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Le Medef se radicalise, poussé par la base de ses adhérents
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) Le Medef menace de sortir du pacte de responsabilité. Un discours de posture que certains jugent dangereux.
Chacun a ses ultras. Le gouvernement avec une partie de sa majorité parlementaire. Et le Medef avec une partie non moins négligeable de ses adhérents qui le poussent à hausser le ton vis-à-vis de l’exécutif. L’interview parue ce mercredi dans le « Figaro » de Geoffroy Roux de Bézieux a pu ainsi surprendre par sa virulence. « Il ne faudrait pas qu’à force de réduire le pacte de responsabilité, le gouvernement nous pousse à en sortir », avance le vice-président du Medef. En réalité, cette position est l’exacte réplique, à l’autre bout du spectre, du discours tenu par le leader de la CFDT , Laurent Berger, en ouverture de son congrès à Marseille dimanche. Chacun est dans son rôle. Et pour les mêmes raisons. Il faut rassurer la base.
Pierre Gattaz, tout comme ses vice-présidents, sillonne très régulièrement la France depuis son arrivée à la tête du Medef pour prendre le pouls des chefs d’entreprise. Or les discours entendus sur le terrain frappent souvent par leur véhémence, très éloignée des couloirs feutrés de l'avenue Bosquet. « Il y a un degré d’énervement, et même d’exaspération très fort qui se retrouve dans toutes les régions, pas une ne fait exception », s’alarme un des responsables de l’organisation patronale.
Jeu de dupes
En déplacement à Strasbourg au mois de mai, le président du Medef a pu mesurer une fois de plus la radicalité des discours des dirigeants présents à la rencontre sur l’emploi organisée par le Medef local. On y parle de « supprimer les syndicats d’extrême gauche car on n’entend qu’eux ! », de « pratiquer la politique du coup de pied aux fesses pour remettre les chômeurs au travail ». Et le pacte de responsabilité est le plus souvent présenté comme un jeu de dupes. A côté, les déclarations jugées musclées du président du Medef paraissent bien fades.
Face à cette radicalité, certaines personnalités au sein du patronat poussent à sortir du pacte de responsabilité, mais elles sont très minoritaires. Parmi les dirigeants actuels du Medef, personne n’envisage à ce stade de claquer la porte. Et plusieurs voix se font entendre pour ne pas céder à la surenchère : « A force de remettre en cause le pacte dans nos discours, que ce soit côté syndicats ou patronat, ça va finir par lâcher. Or personne n’a à y gagner, et les entreprises encore moins que les autres », fait remarquer l’un des responsables du Medef.
Pour le patronat, il est davantage question d’obtenir des assurances sur plusieurs dossiers clefs, comme la pénibilité ou la suppression de la C3S , plutôt que de remettre en cause un pacte qui oriente la politique gouvernementale dans un sens clairement favorable aux entreprises. « Il faut remettre de la cohérence entre les discours et les actes du gouvernement », insiste un membre du bureau exécutif, pour qui, « arrêter les mesures anxiogènes du type contrôles fiscaux ou compte pénibilité est même plus important que de baisser encore le coût du travail ou la fiscalité ».




