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Grève, défilés... la fronde contre les rythmes scolaires continue

éducation lutte-de-classe

Brève publiée le 5 décembre 2013

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

PARIS, 05 déc 2013 (AFP) - Classes vides, manifestations de profs, agents municipaux et parents contre la réforme des rythmes scolaires: moins de 2 instituteurs sur 10 selon le ministère, plus de 4 sur 10 selon leur premier syndicat, faisaient grèvejeudi. 

      Plusieurs syndicats appelaient à arrêter le travail, réclamant l'assouplissement du décret sur les rythmes dans le primaire (SNUipp-FSU, majoritaire), ou son abandon (FO, CGT, Sud, CNT), soutenus par la fédération de parents d'élèves Peep qui demande une "concertation". 

      La participation était de 18,89% au niveau national et de 15,64% à Paris selon le ministère de l'Education, moins qu'à la mi-novembre (23% au niveau national, 41% à Paris).

      Au niveau national, le SNUipp-FSU estimait que près de 42% des instituteurs - sur la base de 77 départements - ne feraient pas classe. Le secrétaire général Sébastien Sihr devait participer à la manifestation francilienne à Paris en début d'après-midi. 

      A Paris, 195 écoles sur 663 étaient partiellement en grève et 31 entièrement selon la mairie. Le SNUipp-FSU 75 tablait sur "plus de 30% de grévistes et au moins 40 écoles fermées". 

      "On soutient le mouvement", indique Emeline, maman d'un garçon à l'école maternelle parisienne du 6 rue Legouvé (Xe). "La réforme n'a pas été préparée. On ne sait toujours pas qui seront les animateurs en janvier ni quelles seront les activités". 

      "Je ne pense pas que cette grève change quoi que ce soit", estime sous couvert d'anonymat une enseignante, pas gréviste cette fois-ci. Et, dit-elle, "perdre 100 euros par jour, ce n'est pas évident". 

      A l'école parisienne du 15 rue Eupatoria (XXe), Romain Behar, enseignant syndiqué chez FO, critique "la fatigue des élèves" et "cette invasion du personnel de la mairie dans nos locaux". 

      A Paris comme en province, des manifestations étaient prévues. 

      "Rythmes scolaires : une dose le lundi, une dose le mardi, une dose le jeudi, une dose le vendredi ; attention ne pas dépasser la prescription", indiquait une pancarte à Marseille, où 1.000 à 1.500 personnes ont battu le pavé.

      Une peu plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées à Strasbourg, Vésoul ou Reims, et 400 à Nice selon la police, contre 1.300 à 1.400 lors de la précédente manifestation sur ce thème.

      "Je n'organiserai pas cette réforme dans nos écoles tout comme les maires de la Métropole Nice Côte d'Azur", a déclaré à l'AFP le maire UMP de Nice Christian Estrosi, assurant que cela coûterait plus de 5 millions d'euros à sa ville.

      

      "Intérêts préélectoraux"

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      La Haute-Garonne, où la moitié des élèves étaient déjà aux 4,5 jours avant la réforme, comptait 30 à 35% de grévistes, selon Patrice Soulié du SNUipp-FSU. 

      Le décret "est trop rigide" et "fait disparaître les mercredi matins de concertation" entre enseignants, regrette-t-il. Se concerter "le soir ou le mercredi après-midi ,c'est une punition !".

      Le SNUipp réclame un assouplissement du décret. "Je ne crois pas que l'échec scolaire va être réglé en retournant à l'école le mercredi matin", déclare Sébastien Sihr.

      "Il faut un coup d'accélérateur sur les moyens" pour "concrétiser la priorité au primaire", ajoute-t-il, citant la formation continue des enseignants, l'éducation prioritaire, la baisse des effectifs en maternelle. 

      D'autres organisations n'appelaient pas à la mobilisation. La FCPE, principale fédération de parents, soutient la réforme.

      Parmi les syndicats d'enseignants, l'Unsa ne soutient pas une grève qui "amalgame des revendications de toutes sortes" et le Sgen-CFDT estime qu'appeler à suspendre ou récrire le décret "c'est se tromper de cible" car "les difficultés" relèvent "des modalités concrètes de mise en oeuvre".

      De leur côte, les députés ont rejeté jeudi une proposition de loi UMP pour donner aux maires le libre choix du temps scolaire et obtenir une compensation du coût de la réforme. 

      L'UMP, soutenue par l'UDI, a livré un réquisitoire contre une réforme des rythmes scolaires "impopulaire", "inapplicable", "tournant au fiasco". Le ministre de l'Education et la gauche ont, eux, fait bloc contre un texte au service "d'intérêts préélectoraux", mettant "de l'huile sur le feu".

      La réforme, destinée à mieux répartir les cours pour lutter contre l'échec scolaire, a été mise en oeuvre il y a trois mois dans 17% des communes, les autres attendant la rentrée 2014.