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    Sur les résultats du second tour des élections cantonales

    Par Tendance CLAIRE ( 1 avril 2011)
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    Le second tour des élections cantonales confirme et amplifie les enseignements que nous avons tiré aux lendemains du premier tour (1).

    Le taux d’abstention est de 55,2%, soit un taux quasi-identique à celui du premier tour (55,7%). Cumulés avec les votes blancs ou nuls (7,1%), c’est 62,3% des Français qui ont « boycotté » les partis en compétition. Les vieilles ficelles du vote républicain pour faire barrage au FN ont très peu fonctionné : comme nous allons le voir, cela a plutôt ajouté au discrédit des partis du système et contribué à renforcer la posture « anti-système » frauduleuse du FN.

    L’effondrement de l’UMP ne profite pas au PS qui réussit l’exploit de perdre des élus !

    La déconfiture de la droite a été pleinement confirmée par le second tour : plongeant de 42,5% en 2004 à 35,6% aujourd’hui, la droite baisse de 7 points (après avoir baissé de 5 points au premier tour). Le PS ne tire pas du tout profit de cette chute. En effet, le PS et les divers gauche baissent nettement, de 45,8% en 2004 à 42,5% aujourd’hui. Le PS est notamment en perte de vitesse dans des départements ouvriers comme le Nord, le Val-de-Marne ou la Seine-Saint-Denis (au profit du PC).

    Même si les écologistes progressent de 1% à 2,7%, la gauche bourgeoise (PS, divers gauche, Europe écologie) régresse de 51,6% à 50,2%. L’abstention de masse et le tassement du vote pour cette « gauche »-là indique bien que la grande majorité des travailleurs n’ont plus aucune illusion pour ces partis, car ils sont convaincus qu’ils mèneront grosso modo la même politique que l’UMP.

    La FN progresse de plus de 10 points dans les cantons où il a pu se maintenir

    Outre l’abstention de nouveau record, le fait marquant de ce second tour est la nouvelle percée du FN qui progresse de façon spectaculaire entre les deux tours, même s’il ne décroche que deux élus. Dans le cadre des duels gauche-FN, les scores du FN passent de 24,9% à 35,5%, soit une progression de 10,6 points. Dans celui des duels droite-FN, les candidats FN passent de 25,6% à 36,1%, soit une progression de 10,5 points. Autrement dit, beaucoup d’électeurs de l’UMP, mais aussi beaucoup d’électeurs du PS ou du PC (dans le cadre des duels UMP/FN), ainsi que des abstentionnistes, ont rallié le FN lors du second tour. Globalement, le FN gagne 300 000 voix, soit un gain de près de 50%, dans les cantons où il était présent au second tour. Toutefois, la percée du FN (en pourcentage) doit être nuancée par la très forte abstention, même si d'après plusieurs études, beaucoup d'abstentionnistes inclinaient pour le FN.

    De façon très habile, la direction du FN a joué à fond la carte de « l’anti-système », attaquant très violemment l’UMP et lançant, au soir du second tour, un appel à créer un « pôle de rassemblement » autour du FN, en s’adressant aux Français de « droite » et de « gauche » pour en finir avec le système UMPS. La direction du FN est consciente du fait que sa progression (qui est particulièrement forte dans les terres de la crise industrielle de la Moselle ou du Pas de Calais) tient plus à son inflexion « sociale », « anti-mondialisation », « anti-libérale » et « anti-système » qu’au simple maintien de ses positions traditionnelles (sur l’immigration et la sécurité). Le FN se positionne de moins en moins comme un parti à la droite de la droite (catholique réactionnaire, libéral et traditionaliste), et de plus en plus comme un parti proto-fasciste, qui trouve un écho croissant dans le prolétariat, les classes moyennes frappées par la crise et qui profite de l’incapacité de la gauche anticapitaliste à apparaître comme une véritable alternative. À ce titre, l’appel de la direction du NPA à voter PS contre le FN (2) ne peut que faire le jeu du FN et conforter son image de seul opposant au système auprès de larges couches du prolétariat.

    Le Front de gauche progresse et reprend (pour la première fois depuis des décennies) des sièges au PS

    En baisse constante depuis des années, le PC allié au PG regagne des sièges, passant de 108 à 121 sièges. Ses gains (modestes) se font principalement au détriment du PS. Ainsi, le Front de gauche gagne au PS deux cantons en Seine-Saint-Denis (Aubervilliers et Montreuil), un canton dans le Val-de-Marne (Villeneuve-Saint-Georges), trois cantons en Haute-Vienne, deux cantons dans le Nord, et un canton en Haute-Garonne. Il gagne également des cantons à la droite dans l’Allier et le Cher.

    Autre enseignement : dans les duels PC-PS ou PC-Verts où l’on pouvait penser, si on raisonnait dans une logique « gauche/droite », que la gauche bourgeoise ramasserait plus de voix que le PC sur la « droite », on observe souvent le phénomène contraire. De nombreux abstentionnistes et des électeurs du FN se saisissent du bulletin « PC » pour s’opposer au PS. À Aubervilliers où le PC et le PS étaient au coude à coude, le PC l’emporte sur le sortant alors qu’il n’avait a priori aucune réserve de voix. Même scénario à Montreuil, où le PC bat l’écologiste qui le devançait au premier tour. À Saint-Denis, le PC bat largement l’écologiste qui pensait pouvoir compter sur les voix de la droite pour l’emporter. En Haute-Vienne, dans le canton d’Ambazac, la liste « Front de gauche / NPA », qui avait fait 22% au premier tour, l’emporte sur le candidat sortant du PS qui avait fait 29% !

    C’est la preuve non pas de la validité de la ligne du Front de gauche, mais du fait que les travailleurs n’ont pas peur de se tourner vers une gauche qui leur apparaît en rupture avec le PS (rupture superficielle puisque le maintien du Front de gauche dans quelques cantons ne s’est pas fait pour des raisons de fond, mais de cuisine électorale). Cela indique que ce n’est pas en affadissant notre discours que nous pourrons rallier les travailleurs, mais au contraire en polémiquant contre la gauche libérale et réformiste qui postule à incarner l’alternance capitaliste en 2012, alors que nous voulons construire une alternative anticapitaliste conséquente et donc révolutionnaire.

    Une leçon à tirer de ces élections : oser défendre une orientation communiste révolutionnaire pour organiser notre classe contre les partis du système OU laisser les fascistes capitaliser la colère les travailleurs et incarner la seule alternative au système

    L’appel de la direction du NPA à voter PS pour faire barrage au FN n’est que le dernier symptôme d’une orientation politique tendant vers le réformisme, confuse et démobilisatrice qui a conduit notre parti à la crise. S’en remettre à un parti bourgeois dont la politique pro-capitaliste a alimenté le vote FN est un contresens tragique. Au lieu de se réfugier dans une analyse « objective » selon laquelle le contexte de crise impliquerait mécaniquement que les gens se replient sur eux-mêmes, se tournent vers le FN et se détournent de nous, l’urgence est aujourd’hui de rompre avec une politique à la « gauche de la gauche » et de proposer une politique révolutionnaire, en rupture avec tous les défenseurs du capitalisme (du FN au PS, en passant par l’UMP, sans oublier les réformistes du PCF et du PG), en osant afficher l’objectif du gouvernement des travailleurs.


    1) http://tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=222

    2) http://www.npa2009.org/content/communiqu%C3%A9-du-npa-cantonales-2011-abstention-record-et-danger-du-front-national

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