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Arrestation de deux volontaires internationalistes du Rojava par l’armée turque

Par Heval Azad ( 4 janvier 2017)
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Deux internationalistes tchèques qui se rendaient au Rojava pour y livrer du matériel médical (dont le manque se fait cruellement sentir sur place) ont été arrêtés par l'armée turque le 16 novembre. Cela a été annoncé dans la presse turque. Accusé-e-s de « trafic d'armes pour le compte d'une organisation terroriste » (!), Serxwebûn Botan et Zelane Botan risquent d'être condamné-e-s à de longues peines de prison.

Déjà à l'été 2016, le gouvernement turc avait explicitement visé les volontaires internationalistes se battant aux côtés des YPG en plaçant le Bataillon international de Libération (Tabûra Azadî ya Enternasyonal) sur la liste des organisations terroristes. En septembre, une ancienne volontaire franco-kurde, Ebru Firat, avait été arrêtée à Istanbul et attend toujours, dans les geôles turques, d'être jugée pour « terrorisme ». Comment interpréter le fait que les volontaires internationalistes soient de plus en plus visé-e-s par l'Etat turc ? S'agit-il d'une « mise en garde » à ceux et celles qui se risqueraient à soutenir concrètement et activement les YPG dans leur combat contre Daesh ? Le gouvernement turc souhaite-t-il évincer les internationalistes présent-e-s au Rojava pour, à la veille d'une offensive généralisée contre les YPG, éviter des morts « embarrassantes » pour ses alliés occidentaux ? Il est difficile de se prononcer actuellement et les conjectures vont bon train.

Quelles que soient les intentions de l'Etat turc vis-à-vis des volontaires internationalistes, celui-ci a déjà reçu une réponse univoque de la part des gouvernement occidentaux. Le gouvernement allemand n'a pas dévié de son obsession anti-PKK et de son soutien inconditionnel à l'Etat turc et n'a pas commenté la mort de l'un de ses ressortissents combattant Daesh sous les bombes de l'armée turque qui n'était pas censée intervenir. De même, les réactions françaises ont été plus que timorées suite à l'arrestation de Ebru Firat...

Mais le plus abject reste sans doute la réaction du gouvernement états-unien. Aucun commentaire officiel n'a été fait sur la mort du martyr Hevel Robîn volontaire états-unien au Rojava (cf. notre article http://tendanceclaire.org/article.php?id=1098). Barack Obama a bien, le 15 décembre 2016, présenté ses condoléances... mais à Erdogan, « pour les soldats turcs tués en Syrie dans leur combat contre Daesh » ! Quand un volontaire états-unien combattant Daesh est tué par une bombe turque, M. Obama trouve opportun de présenter ses condoléances à ses bourreaux qui ne sont pas en Syrie pour combattre Daesh, mais pour empêcher les Kurdes de Syrie de réaliser leur unité territoriale.

M. Erdogan a les mains libres et, s'il nourrissait quelques craintes quant à la réaction qu'entraînerait la mort de volontaires occidentaux combattant Daesh, le voici rassuré.

Vive la solidarité internationaliste ! Sehîd namirin !

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