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[18 nov] Journée de débat sur le centenaire de la Révolution russe

1917

Brève publiée le 18 novembre 2017

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.contretemps.eu/souffle-octobre/

Samedi 18 novembre 2017, à la Maison des Sciences de l’Homme Paris-Nord, 20, avenue George-Sand. 93210 La Plaine Saint-Denis (métro : Front Populaire, ligne 12). 

Programme de la journée

Aspects et contradictions d’une révolution

Samedi matin (10h-12h 30) : en 2 ateliers parallèles et discussion avec la salle. 

Des soviets à l’autogestion, de la Russie à la Yougoslavie : Catherine Samary

Centralisation (et laquelle) et/ou autonomie de gestion de la production des entreprises et des terres ? Spontanéité de l’auto-organisation et/ou droits autogestionnaires introduits (canalisés) “par en haut” ? L’expérience révolutionnaire a dépassé ces oppositions binaires (pour le meilleur et pour le pire) ; tirons-en le meilleur.

Le communisme tout de suite ? Les bolcheviks, les communes et les paysans : Eric Aunoble

En prenant l’exemple peu connu des communes agricoles, il s’agira de questionner la politique des bolcheviks à la campagne, dans son rapport aux plébéiens radicalisés et à la masse paysanne, entre radicalité transformatrice et adaptation aux structures sociales. Si la question agraire comme clé de voûte d’une possible révolution appartient largement au passé, celles du volontarisme politique, de l’utopie concrète et de la mobilisation des classes pauvres restent déterminantes pour l’avenir.

La guerre civile, un des tournants de la révolution : Jean-Jacques Marie

La guerre civile détruit l’économie de la Russie, épuise ses maigres ressources, engendre la famine, bloque la mise en œuvre de la plupart des mesures sociales émancipatrices décrétées de novembre 1917 à mars 1918, en particulier celles qui porte sur l’émancipation des femmes (construction d’un réseau de crèches, jardins d’enfants cantines collectives, etc.), dresse l’ensemble des autres partis contre le parti bolchevik, modifie la vie interne de ce dernier et prépare l’instauration du parti unique.

Espoirs et déceptions des féministes, dans les années 20 : Josette Trat

En prenant appui sur quelques -uns des écrits de Madeleine Pelletier, Emma Goldman d’un côté et Alexandra  Kollontaï de l’autre,  nous reviendrons sur l’enthousiasme suscité par la révolution russe chez ces trois militantes révolutionnaires mais aussi leur regard désabusé sur le sort réservé aux femmes  dans le processus révolutionnaire en cours.

Soviets et comités, l’ancrage d’une démocratie par en bas : Yohan Dubigeon

Organes de base de la révolution d’octobre, les soviets et comités sont paradoxalement peu étudiés pour eux-mêmes. La présentation s’arrêtera sur leur rôle décisif dans le déclenchement révolutionnaire, les rapports très ambigus des partis politiques à ces organisations spontanées, et enfin les principes démocratiques qui président à leur installation.

Le souffle d’Octobre vers l’Orient : Pierre Rousset

La révolution russe a créé des conditions favorables à une internationalisation du marxisme en dehors de l’espace européen et, singulièrement, en Asie de l’Est. Ce processus a eu pour corollaire son enracinement (qui implique l’intégration de réalités nouvelles) dans des formations sociales très différentes de l’ouest-européen. Son succès permet, en retour, de revisiter la révolution russe du point de vue du « tiers monde » et non seulement des pays les plus industrialisés.

L’onde de choc européenne, le « biennio rosso » au prisme d’Octobre : Stéfanie Prezioso

L’extraordinaire nouveauté, la formidable force créatrice et le caractère socialiste des événements révolutionnaires qui se produisent en Russie, pour reprendre les termes d’Antonio Gramsci, nourrissent non seulement les espoirs mais aussi un terreau favorable à l’ouverture de processus révolutionnaire au sortir du conflit. En Italie, les grèves d’avril 1920, puis l’occupation des usines en septembre de la même année semblent alors constituer le prélude d’une « révolution en acte ».

Octobre 17 et les avant-gardes artistiques : continuité ou contiguité ? : Hervé Dubourjal

La question sera de savoir si la Révolution bolchevique a eu des effets visibles dans le domaine de l’art ou si les deux mouvements, politique et artistiques, ne se sont pas plutôt développés parallèlement, tout au moins jusqu’au « Littérature et Révolution » écrit par Trotski en 1922-1923.

Balises et bilans critiques

Samedi après-midi (14h-16h) en 2 ateliers parallèles et discussion avec la salle

Vie des soviets et soviets sans vie : Patrick Le Moal

L’objectif est de donner quelques repères pour prendre la mesure de la rapidité du processus de bureaucratisation des soviets et des autres structures d’auto organisation, et donner quelques éléments d’explication. Car les raisons de cette évolution sont multiples, liées à l’héritage du tsarisme, à l’absence de tradition démocratique, mais aussi à des choix politiques des bolcheviks, par exemple à propos des débats sur le contrôle ouvrier et sur le rôle du parti par rapport à la démocratie soviétique dans les décisions majeures. 

Démocratie formelle et réelle, droits fondamentaux et mesures d’exception : Francis Sitel

Octobre 17 a longtemps fait fonction de modèle au regard de la stratégie et de la visée révolutionnaires. Au-delà des faiblesses, dérapages, voire erreurs, la question des droits et libertés dans la révolution russe indique davantage : une fêlure du modèle même. Sans relativiser la rupture du stalinisme et la dérive totalitaire, il convient de s’interroger sur la question de la liberté dans la révolution.

Penser la temporalité révolutionnaire avec Octobre et Daniel Bensaïd : Sophie Wahnich

Penser le temps révolutionnaire, suppose de surprendre une temporalité qui échappe aux sages ordonnancements d’un flux uniforme, homogène. C’est ainsi que Daniel Bensaïd tente de nous le faire pressentir en s’appuyant sur Walter Benjamin et sa critique du temps homogène et vide du capitalisme. Le temps révolutionnaire c’est celui de la décision, du kaïros et de l’accélération.  Daniel Bensaïd  parle d’un temps brisé, la cassure révolutionnaire est celle d’une décision-saisie, loin de toute pensée bureaucratique.  Pour conjurer une catastrophe il faut un sens aigu du moment, alors l’événement dit-il « manifeste le présent d’une présence ». Il est temps. Or pour Daniel Bensaïd c’est le parti politique qui doit dire ce « il est temps », un parti « boite de vitesse ».

Comment en est-on arrivé au parti unique ? : Samy Johsua

En 1927, Boukharine écrit : « Sous la dictature du prolétariat, deux, trois ou quatre partis peuvent exister mais à une seule condition : l’un au pouvoir, les autres en prison ». « Analyse » devenue dogme sinistre. Pourtant le cheminement fut lent pour y parvenir, entièrement contradictoire avec l’histoire même du parti bolchevik, et la théorisation encore bien plus. Produit mal maîtrisé des circonstances ou racines profondes ?

La révolution russe, le socialisme, le communisme, Marx : Isabelle Garo

À la fin de sa vie, Marx avait envisagé une révolution en Russie. En retour, son œuvre y a joué un rôle dont il s’agit ici d’esquisser la nature et les limites, en s’arrêtant principalement sur les questions du socialisme et du communisme. Car la question des alternatives au capitalisme et de ses moyens politiques demeure la nôtre.

La stratégie léniniste, qu’en reste-t-il ? : Ugo Palheta

Lénine et le léninisme font figure de grands oubliés du renouveau des pensées critiques discernable depuis une quinzaine d’années, du moins en France. Après avoir tenté de montrer comment la pensée stratégique de Lénine s’est construite en dialogue permanent avec la trajectoire chaotique des luttes de classe (en Russie et ailleurs), on examinera plusieurs points centraux de ce qui peut être nommé stratégie léniniste, en tentant de les saisir comme une série de problèmes ouverts, ou à rouvrir, et non comme autant de postulats, incontestables et inamovibles.

1917-2017, après un siècle que reste-t-il d’Octobre 17 ?

Samedi après-midi (fin) 16h 30-18h 30 (table ronde entre les intervenants). 

  • Qui fait la révolution ? Prolétariat, salariat, peuple ?
  • Révolution ou transformation progressive
  • Le pouvoir est-ce l’État : l’investir, le prendre, le détruire ?
  • Social et politique : faut-il un parti, des partis, plus de partis ?
  • Quelles leçons d’Octobre ? Pour hier et aujourd’hui

Présentation globale : François Sabado.

Intervenants : Clémentine Autain, Olivier Besancenot, Roger Martelli, Christian Laval, Francisco Louçã (Bloc de gauche du Portugal).

Conclusion et présentation de la Société Daniel Bensaïd : Charles Michaloux.