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La farce de la taxe à 75% sur les hauts revenus va prendre fin
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Mediapart) Extraits
« My government is pro-business », a proclamé lundi avec cynisme Manuel Valls devant la City de Londres, le temple de la finance que François Hollande prétendait vouloir combattre. Et de la parole aux actes, le premier ministre a confirmé la prochaine disparition de la taxe à 75 %, un impôt croupion créé pour abuser les électeurs de gauche.
Multipliant les cadeaux aux grands patrons et désespérant chaque jour un peu plus leur électorat, François Hollande et Manuel Valls ont choisi de conduire une politique économique si clairement néolibérale qu’on avait presque fini par oublier qu’il existait encore une taxe à 75 % sur les hauts revenus, ultime scorie d’une campagne présidentielle au cours de laquelle le candidat socialiste avait promis de suivre un cap exactement contraire. Et pourtant cette taxe à 75 % existe toujours. Mais plus pour très longtemps : validée par le Conseil constitutionnel le 29 décembre 2013, elle disparaîtra presque un an plus tard, à la fin de 2014.
C’est Manuel Valls, lundi, qui en a apporté la confirmation, à l’occasion d’un voyage à Londres. Et comme souvent, c’est avec un mépris affiché pour l’électorat de gauche, avec un art consommé de la provocation, qu’il a annoncé la bonne nouvelle aux milieux d’affaires. En usant d’une formule soigneusement préparée à l’avance, sans doute grâce à ses amis de l’agence Havas, il l’a fait presque avec délectation, en sachant que cela indignerait une fois encore les électeurs de gauche et que cela plairait, une fois de plus, aux milieux ultraconservateurs de la City : « My government is pro-business. »
(...)
Mais Manuel Valls ne s’en est donc pas tenu à cette seule provocation. Comme par défi, il a aussi fait une autre annonce qui complète la première : il a confirmé que la célèbre taxe à 75 % pesant soi-disant sur les hauts revenus serait supprimée à la fin de l’année.
(...)
La provocation n’a certes pas grande importance car en vérité cette mini-taxe s’est avérée être une farce, organisée pour duper les électeurs de gauche. Et sa disparition ne changera quasiment en rien le caractère très inégalitaire du système fiscal français.
(...)
Puis, nouvelle reculade, quand le Conseil constitutionnel a censuré à la fin de 2012 cette réforme qui avait été (délibérément ?) très mal mise en œuvre par Jérôme Cahuzac, François Hollande a choisi une nouvelle fois de rabattre la voilure, en faisant en sorte que la nouvelle taxe soit payée non plus par les cadres dirigeants des entreprises, mais les entreprises elles-mêmes. Ce qui évidemment changeait tout, car cela ne corrigeait plus les injustices de l’impôt sur le revenu.
Mais quand on a découvert, à l'automne 2013, les modalités précises de cette nouvelle taxation dans les documents annexés du projet de loi de finances pour 2014, l’effet de sidération a été encore plus grand. Car le système a ainsi été conçu qu’il avantage les très grandes entreprises, qui bénéficient d’une sorte de bouclier fiscal. Et surtout, la nouvelle taxe à laquelle étaient soumises les entreprises concernées était déductible… de l’impôt sur les sociétés.




