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Pourquoi les agriculteurs ont une dent contre Lactalis
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

AGRICULTURE - "Étranglés" par les cours du lait, "endettés", "le moral au plus bas". Les producteurs de lait de l'Ouest vont tenter de faire entendre leur colère à partir de ce lundi 22 août, devant le siège de Lactalis à Laval, en Mayenne, à l'initiative des Fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA, syndicat majoritaire) et des Jeunes agriculteurs (JA).
Moins spectaculaires qu'à certaines périodes des mois passés, les actions des agriculteurs contre les industriels ou la grande distribution se poursuivent néanmoins. Le 5 août, une centaine de producteurs laitiers ont ainsi manifesté devant l'usine Lactalis de Sainte-Cécile, dans la Manche, pour protester contre le prix du lait payé par l'entreprise.
Mauvais payeur
Principale cible des agriculteurs, le numéro un mondial des produits laitiers Lactalis, connu pour ses marques comme Lactel, Bridel ou Président, est en effet considéré comme "le plus mauvais payeur" parmi les industriels laitiers. En juillet et août, le groupe français a payé 256 euros les 1000 litres de lait achetés à ses producteurs, "le prix le plus bas jamais annoncé" selon Marie-Andrée Luherne, secrétaire général de la FDSEA 56.
En juillet 2014, le prix d'achat du lait par le groupe laitier était de 363 euros les 1000 litres, a expliqué à l'AFP un producteur, factures à l'appui.
"Ils payent de 10 à 30 euros de moins que leurs concurrents", déplore Pascal Clément, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de l'ouest (FRSEA). "Nous, on revendique un prix de revient à 386 euros (les 1000 litres) en Mayenne", indique quant à lui Philippe Jéhan, président de la FDSEA de Mayenne. Un prix qui prend en compte "un salaire d'un SMIC et demi", a-t-il précisé.
"À un moment donné, il manque de l'argent. Ne rien dire, c'est dire qu'on est d'accord", se désole ainsi un exploitant de 47 ans de la région de Laval interrogé par l'AFP. En contrat avec Lactalis, il estime sa perte à "47.000 euros en deux ans".
"Lactel ruine les éleveurs"
"Le moral n'a jamais été aussi bas et on n'a jamais autant regardé nos comptes", peste le Mayennais, qui dit ne pas avoir pu se verser son "salaire de 1200 euros" cet été. "Les agriculteurs ne veulent pas trop admettre qu'ils ne vont pas bien, qu'ils sont endettés, qu'ils vivent des aides sociales", poursuit sa compagne qui a quitté son emploi en 2010 pour s'impliquer dans l'exploitation.
Depuis le début de l'été, le message "Lactel ruine les éleveurs" est relayé par les producteurs sous toutes les formes: inscrit sur une banderole tirée par un avion, sur des autocollants placés sur des produits de l'entreprise dans les supermarchés, sur des bâches installées sur le bord des routes, et même en hashtag sur Twitter.
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Les prix du lait n'ont cessé de baisser depuis fin 2014, déprimés par un contexte mondial défavorable avec l'embargo russe décrété mi-2014, et la fin des quotas européens en avril 2015, après 30 ans de régulation.
Le prix d'achat décrété par Lactalis "est un très mauvais signe car ça donne la tendance" pour les autres opérateurs du secteur, regrette Marie-Andrée Luherne, secrétaire général de la FDSEA 56.
"On est dans une situation dramatique", résume Pascal Clément, président de la section laitière de la FRSEA/Ouest. "Et elle continue de se dégrader", alors que "les groupes laitiers ont fait des résultats en très forte hausse l'an dernier". "Sur le dos des producteurs".
Lactalis fait valoir la "réalité du marché"
De son côté, Lactalis a dénoncé dans un communiqué le "discours irresponsable" du "syndicalisme agricole", et mis l'accent sur "une crise de surproduction". "Il n'y a qu'en France où le syndicalisme agricole refuse la réalité du marché et s'en prend à une entreprise en particulier, avec un discours irresponsable", déplore le groupe.
Lactalis affirme aussi que, "parmi les grands producteurs de lait, la France est aujourd'hui celui où le prix du lait est non seulement le plus élevé mais, au-delà, il est nettement supérieur à ceux de tous les grands concurrents européens et notamment l'Allemagne, premier producteur européen".
"On ne peut pas à la fois guerroyer et faire un blocus (...) et stigmatiser notre groupe et demander de se mettre autour de la table", affirme par ailleurs Michel Nalet, directeur de la communication du groupe. "Ce n'est pas parce que l'entreprise peut être considérée comme une entreprise qui se porte bien et qui se développe que nous pouvons nous exonérer de la réalité de notre marché", relève-t-il encore.
À Laval, les producteurs de lait de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire sont en tout cas bien décidés à "faire plier Lactalis" pour une revalorisation des prix d'achat du lait. "Il faut que les négociations reprennent" avec le groupe, pour arriver à "un juste prix", disent les responsables syndicaux.
Les producteurs ont prévu d'occuper lundi un rond-point proche de l'usine Lactalis et de se relayer chaque jour. Pour "tenir dans la durée", selon la FDSEA du Morbihan.




