[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Agenda militant

    Actualités et analyses [RSS]

    Lire plus...

    Newsletter

    Twitter

    Élection présidentielle au Brésil: la droite crée la surprise

    Brésil international

    Brève publiée le 6 octobre 2014

    Tweeter Facebook

    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Figaro) Donné perdant il y a encore une semaine, Aécio Neves dépasse sans difficulté l'écologiste Marina Silva, et s'apprête à disputer le second tour contre la présidente sortante Dilma Rousseff.

    «Marina Silva devrait utiliser le dauphin comme symbole de son parti: comme lui, elle s'élève, fait une pirouette dans les airs et plonge tout au fond»: la plaisanterie a fait fureur sur les réseaux sociaux, principale source d'information au Brésil, dès la publication des premiers sondages de sortie d'urne. Car si les instituts de sondages annonçaient qu'elle était en chute dans les intentions de vote, personne n'imaginait que celle qui était perçue comme principale adversaire de Dilma Rousseffconnaisse un tel effondrement. Dimanche, Marina Silva n'a rassemblé que 21,3% des suffrages, loin derrière le candidat de la droite traditionnelle Aécio Neves, qui a surpris tous les pronostics en attirant 33,5% des électeurs.

    Bien que Dilma Rousseff arrive en tête du premier tour, avec 41,6% des votes, l'heure est à la préoccupation au sein du Parti des Travailleurs (PT), sa formation politique. Inférieure aux prévisions, sa performance est la plus mauvaise de son camp en douze ans. Les huit points d'écart avec un adversaire qui a littéralement ressuscité ne la mettent pas à l'abri d'une défaite. D'autant que dans les quatre longues prochaines semaines qui précèdent le second tour, les deux candidats disposeront d'un temps égal de propagande électorale à la radio et à la télévision. Au premier tour, Dilma Rousseff, dont la coalition est plus ample - chaque parti obtient un temps de campagne selon son poids électoral - était présente plus de 11 minutes sur les ondes à l'heure du déjeuner et en début de soirée, contre 4 minutes pour Aécio Neves et 2 minutes pour Marina Silva. En outre, les principaux médias font ouvertement campagne contre la présidente sortante.

    «La bataille dans l'entre-deux tours sera idéologique»

    Même si Marina Silva ne s'est pas encore exprimée sur sa prise de position dans l'entre-deux tours, sa déclaration selon laquelle «le Brésil a clairement signalé qu'il voulait un changement» a été interprétée par beaucoup comme le signe qu'elle apportera son soutien à Aécio Neves d'ici le 26 octobre. «Il ne serait pas étonnant qu'il apparaisse devant Dilma Rousseff dans les sondages des prochains jours», estime Renato Rovai, rédacteur en chef de la revue politique «Forum».

    Pour l'emporter, la candidate du PT va devoir consolider son avance dans le Nordeste et en Amazonie, tout comme dans les Etats de Rio de Janeiro et du Minas Gerais. Mais il faudra aussi qu'elle limite les dégâts dans l'Etat de Sao Paulo, le plus important du pays avec 32 millions de personnes, dans lequel Aécio Neves s'est imposé avec plus de 44% des suffrages.

    Dilma Rousseff devra également resserrer les alliances dans l'ouest agricole et dans le sud du pays, pour éviter, là encore, une trop grande hémorragie. Ce ne sera pas simple, dans l'Etat du Rio Grande do Sul, par exemple, deux partis de sa coalition s'affronteront pour emporter au second tour le poste de gouverneur, ce qui pourrait nuire à sa campagne.

    «Faire des calculs d'alliances entre partis ne sera pas suffisant, la bataille dans l'entre-deux tours sera idéologique», poursuit Renato Rovai. Bien que mis en difficulté en 2006, c'est en mettant en avant ses différences politiques que Luiz Inacio Lula da Silva l'a largement remporté au second tour. Il semble qu'une fois de plus, Dilma Rousseff ne pourra pas se passer de son mentor en politique.