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Roumanie : sous pression, le gouvernement roumain démissionne
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
BUCAREST, CORRESPONDANT - La rumeur grandissait depuis la mi-janvier lorsque les "indignés" roumains ont pris d’assaut la place de l’Université de Bucarest pour demander la démission du gouvernement de centre-droit dirigé par le premier ministre et président du Parti démocrate-libéral, Emil Boc.
Lundi 6 février, ce proche du président centriste, Traian Basescu, a annoncé la démission de son gouvernement après trois ans et demi de mandat. "Je dépose ma démission parce que je ne veux pas m’accrocher au pouvoir", a-t-il déclaré lundi matin après avoir passé la nuit au palais présidentiel en tête à tête avec le président. "Je remercie les Roumains pour avoir sauvé la Roumanie d’une faillite économique. Nous avons mis de l’ordre dans les finances du pays."
Depuis le début de la crise économique en 2008 le gouvernement d’Emil Boc a imposé la politique d’austérité la plus dure de l’Union européenne : baisse des salaires de la fonction publique de 25 % et augmentation de la TVA de 19 % à 24 % dans un pays où le salaire moyen est de 350 euros. Plus de 200 000 fonctionnaires ont été mis à la porte en l’espace de deux ans.
Le mouvement de colère spontané, très médiatisé, s’est rapidement répandu dans tout le pays. Les réseaux sociaux ont fait le reste et une trentaine de villes roumaines ont pris part à la mobilisation.
La réaction du gouvernement s’est révélée très insuffisante, M. Boc préférant d’abord ignorer les manifestants avant de donner d’infimes gages, plus symboliques que réels. Ainsi du limogeage du ministre des affaires étrangères, Teodor Baconschi, coupable d’avoir assimilé les "indignés" à des "supporteurs de macadam de la démocratie".
Cet "autisme politique", selon le mot du politologue Cristian Pirvulescu, a augmenté l’exaspération de la rue, défiante vis-à-vis de l’ensemble du personnel politique.
Au sein de son propre parti, la position de M. Boc semblait intenable, plusieurs voix importantes des démocrates-libéraux (PDL) osant depuis quelques jours évoquer sa démission. "Nous devons assumer nos difficultés publiquement et nous mettre à table avec l’opposition pour établir un calendrier électoral", affirmait fin janvier l’eurodéputé Cristian Preda, membre du PDL.
Lundi, le chef de l’Etat a convié tous les partis à une réunion pour décider du sort du futur gouvernement. L’hypothèse qui tient le haut du pavé est la mise en place d’un gouvernement de technocrates jusqu’à des élections législatives qui auraient lieu en novembre.
L’opposition, composée de socialistes et de libéraux, a prévenu qu’elle serait intransigeante. "Nous n’allons pas accepter un premier ministre proposé par le président Basescu, a déclaré Crin Antonescu, président du Parti libéral. Nous n’accepterons qu’une seule solution : les élections anticipées. La démission du gouvernement est la victoire de tous ceux qui ont protesté pour demander un changement."
Quant aux socialistes dirigés par Victor Ponta, ils espèrent, eux aussi, obtenir du président Traian Basescu l’organisation d’élections anticipées.




