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35 h, flexibilité, salaires: des propositions chocs se préparent

économie

Brève publiée le 23 novembre 2014

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Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

(Les Echos) Un rapport plaiderait pour un assouplissement des 35 heures. Paris et Berlin préparent des annonces pour relancer l’investissement.

Un à un, les tabous sont en train de tomber à gauche. Le rapport commandé par les gouvernements français et allemand aux économistes Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein pour stimuler la croissance des deux côtés du Rhin contiendrait des mesures chocs. Selon « Der Spiegel », les deux experts, qui doivent présenter leur rapport jeudi, plaideraient en faveur d’un gel des salaires en France pendant trois ans, d’une flexibilité accrue du marché du travail et d’un assouplissement des 35 heures. Rien de moins !

Au gouvernement, on tempère ces propositions en indiquant qu’il s’agit d’une version provisoire du rapport et que rien n’est décidé à ce stade. Il serait en effet surprenant que la version définitive contienne des éléments très précis sur les 35 heures. Certes, ce sujet est un cheval de bataille d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’Economie, qui a demandé aux économistes de rédiger ce rapport avec son alter ego allemand, Sigmar Gabriel, et qui présentera des initiatives conjointes avec ce dernier le 2 décembre, ne déclarait-il pas la semaine dernière à l’Assemblée nationale que les 35 heures ont été « un progrès qu’il faut faire respirer aujourd’hui vers plus de flexibilité » ? Mais il s’agit là du sujet polémique par excellence. Difficile pour Jean Pisani-Ferry, qui affirme que les éléments publiés par le « Spiegel » ne reflètent pas le contenu du rapport, d’inclure une telle proposition. Rien ne dit que le gouvernement la retiendra.

Equilibre budgétaire

S’il contiendra un message sur l’exigence d’une flexibilité accrue du marché du travail français, le rapport se focalisera plutôt sur la nécessaire relance de l’investissement, tant en France qu’en Allemagne. D’ailleurs, la presse allemande affirme que le rapport conseillerait au gouvernement d’Angela Merkel de doubler son initiative en matière d’investissements, à 20 milliards d’euros, d’ici à 2018. Avec un problème : cela détériorerait les finances publiques. Or, la CDU, le parti de la chancelière, est très attachée à l’équilibre budgétaire. Là encore, la version définitive du rapport pourrait ne pas inclure de chiffres précis, mais indiquer la volonté de l’Allemagne de se rapprocher de la moyenne de l’OCDE en matière d’investissements rapportés au PIB.

Enfin, s’agissant de la modération salariale en France, elle est soutenue de facto par le gouvernement. En mettant en œuvre le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) et le pacte de responsabilité, qui entraîneront une baisse des charges sociales pour les entreprises d’environ 41 milliards d’euros, le but du gouvernement est d’améliorer la compétitivité. Si les baisses de charges passent en hausses de salaires, alors l’objectif ne sera pas atteint. « La modération salariale est nécessaire dans le secteur des services », affirmait d’ailleurs l’été dernier un rapport de France Stratégie, organisme présidé par Jean Pisani-Ferry. Mais il paraît difficile de geler les salaires. Le rapport final plaidera pour une simple modération.