les marges de manœuvre se rétrécissent. Les États bourgeois mobilisent l’argent public avec différents outils :
– Des dispositifs de type « chômage technique » pour payer, à la place des patrons, une partie des salaires ;
– Des subventions directes aux entreprises ;
– Des reports et annulations d’impôts et cotisations ;
– Des fonds pour la recapitalisation des grands groupes capitalistes.
En France, 100 milliards sont d’ores et déjà prévus avec ces différents dispositifs. À cela s’ajoutent des garanties de prêts par l’État : des entreprises feront faillite, et l’État remboursera avec l’argent public les banques à la place de ces entreprises.
Quelques milliards, des clopinettes, sont prévus pour les ménages, pour éviter les désastres humanitaires. C’est d’ailleurs dans les pays où la protection sociale est la plus limitée (aux États-Unis) que les aides aux ménages sont les plus importantes. Mais ces sommes restent dérisoires par rapport aux milliards fournis aux capitalistes.
La politique monétaire ne fera pas de miracle
Contrairement à 2008-2009, les banques centrales ne peuvent pas baisser les taux d’intérêt pour stimuler le crédit et l’investissement des entreprises. Ces taux sont déjà pratiquement à zéro. Mais il reste l’arme du « quantitative easing » : la Banque centrale européenne a annoncé un programme massif (750 milliards) de rachats de dettes d’État et d’entreprises. Autrement dit, la Banque centrale va inonder les banques commerciales de « liquidités » (« monnaie centrale ») en contrepartie de ces titres de dettes. Mais ces politiques sont inefficaces pour relancer l’économie. D’une part, l’abondance de liquidités ne garantit pas une hausse de la création monétaire par les banques commerciales. D’autre part, cette création monétaire peut être utilisée pour la spéculation financière, et non pour les achats de biens et services dans l’économie réelle.
C’est pourquoi de plus en plus d’économistes préconisent une création monétaire plus directe, sans la médiation des banques commerciales, pour financer l’économie réelle : annulations de la dette publique par la Banque centrale ou financement du déficit public par une avance (pas un prêt) de la Banque centrale visent à éliminer la dette publique et à stopper les remboursements de l’État. On aurait donc une création monétaire sans endettement pour financer le déficit public. D’autres préconisent que la Banque centrale alimente les comptes en banque des entreprises et ménages : c’est la « monnaie hélicoptère », comme si la Banque centrale distribuait par hélicoptère des liasses de billets. Ces solutions monétaires sont reprises par les antilibéraux, mais aussi, de plus en plus, par des économistes mainstream. Mais cette création monétaire, même si elle n’alimentait pas l’inflation financière, ne relancerait pas l’économie : elle alimenterait l’inflation sur les biens et services. Créer massivement de la monnaie ne permet pas de surmonter les contradictions du capitalisme, et notamment de restaurer le taux de profit des capitalistes, condition sine qua non d’une reprise de la croissance.
Une « économie de guerre » contre les travailleurEs se met en place
La mythologie keynésienne et antilibérale nous fait croire que c’est le New Deal qui a permis de sortir de la crise des années 1930. C’est faux : pour sortir de la crise, le taux de profit doit être restauré grâce à dévalorisation massive du capital. Cela a pu se faire « grâce » aux destructions physiques de la guerre en Europe. Mais cela a aussi pu se faire grâce à la mise en place d’une « économie de guerre » aux États-Unis. Une telle économie consiste à restreindre drastiquement la consommation de la population (via la hausse des taxes, l’emprunt forcé ou l’inflation) pour subventionner massivement l’investissement des entreprises. Du coup l’avance de capital prise en charge par les capitalistes diminue, et le taux de profit se redresse.
La bourgeoisie est en train de mettre en place un type d’économie de guerre, en temps de paix, pour sauver le capitalisme. Les subventions illimitées pour les patrons auront un coût énorme pour les populations. Seule une alternative communiste pourra conjurer cette sombre perspective.





(1).jpg)
.jpg)

.jpg)