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Sur la manif parisienne du 9 février - Le soulèvement des gilets jaunes : retour aux fondamentaux ?
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4000 manifestant.e.s selon Castaner. Éternel enfumage auquel nous sommes habitués. Ce samedi 9 février, ce sont des milliers de personnes qui ont rejoint les Champs-Élysées, pour un retour en beauté sur l'avenue devenue symbole du soulèvement.
Le parcours avait été déposé et était alléchant: champs Élysées, Assemblée Nationale, Sénat, Medef, Champ de mars. Un parcours au plus près des lieux de pouvoirs, bien loin des précédentes manifestations quadrillées par un service d'ordre d'extrême droite. Mais fait nouveau cependant : les figures du mouvement, qu'il s'agisse d'Éric Drouet ou de Jérôme Rodriguez ont refusé de déclarer la manifestation, considérant que la manif soit autorisée ou non, la police réprime sûrement dans tous les cas.

Un tournant politique ?
Le départ des Champs et le peu de participation aux événements laissaient présager une journée un peu morne, peu peuplée. A 11h, si des centaines de gilets jaunes était présent.e.s, on ne pouvait manquer l'imposant cortège NPA/Solidaires ainsi que celui du Front Social ou encore de l'Action Antifsciste. Cortèges nécessaires, pour ne pas laisser le terrain à l'extrême droite et répliquer sérieusement en cas d'attaques. Malgré cela, se retrouver entre visages connus pose toujours problème et laisse prendre la mesure d'une faiblesse numérique.
Mais une fois de plus, les gilets jaunes n'ont pas oublié de nous surprendre. Progressivement, des milliers de personnes, transformant le petit défilé en cortège massif et compact. Ici, les slogans résonnent "grèves, blocages, Macron Dégage" ou encore le fameux "A-ha, anticapitalistes !". Une chose est sûre: cette manifestation, dans sa grande majorité, était très à gauche, signe que la bataille d'hégémonie a gagné du terrain. Il ne faut cependant pas en rajouter : les manifestations regroupent moins de monde, et même si un virage sur langage s'opère, c'est aussi significatif de certaines franges du soulèvement (et pas nécessairement les franges influencées par l'extrême droite)

Débordement, le retour aux sources
Un cortège déterminé donc, radicalisé après le passage à l'Assemblée Nationale barricadée de panneaux publicitaires. C'est ici que la police a de nouveau mutilé un gilet jaune, une grenade GLIF4 lui ayant déchiqueté la main. Castaner a beau nous dire que l'IGPN a été saisie, nous connaissons déjà le résultat de l'enquête: non lieu, ou au mieux une mutation.
A partir de là, ce fut le débordement. Mais un débordement joyeux, enthousiaste pour rester encore dans les quartiers riches, histoire de leur faire peur de nouveau. Dans certaines rues, pas une banque ne résista aux assauts d'une foule non pas haineuse mais bien radicale, résolument anti-capitaliste. Puis ce fut au tour des voitures à plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros à partir en flammes. Riches, vous paierez tout.

De multiples attaques policières ont scindé les cortèges dont certains regroupaient toujours des milliers de personnes. C'est la qu'une belle idée émerger: allons a labour Eiffel ! Immense moment de joie devant les touristes à la fois hagards et agréablement surpris puis déambulation dans les rues avant de se diriger a Trocadéro ! Superbe moment, joie d'être ensemble et d'avoir malgré tout réussi à balader la police toute la journée. Les photos souvenirs sont immanquables tant la sensation de victoire était grande et tant les affrontements, aux pieds de la Tour, ou fumée noire de feux et nuages blancs de lacrymogènes devaient être capturés pour assurer le plus bel effet.
Plusieurs groupes on ensuite tenté de rejoindre les champs Élysées mais, la nuit tombant, BACqueux et voltigeurs voulaient laver l'affront qu'ils ont subit la journée, il était donc temps de rentrer.
Un bilan ?
La joie des premiers actes a été retrouvée : joie de se retrouver ensemble, d'être au plus près des centres de pouvoir, joie de tenir la rue. Joie aussi de minoriser de plus en plus l'extrême droite, qui a de plus en plus de mal à occuper l'espace, décriée notamment par certains représentants.

Il faut néanmoins pouvoir franchir le plafond de verre qui empêche de passer un cap, et pour cela nous devons tout faire pour toucher les franges pas encore investies dans le mouvement. Pour y arriver, organiser la mobilisation avec des AG régulières démocratiques pour préciser nos objectifs, pour aller voir les autres travailleur-se-s, pour en faire un point de ralliement pour tout-e-s celles et ceux qui ont en marre de Macron et son monde. Mais aussi tout mettre en œuvre pour que les syndicats arrêtent de discutailler avec Macron et ses ministres et mobilisent enfin largement, pour qu’ils appellent partout à réunir des AG dans les quartiers et sur les lieux de travail, à discuter les revendications et à se coordonner comme dans l’Assemblée des Assemblées de Commercy. Le gouvernement est en pleine crise de légitimité, soutenu par une petite minorité toujours plus à droite, il est possible de le vaincre, à condition de trouver les voies pour faire entrer dans la lutte la majorité de celles et ceux qui soutiennent le mouvement. Encore 64% de la population et l’écrasante majorité des prolétaires selon les sondages, malgré le lynchage médiatique méticuleux semaine après semaine. Mais nous sommes debout et plus déterminé.e.s que jamais !
Vive le soulèvement des gilets jaunes !
Dehors Macron ! Dehors le gouvernement du MEDEF !
Organisons nos assemblées partout, dans les quartiers et sur les lieux de travail !
Pour la grève générale !








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