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Réussite du stage Sud Éduc’ « pédagogies alternatives et syndicalisme » !

Par Victor Müller (17 janvier 2017)
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Ces jeudi 12 et vendredi 13 janvier avait lieu à la Maison des Syndicats de Créteil une formation syndicale organisée par Sud Éducation sur le thème : « pédagogies alternatives et syndicalisme ». Dans une atmosphère conviviale et militante, elle a réuni plus de 200 personnes, traduisant une montée en puissance de ce stage organisé depuis déjà plusieurs années.

Dans l’introduction en séance plénière, l’accent était mis sur la pertinence des pédagogies coopératives, malgré les tentatives de récupération par les classes dominantes . Les participant-e-s se sont ensuite réparti-e-s en ateliers animés par des militant-e-s syndicaux/ales et pédagogiques, dont certain-e-s se revendiquaient de différents courants ou mouvements comme l’ICEM (mouvement Freinet), le Groupe français d’éducation nouvelle ou la pédagogie institutionnelle. Sur les deux jours, chacun-e avait le temps participer à quatre ateliers sur une vingtaine au total, dont des ateliers autogérés proposés par les participant-e-s eux/elles-mêmes plutôt que par le collectif d’organisation.

Les discussions en atelier liaient les questions de pédagogie, les revendications économiques et/ou politiques et le projet d’une société égalitaire et autogestionnaire où l’émancipation de chacun-e irait de pair avec l’égalité de tou-te-s. Ainsi, les ateliers sur la « méthode naturelle » de Célestin Freinet illustraient l’intérêt immédiat d’une pédagogie fondée sur la coopération et l’autogestion, l’insuffisance des moyens pour la mettre en œuvre dans l’enseignement public aujourd’hui, et l’importance de telles expériences pour l’élaboration d’un projet de société communiste et autogestionnaire.

Une attention particulière était portée aux moyens de renforcer chez les élèves et les collègues la conscience de classe ainsi que la conscience antiraciste et anti-sexiste. Par exemple, un atelier sur la prévention des violences sexuelles en livrait une analyse anti-patriarcale avant de présenter des outils féministes directement utilisables par les éducateurs/trices. D’autres proposaient des enquêtes conscientisantes permettant de faire sentir concrètement les appartenances de classe et les assignations raciales aux élèves, aux parent-e-s et aux éducateurs/trices.

La lutte revendicative n’était pas absente de la formation. Le jeudi, une délégation s’est rendue devant le rectorat de Créteil pour participer à la manifestation du mouvement de grève « Touche pas à ma ZEP ! ». La plénière du vendredi a été l’occasion de donner la parole à deux anciennes grévistes du lycée Jean-Rostand de Villepinte, qui ont mené au mois de mai une lutte intercatégorielle contre la suppression de postes en CUI, associant victorieusement les personnels enseignants et non-enseignants ainsi que les élèves, et à une ancienne gréviste des services municipaux de Saint-Denis, qui a participé au mouvement victorieux contre le projet de « lutte contre l’absentéisme » au mois de décembre.

Cette formation a donc bien mis en évidence les liens entre syndicalisme et pédagogies alternatives. Face aux contre-réformes gouvernementales et aux discours réactionnaires sur l’éducation, il ne suffit pas de revendiquer plus de moyens pour l’enseignement public. Tou-te-s les éducateurs/trices qui se revendiquent du mouvement ouvrier ou des idées anticapitalistes ont intérêt à multiplier les expériences pédagogiques coopératives, pour mettre en cohérence leurs idées politiques et leurs pratiques pédagogiques.

Ces deux jours qui renouvellent les meilleures traditions du syndicalisme enseignant et du mouvement ouvrier ont été un vrai bol d’air pour les participant-e-s. Les découvertes et les rencontres ont attisé l’envie de lutter ensemble pour l’émancipation, dans la salle de classe et dans les organisations de classe. La prochaine édition est déjà prévue pour le début 2018. Parions qu’elle sera encore plus réussie que cette année !

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