[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Agenda militant

    Newsletter

    Ailleurs sur le Web [RSS]

    Lire plus...

    Twitter

    La trahison de Tsipras : une proposition de capitulation est faite à la Troïka

    Par Gaston Lefranc (10 juillet 2015)
    Tweeter Facebook

    Tsipras a transmis à la Troïka des propositions détaillées peu avant minuit hier :

    http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=13756

    Le gouvernement se plie complètement aux exigences des créanciers en vue d’obtenir 50 milliards sur 3 ans (dans le cadre d’un « troisième plan d’aide »), et reprend donc les propositions rejetées massivement par les grecs dimanche dernier. Il aggrave considérablement ses propositions du 22 juin dernier, puisque le plan d’austérité est évaluée à 13 milliards d’euros sur trois ans contre 8 milliards précédemment. Ces propositions ont été écrites en collaboration avec un groupe de technocrates français mandatés par le gouvernement français.

    - La proposition prévoit un excédent primaire (avant paiement des intérêts de la dette) de 1% en 2015, 2 % en 2016, 3 % en 2017 et 3,5 % en 2018

    - la TVA est massivement augmentée. Le taux normal de TVA à 23% concernera également la restauration comme l’exigeait la Troïka. La décote dans les îles sera progressivement supprimée, ce qui constituait une ligne rouge pour ANEL, le parti de droite souverainiste qui participe au gouvernement

    - sur les retraites, les dépenses seront réduites de 0,25 à 0,5% en 2015, 1% en 2016. Suppression des retraites anticipées, âge de départ à la retraite à 67 ans en 2022 (comme l’exige le FMI, alors que le gouvernement grec proposait jusqu’alors un passage en 2025), suppression du complément retraite pour les plus fragiles d’ici 2019, gel des retraites complémentaires jusqu’en 2021, hausse des cotisations santé des retraités

    - les mesures frappant les plus riches et les capitalistes sont allégées par rapport à la dernière proposition grecque : le taux de l’impôt sur les sociétés passerait de 26% à 28% (et non 29%) comme l’exigeaient là aussi les créanciers

    - les privatisations vont être amplifiées en 2016

    - Tsipras ne fait de la résistance que sur la réduction des dépenses militaires (100 millions en 2015 et 200 millions en 2016), moindre que ce que demandent les créanciers (400 millions).

    - Tsipras s’engage à nouveau à libéraliser les marchés des biens et services, à déréglementer certaines professions, à flexibiliser le marche du travail

    - Il s’engage aussi à faire baisser la masse salariale dans la fonction publique en pourcentage du PIB, à accroître les inégalités salariales (« décompresser la distribution des salaires »), à recruter des managers pour mettre en place un nouveau management, une rémunération au mérite.

    - Il s’engage à soumettre l’institut de statistiques à la tutelle des institutions européennes, alors même que ces institutions sont accusées d’avoir grossi le chiffre du déficit public pour justifier les plans d’austérité.

    Comment Tsipras compte-t-il justifier une telle trahison ? Il compte négocier deux « concessions ». La première est une pure escroquerie : il s’agit d’un plan d’investissement de 35 milliards déjà promis par Juncker, et qui n'est en réalité que le déblocage des fonds structurels et agricoles actuellement bloqués par la commission européenne. La seconde concerne la restructuration de la dette. Alors que Samaras avait obtenu un allègement de la dette, tout indique que Tsipras serait prêt à se contenter d’un vague engagement à restructurer la dette. Concession en outre purement fictive et symbolique, puisque tout le monde sait que cette dette devra être restructurée… pour que les grecs puissent continuer à la payer. Le FMI estime que la dette devra être allégée de 30%.

    Comme nous n’avons cessé de le répéter, le refus de Tsipras d’envisager toute rupture avec la Troïka et l’UE ne pouvait que déboucher sur la proposition d’un accord encore plus odieux qu’avant le référendum, car l’étranglement de l’économie grecque oblige Tsipras à tout céder.

    Le combat s’engage contre le projet d’accord avec la Troïka

    Sans surprise, le gouvernement français (associé à l’écriture des propositions de Tsipras) a accueilli très positivement les propositions grecques, et indique clairement que les Européens devront discuter d’une restructuration de la dette.

    En revanche, la pilule va être dure à faire passer accepter par Syriza. Le parlement grec doit en discuter ce vendredi après midi, et chaque député devra se prononcer dans le cadre d’une procédure d’urgence.

    Hier soir, le ministre de l'Énergie Panagiotis Lafanzanis, représentant de la plateforme de gauche, et le chef des Grecs Indépendants, Panos Kammenos, ont refusé de signer le projet de loi.

    Dès cette nuit, la petite tendance communiste de Syriza (qui n’a pas de député) a dénoncé la trahison de Tsipras et appelle chaque député de Syriza à rejeter le texte :

    https://www.facebook.com/ProtobouliaGiaEnanEpanastatikoSyriza/posts/916510648388339

    Stathis Kouvelakis a également appelé cette nuit tous les députés de Syriza à rejeter le projet d’accord. Mais l’incertitude plane autour de l’attitude exacte des députés de la plateforme de gauche. Lafazanis lui-même refuse pour le moment de dire ce qu’il va voter. Si un nombre suffisant de députés de la gauche de Syriza s’opposent à l’accord, Tsipras pourra alors constituer une nouvelle majorité avec la droite pro-mémorandum, et la déclaration d’union nationale signée lundi (par Syriza, Anel, Potami, Pasok, Nouvelle Démocratie) pourra prendre alors tout son sens.

    Six membres de la direction d’ADEDY (confédération syndicale des travailleurs du public) ont demandé une réunion immédiate du comité exécutif du syndicat, et appellent d’ores et déjà à la mobilisation vendredi, samedi, et dimanche. D’ores et déjà, un rassemblement est prévu aujourd’hui à Athènes à 19h30. Nous sommes pleinement solidaires des grecs qui se mobiliseront pour que leur vote de dimanche soit respecté.

    Cet après-midi, devant les députés, Tsipras a mis tout son poids pour faire plier la gauche de Syriza : « Soit nous continuons tous ensemble, soit nous tombons tous ensemble » a-t-il dit, comme s’il n’y avait pas d’alternative à un accord avec la Troïka. De façon astucieuse, il veut pour l’instant éviter un vote sur sa proposition, et il demande aux députés une sorte de procuration pour aller défendre ce texte à l’Eurogroupe et au sommet de dimanche.

    Mais la résistance se manifeste ouvertement à Syriza. Cinq membres de Syriza dont trois députés ont publié un communiqué disant notamment : « A cette heure, le gouvernement peut et doit répondre au chantage des institutions en leur proposant le choix suivan : soit un programme sans nouvelle cure d'austérité, avec un financement et une réduction de la dette, soit une sortie de la zone euro et la suspension des paiements de la dette injuste et non viable »

    L’enjeu est très important. Il faut que des mobilisations se développent en Grèce et en Europe pour empêcher la conclusion d’un accord odieux ce week-end qui bafouerait le vote des Grecs de dimanche dernier.

    Rupture immédiate des négociations avec la Troïka ! Non à tout accord avec la Troïka !

    Réquisition immédiate de la Banque centrale grecque ! Émission d’une nouvelle monnaie inconvertible ! Contrôle des échanges extérieurs par les travailleurs/ses !

    Rupture anticapitaliste avec l’UE !

    Nationalisation sous contrôle des travailleur/se-s des banques et des entreprises stratégiques !

    Annulation de la dette publique !

    Gaston Lefranc, vendredi 10 juillet 15h

    Télécharger au format pdf

    Ces articles pourraient vous intéresser :

    International

    Référendum à Berlin : une majorité pour la socialisation des grands groupes immobiliers !

    Ce dimanche 26 septembre à Berlin, capitale de l’Allemagne, une large majorité (56%) a voté en faveur de la socialisation des grands groupes immobiliers, lors d'un référendum d’initiative populaire. Ce référendum faisait suite à une campagne démocratique et auto-organisée qui dure déjà depuis plusieurs années (« Deutsche Wohnen und Co enteignen »). Il concerne les groupes immobiliers propriétaires de plus de 3000 logements chacun, c’est-à-dire un total estimé à environ 240 000 logements. Lire la suite...

    Télécharger en pdf Tweeter Facebook

    Colombie

    Colombie : La Révolte de la Dignité

    La Colombie, pays de 50,34 millions d’habitant-e-s et 1,143 millions de km2, est gouvernée par Alvaro URIBE et son ventriloque, Ivan DUQUE, actuel président. La Colombie est aussi gérée de façon officieuse par Luis-Horacio ESCOBAR, cousin de URIBE et personnalité de l’ombre du monde de la drogue. Récemment, Riano BOTIA, ex-agent du CTI, services secrets colombiens, actuellement exilé au Canada, a déclaré devant la Cour Pénale Internationale que URIBE et son cousin ESCOBAR sont à l’origine de l’exportation de 10 tonnes de cocaïne vers les États-Unis et le Mexique et responsables d’au moins une centaine d'assassinats. Lire la suite...

    Télécharger en pdf Tweeter Facebook

    International

    La coalition « Non à la nouvelle loi sur la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW) » contre le gouvernement régional

    En Allemagne, on observe au moins depuis le G20 de Hambourg (juillet 2017) un renforcement rapide des dispositifs sécuritaires et de la répression contre les militant-e-s, les classes populaires et les non-blanc-he-s. Cela passe, entre autres, par une série de lois régionales sur la police qui suscitent des protestations massives. On est encore loin du niveau atteint en France, mais ce tournant sécuritaire n'en reste pas moins très significatif. À travers l'Europe, les dominant-e-s fourbissent leurs armes pour écraser toute révolte contre leurs projets, contre leurs profits. Lire la suite...

    Télécharger en pdf Tweeter Facebook

    Union européenne

    L’extrême-droite européenne renonce à la rupture avec l’UE et l’euro pour gouverner

    Partout en Europe, l'extrême-droite fait son beurre du rejet massif de l'Union européenne dans les catégories populaires et de l'incapacité de la gauche antilibérale ou anticapitaliste à porter ce rejet. L'extrême gauche refuse d'entendre ce rejet, ou pire, l'associe systématiquement au nationalisme et à la xénophobie. L'extrême droite peut se frotter les mains : aux yeux du prolétariat, elle incarne la seule opposition à l'Union européenne.

    Lire la suite...

    Télécharger en pdf Tweeter Facebook