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    Les politiciens se suivent et se ressemblent

    Par Julien Varlin (10 décembre 2016)
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    Cette petite vidéo simple et efficace qui compare Fillon à Chirac est l'occasion de secouer un peu certains discours qui idéalisent le passé, et la droite du passé, qui soi-disant était moins néolibérale, moins raciste, moins répressive...

    Un discours que l'on retrouve en particulier chez celles et ceux qui sont allé.e.s voter pour Juppé à la primaire de droite, et qui a fortiori idéalisent encore plus le Parti socialiste d'avant1. Ce même PS qui a pourtant inauguré le tournant néolibéral en France sous Mitterrand, et qui sous le gouvernement Jospin a privatisé plus que la droite n'avait osé le faire2. Un gouvernement Jospin dans lequel on trouvait le ministre Mélenchon, qui n'en a jamais fait de bilan critique.

    Il est temps de regarder clairement le constat en face, tous les politiciens de tous les pays capitalistes font globalement la même politique économique (austérité et libéralisation) depuis des décennies :

    • Rendre le travail plus flexible (point de vue patronal) / précaire (point de vue salarié) au nom de l'emploi. (« Réformes structurelles »)

    • Privatiser les entreprises au nom de l'efficacité (les vendre aux copains bourgeois), dégager de nouvelles sources de profit, et introduire la pression du marché sur les (ex) fonctionnaires.

    • Diminuer les impôts sur les entreprises au nom de la stimulation de l'investissement, en reportant de fait la fiscalité sur les moins riches (augmentation de la TVA…) et en coupant dans la protection sociale.

    Le cynisme ne manque dans cette caste de professionnels, dont un paquet ne font que renvoyer l'ascenseur à leurs amis capitalistes, en faisant purement et simplement une politique de classe. C’est si naturel dans leur monde que ça en devient difficile à cacher, comme quand Wauquiez (le même qui vomit sur le « cancer » de l’assistanat) dit « Il faudra dire que les plus riches ne seront pas les seuls bénéficiaires de notre projet. La droite doit s’adresser aux classes moyennes »3

    Mais la racine du mal est plus profonde. La plupart du temps la droite comme la gauche assurent que leur politique est la seule possible pour que « la croissance revienne », donc pour « l’intérêt général ». Certains doivent même y croire. Surtout, si même des politiciens qui avaient promis une rupture assez nette (Mitterrand, Tispras…) se retrouvent à faire exactement l’inverse, c’est que la rupture n’est pas simple. Le système capitaliste et sa concurrence rappellent à l’ordre tous ceux qui voudraient commencer une politique qui dans le cadre actuel conduit à une baisse de rentabilité. On peut sortir de l’autoroute néolibérale (nommée TINA4), mais il faut briser un mur qui n’est pas petit. Le mur qu’on appelait déjà « mur de l’argent » dans les années 1920.5

    Ce mur, c’est la possession des grandes entreprises par une classe d’exploiteurs. Ces grands moyens de production et d’échange qui n’ont historiquement jamais été aussi productifs, pourraient pourtant servir aux besoins sociaux au lieu de nous enchaîner au travail ou au chômage. Mais ce n’est pas un gouvernement ordinaire qui peut abattre ce mur, encore moins un « sauveur suprême » présidentiel. Il faut faire passer la gestion de l’économie de quelques mains à une gestion collective par la classe des travailleur.ses. Cela veut dire exproprier les riches, mais aussi bousculer tous les petits chefs pour que chaque lieu de travail ou de vie soit géré par des collectifs démocratiques. Cela implique évidemment une mobilisation massive, une révolution sociale.

    Si nous ne développons pas clairement cet objectif du renversement du capitalisme, nous n’en finirons pas non plus avec le néolibéralisme, et ce qu’il engendre en faisant pourrir la société : le terreau pour les réactionnaires toujours plus autoritaristes, de l’État d’urgence sauce PS jusqu’au clan Le Pen.


    1 Qui est pourtant un parti du système, un parti de la bourgeoisie, depuis la normalisation de Mitterrand.

    2 Tendance CLAIRE, Retour sur le bilan de la «gauche plurielle» au pouvoir (1997-2002), 2012

    3 http://rue89.nouvelobs.com/2016/11/28/laurent-wauquiez-les-plus-riches-tweet-fait-tache-265757

    4 https://fr.wikipedia.org/wiki/There_is_no_alternative

    5 Tendance CLAIRE, Retours historiques sur le réformisme antilibéral « de gauche », 2014

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